A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (3 septembre).
- Economie britannique : Le gouvernement renonce à la prudence au moment où il en aurait le plus besoin, éditorial, DAILY TELEGRAPH
Les mesures annoncées par Gordon Brown sont un mauvais instrument pour relancer un gouvernement en train de sombrer. Face aux menaces de récession, confirmées par l’OCDE, il aurait fallu qu’il montre de l’audace et de la conviction pour regagner la confiance des électeurs. Au lieu d’un « big bang », il nous présente un pétard mouillé. L’exemption, pendant un an, des droits fiscaux sur l’achat des biens immeubles de moins de 175.000 livres sterling aidera un certain nombre d’acheteurs potentiels, mais ne relancera pas un marché moribond. Elle coûtera en revanche 600 millions de livres au Trésor qui semble incapable de dire d’où viendront les fonds. Où est la prudence dont M. Brown se vantait tant ? La dette publique atteint près de 25 milliards pour le premier trimestre de cette année, un record depuis 1946. Un redressement de l’économie ne peut pas être espéré tant que le gouvernement n’a pas le courage de réduire ses dépenses et de vivre selon ses moyens.
- Géorgie : Les négociations de la communauté internationale semblent un exercice futile, Quentin Peel, FINANCIAL TIMES
Qui berne qui exactement en Géorgie ? La confusion risque de se poursuivre car il n’est pas pensable que les Russes acceptent de retirer leurs troupes d’Ossétie du sud. Ils ont reconnu l’indépendance de ce territoire et promis de renforcer sa sécurité militaire. Ce sera la même chose en Abkhazie. Les dirigeants européens ont décidé de reporter les négociations sur un nouveau partenariat avec le Kremlin tant que la Russie ne sera pas revenue à sa position du 7 août. Et M. Sarkozy, qui se rend le 8 septembre à Moscou, insistera sur ce point. Mais le mieux que puisse espérer le président français c’est un retrait des « zones tampons », probablement les seules qui seront accessibles aux 200 observateurs européens. Or, il semble qu’il y ait eu des opérations de nettoyage ethnique dans ces régions et dans les territoires sécessionnistes. La Russie a changé la réalité sur le terrain et a devancé tous les arrangements prévus par l’accord de cessez-le-feu en prenant ses propres arrangements. Dans ces conditions, toutes négociations de la communauté internationale semblent un exercice futile.
- Energie : L’Europe n’a pas bon jeu dans cette partie de poker, Carl Mortished, TIMES
Là où il y a du pétrole et des problèmes, Dick Cheyney n’est pas loin : le vice-président américain commence aujourd’hui une tournée du Caucase. Il a été un fervent partisan du développement des ressources pétrolières de la région de la Mer Caspienne et de la construction du pipeline géant reliant Bakou à la Turquie. Ce chef d’œuvre de l’ingénierie représentait surtout un triomphe politique vis-à-vis de Moscou. Mais cette voie de transport ne semble plus aujourd’hui aussi sûre, elle risque de l’être de moins en moins et d’être soumise au bon vouloir des Russes. Les pays occidentaux ont fait une erreur stratégique colossale et limité leurs options. A Bruxelles, le président Sarkozy a vivement engagé la communauté internationale à ne pas revenir aux zones d’influence mais, en matière d’énergie, c’est déjà fait. L’Europe est dans l’impasse et, à cause de la politique de Washington, nous n’avons aucune alternative pour notre approvisionnement. Nous avons exclu l’Iran et, toujours à cause des Américains, l’Irak reste un partenaire improbable. Certains se rassurent à Bruxelles sous le prétexte que la Russie a besoin des marchés européens. C’est vrai en partie, mais puisqu’elle n’a pas le choix l’Europe ne peut guère fixer ses conditions. Elle a joué cartes sur table, mais son jeu n’est pas bon.
Times (Diffusion : 657 301), Groupe Murdoch, centre droit, mais a soutenu Tony Blair Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen Daily Telegraph (Diffusion : 901 428), conservateur, eurosceptique
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin@diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028