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Mercredi 25 janvier 2012 - Zone euro, France/Génocide arménien

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (25 JANVIER 2012)

SYNTHESE

- La situation économique du Royaume-Uni occupe une large place, alors que la dette nationale dépasse désormais les mille milliards de livres sterling et que les perspectives de croissance ne sont pas encourageantes (selon le FMI, elle ne dépassera pas 0,6% en 2012). Les déclarations rassurantes du gouverneur de la banque d’Angleterre, Mervyn King, (« il n’y pas lieu de désespérer. Toutes le crises ont une fin ») rencontrent cependant un large écho dans la presse.

- Les journaux évoquent le discours de David Cameron à Strasbourg qui, dans le cadre de la présidence britannique du Conseil de l’Europe, va aujourd’hui appeler la CEDH à se réformer – et à se concentrer sur les graves violations des Droits de l’Homme (donc pas sur ce qui se passe au Royaume-Uni). Sa position est soutenue par la presse eurosceptique qui s’en prend violemment aux juges, y compris au président britannique Nicolas Bratza qui, dans une tribune publiée hier par l’INDEPENDENT reprochait au Premier ministre de se laisser intimider par les tabloïds. Ces derniers, SUN, DAILY EXPRESS et DAILY MAIL, envisagent volontiers la sortie du Royaume-Uni de la CEDH.

- Concernant la crise de la zone euro, la presse reprend les déclarations de Christine Lagarde sur la situation économique et relève les difficultés des négociations sur la dette grecque. Le FINANCIAL TIMES titre sur le dilemme de la BCE : comment doit-elle traiter les titres grecs qu’elle détient ? Dans un éditorial, le journal plaide en faveur de mesures pour la croissance, soulignant que la stagnation économique est le principal danger pour la zone euro.

- En politique internationale, l’Iran domine, les journaux titrant sur l’annonce britannique n’excluant pas l’envoi de navires supplémentaires dans le Golfe persique. Dans un éditorial, le FINANCIAL TIMES soutient la position européenne, mais estime que les pays occidentaux doivent rester ouverts à la possibilité d’une reprise des négociations. « Toutefois, tant que l’Iran n’en manifeste pas le désir, il faut maintenir la pression ». La situation en Syrie est bien couverte : le GUARDIAN évoque les démarches de la France, du Royaume-Uni et des Etats-Unis à New York en vue d’amener la Russie à accepter une résolution du Conseil de sécurité. Le FINANCIAL TIMES insiste pour sa part sur les liens de Moscou et de la Syrie. Seul le FINANCIAL TIMES fait état de la démission de Michel Kazatchkine du Fonds mondial de lutte conte le SIDA en mettant l’accent sur ce qu’il perçoit comme une mauvaise gestion du fonds.

- Sur la France, le FINANCIAL TIMES, l’INDEPENDENT et le TIMES (de manière plus brève) reprennent les principaux éléments de l’article du journal « Le Monde » sur l’avenir de Nicolas Sarkozy en cas de défaite. Seul le DAILY TELEGRAPH consacre un éditorial au vote du Sénat sur le génocide arménien : le journal se montre compréhensif à l’égard de la position des Turcs mais estime que ces derniers devraient se montrer plus souples sur la question de la liberté d’expression (ils ne sont pas irréprochables en la matière).

Zone euro

FT Editorial : Douleurs de croissance. La stagnation est une menace pour la zone euro

Les craintes que Christine Lagarde ne devienne le laquais de la zone euro n’étaient pas fondées. Depuis son arrivée à la tête du FMI, la nouvelle directrice n’a pas eu peur de dire ses vérités à une union monétaire désorganisée. Dans un discours lundi à Berlin, elle a présenté les mesures qui, selon elle, sont nécessaires pour éviter une crise comme celle des années 30. L’Allemagne a immédiatement indiqué qu’elle pourrait envisager un fonds de sauvetage européen plus important. Angela Merkel n’est cependant pas disposée à faire des concessions sans imposer ses conditions. Pour convaincre ses députés, elle voudrait renforcer le nouveau pacte budgétaire prévu pour la zone euro. C’est la mauvaise approche. La chancelière allemande devrait – et ce ne serait pas trop tôt – défendre devant son parti et ses électeurs l’argument selon lequel les menaces à la viabilité de la dette viennent désormais autant de la stagnation économique que de l’incontinence budgétaire. En s’obsédant sur le déficit, l’Europe ne fait plus la différence entre les Etats qui doivent opérer des réductions et ceux qui ont une marge de manœuvre budgétaire. Il est impératif de prendre aussi des mesures à court terme pour la croissance. Même certains pays touchés par la crise doivent prendre garde à ne pas faire des coupes trop rapides. C’est notamment le cas de l’Espagne dont la dette est relativement basse comparée aux autres pays de la zone euro. Jusqu’à présent, Mme Merkel s’est contentée de mesures limitées, notamment des réformes structurelles qui étaient indéniablement nécessaires. Mais celles-ci mettront du temps à porter leurs fruits. La croissance est nécessaire avant. La politique budgétaire souple adoptée par les Etats-Unis a permis à l’économie de mieux se maintenir à flot et permis un allégement plus rapide de la dette privée. La zone euro devrait s’en inspirer.

France/Génocide arménien

DT Editorial : Questions arméniennes Le vote du Sénat français sur le génocide arménien a suscité une violente réaction de la part de la Turquie, portant atteinte aux liens diplomatiques, économiques et militaires des deux pays, ce qui n’est pas moindre compte tenu de leur place dans l’OTAN. Les Français prétendent qu’ils défendent l’esprit du souvenir de l’Holocauste, mais les cyniques soupçonnent le président Sarkozy de viser les voix des 500.000 Arméniens qui vivent en France. Le DT a de la sympathie pour la vision des Turcs. La décision française porte atteinte à la liberté d’expression. La Turquie, de son côté, n’est toutefois pas irréprochable dans ce domaine : elle a poursuivi le prix Nobel Orhan Pamuk pour avoir parlé des massacres. Elle peut difficilement reprocher aux Français de supprimer la liberté d’expression si elle cherche à en faire autant. Le DT a toujours soutenu la Turquie : nous avons appuyé le combat des Ottomans contre l’expansionnisme russe, rompu avec Gladstone en 1877 pour sa politique sur les Balkans et nous sommes partisans de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. C’est donc en amis que nous suggérons aux Turcs de se montrer moins susceptibles sur la manière dont ces atrocités sont décrites et davantage disposés à reconnaître l’énormité de ce qui s’est produit.

Daily Telegraph (Diffusion : 603.901), conservateur, eurosceptique Times (Diffusion : 417.197), Groupe Murdoch, centre droit Financial Times (Diffusion : 345.077), libéral, pro-UE, mais critique sur les questions économiques et financières Independent (Diffusion : 133.449), centre gauche, libéral, écologiste, pro-UE Guardian (Diffusion : 230.541), centre-gauche, libéral, pro-UE Sun (Diffusion : 2.715.473), conservateur, eurosceptique Daily Mail (Diffusion : 1.998.363)1, conservateur, eurosceptique Daily Mirror (Diffusion : 1.118.120), travailliste Daily Express (Diffusion : 614.534), hostile au Labour et à l’Europe The Economist (Diffusion : 200.000), libéral Sunday Times (Diffusion : 967.990) Sunday Telegraph (Diffusion : 471.894) The Observer (Diffusion : 268.355) Independent on Sunday (Diffusion:130.942)

Lydie Naudin, attachée de presse (Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr) Tel : 00 44 (0) 207 073 1028