A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE
26 avril 2006 - Iran : « Une menace que ne posait pas l’Irak », Jonathan Freedland, GUARDIAN
Si l’on en croit les experts, l’Iran aura la technologie nécessaire pour fabriquer l’arme nucléaire « avant la fin de l’année » et pourrait acquérir la bombe d’ici 2009. De plus, le Président iranien multiplie les déclarations assassines contre Israël, tout en affirmant qu’il agit sous l’influence du messie. Le tableau ne pourrait être plus inquiétant, et pas seulement pour Israël. Un Iran nucléaire provoquerait immédiatement une course à l’armement dans tout le Proche Orient et porterait gravement atteinte à l’objectif d’un désarmement international. Les dirigeants du G8, qui se rencontrent en juillet à Saint-Petersbourg, n’ont pas de temps à perdre, mais ils ont des atouts : Téhéran ne souhaite pas devenir un Etat paria. Il est donc possible d’exploiter la situation, à condition toutefois que la communauté internationale présente un front uni. Il ne saurait y avoir de division au Conseil de Sécurité comme pour l’Irak. La Russie, la Chine et la France devront être de la partie et les diplomates devront offrir aux Iraniens « une échelle pour la descente ». Ce pourrait être leur donner le feu vert pour une énergie nucléaire civile et leur fournir des garanties de sécurité, en excluant notamment la menace d’un changement de régime sous l’impulsion de Washington.
- Egypte/ Attentats : « Une tentative pour déstabiliser la région », éditorial, INDEPENDENT
L’attentat de Dahab visait non seulement à faire des victimes, mais à toucher l’économie égyptienne et porter atteinte au moral du pays. Cette nouvelle vague de violence montre la vulnérabilité du régime de M. Moubarak et illustre la volatilité de toute la région. Les sentiments anti-occidentaux ont été exacerbés par l’Irak, les aspirations iraniennes, l’insécurité en Afghanistan et surtout la victoire du Hamas en Palestine. La condamnation de l’attentat par les dirigeants arabes (Jordanie, Etats du golfe, Syrie et même le gouvernement palestinien) pourrait apparaître comme un développement constructif, mais elle reflète aussi la crainte d’une déstabilisation de leurs régimes par les militants islamistes. Cette crainte est perceptible dans toute la région, elle ne peut être qu’intensifiée par l’attentat de Dahab.
- Royaume-Uni : « Ce pourrait être une gaffe de trop pour le Labour », Peter Riddell, TIMES
La chance dont a bénéficié jusqu’à présent le gouvernement Blair pourrait bien toucher à sa fin, non pas à cause de ses politiques mais pour paraître incompétent. L’affaire des prisonniers étrangers (près de 1.000 d’entre eux) ayant échappé aux mesures d’expulsion en fin de peine porte un sérieux revers à Charles Clarke, même s’il n’est pas directement responsable. Le Ministre de l’Intérieur se trouve dans la même situation que son homologue à l’Education, Ruth Kelly, confrontée cette année à la présence de pédophiles parmi le personnel enseignant. Tout comme pour la crise du NHS, ce n’est pas tant la politique suivie par le gouvernement qui est en cause, mais la manière dont il s’y prend. La compétence compte énormément. Un gouvernement qui ne semble pas maîtriser les prisonniers, les demandeurs d’asile et les événements en général est en mauvaise posture.
- Royaume-Uni : « Une taxe sur l’environnement pourrait nous épargner les grands discours », éditorial, FINANCIAL TIMES
David Cameron cherche à attirer l’attention avec ses combines publicitaires visant à démontrer qu’il est un réel défenseur de l’environnement. Gordon Brown n’est pas en reste lorsqu’il parle de « devoir moral » dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le dirigeant libéral-démocrate annonce quant à lui qu’il se sépare de sa Jaguar. Tout le monde fait des grands discours, alors qu’il serait beaucoup plus simple et plus efficace que le gouvernement impose un impôt sur les produits et les activités polluantes, tout en réduisant les autres impôts. Chacun pourrait alors choisir sa façon d’aider la planète. Les conservateurs semblent être en faveur d’un impôt sur les émissions de gaz carbonique. Une telle mesure serait sûrement plus efficace pour lutter contre le réchauffement que le choix d’un modèle particulier de voiture (annoncé par M. Cameron).