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Mercredi 30 juillet - RU/Politique intérieure, OMC/Doha

Nous pouvons toujours gagner, contre toute attente, en nous fondant sur le changement. David Miliband, The Guardian.

Le Parti Travailliste est actuellement fataliste. Pourtant, tout n’est pas perdu. Avant tout, il faut débattre non des personnes, mais de ce que nous avons réalisé, de ce que nous souhaitons poursuivre, et des moyens que nous utiliserons pour atteindre nos buts. Certes, avec le recul, on peut affirmer que nous aurions dû accélérer la réforme de la Sécurité Sociale, planifier la paix plutôt que la victoire en Irak, poursuivre la décentralisation, ou encore promouvoir plus activement une économie efficace d’un point de vue énergétique. Mais nous avons accompli beaucoup : dix années de prospérité, la protection des droits des femmes et des minorités, la taxe sur les profits inattendus des services publics privatisés, des environnements de travail favorables aux familles. Les Conservateurs se sont opposés à toutes ces avancées. David Cameron n’est pas un radical mais un conservateur : il est creux et opposé à tout changement. Au contraire, le Parti Travailliste a un but : que le maximum de britanniques ait accès à la prospérité. De nouveaux défis apparaissent également : l’économie, le service public, et plus généralement la nécessité de développer chez les électeurs un certain sens d’appartenance et de responsabilité en échange d’une plus grande protection contre les risques et d’un plus grand contrôle des questions locales. Seuls les Travaillistes peuvent atteindre ces objectifs. Le New Labour défend le changement depuis trois mandats et doit continuer ainsi en reprenant confiance.

Les tabloïds réagissent aux rumeurs de complots contre Gordon Brown au sein du Labour. Editoriaux, Daily Express, Daily Mail, Sun.

Alors que le DAILY EXPRESS se demande si Brown ne va pas être amené à regretter d’avoir laissé les rênes du pouvoir à l’ambitieuse Harriet Harman pendant l’été, le SUN et le DAILY MAIL déplorent la tournure que prend la situation. Pour le SUN, les complots prennent de la consistance et c’est exactement ce dont Gordon Brown n’a pas besoin en ce moment. L’ensemble du Cabinet devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour rassembler derrière son leader en difficulté ; ou alors si certains pensent pouvoir faire mieux que lui, qu’ils aient le courage de le dire haut et fort. Le DAILY MAIL supplie les conspirateurs d’honorer la pause estivale. Est-ce vraiment le moment de tenter un coup ? Ce qui est certain c’est que remplacer Gordon Brown par quelqu’un qui a moins d’expérience ne fera pas a priori de différence en ce qui concerne la crise du crédit ou le prix de l’essence et de la nourriture. Il y aura bien assez de temps pour comploter cet automne.

Les leçons de Doha, Editorial, Daily Telegraph

Ce qu’il faut retenir de Doha n’est pas l’échec des négociations mais le fait qu’elles aient presque abouti à un accord. Dans un contexte de difficultés économiques importantes et de tensions inflationnistes sur la nourriture et l’énergie, Doha se heurtaient à des poussées protectionnistes qui ont bien failli être surmontées. L’échec des négociations reste cependant un désastre économique et pourraient déstabiliser les relations internationales. Un accord aurait généré une augmentation de 700 milliards de dollars de l’activité économique mondiale. De plus quand les nations ne réussissent pas à coopérer efficacement sur le plan commercial, les tensions sont plus fréquentes. L’échec de Doha constitue la fin des accords commerciaux multilatéraux. L’OMC se rapproche du fonctionnement de l’ONU. L’organisme compte désormais 153 membres et l’aspect bureaucratique commence à handicaper les prises de décision. Le futur semble reposer sur la libéralisation unilatérale des échanges et les accords bilatéraux. Les pays qui percevront le libre-échange comme bénéfique pour leurs économies abaisseront les différentes formes de protectionnisme de leur propre chef, sans accord à l’OMC.