Le mérite de l’arrestation de Radovan Karadzic revient sans conteste aux Serbes mais c’est l’espoir d’une adhésion à l’Union Européenne, avec comme première condition que la Serbie livre ses criminels de guerre à la justice, qui l’a provoquée. Karadzic a vécu, déguisé, à Belgrade pendant toutes ces années. Il a été arrêté quelques jours seulement après la formation d’un gouvernement de coalition pro-occidental qui a promis de poursuivre la voie vers l’adhésion à l’UE. Tout suggère que ce qui a mené à sa capture est le fruit d’une détermination politique. L’arrestation de Karadzic montre l’étendue du « soft power » de l’Union Européenne. Pour la Serbie, l’arrestation de Karadzic marque une rupture définitive avec le nationalisme passé. La capture du général Ratko Mladic lui permettrait d’être reconnue comme candidate officielle à l’adhésion. Cela annoncerait une incroyable stabilisation de la région des Balkans, et serait un triomphe d’une réelle importance pour l’Union Européenne.
L’arrestation de Radovan Karadzic est un triomphe pour l’autorité de la loi, la recherche de la justice et le développement d’une véritable paix dans les Etats déchirés par la guerre de l’ex-Yougoslavie. Il a fallu beaucoup trop de temps pour l’arrêter mais Karadzic en prison, il sera plus facile de traiter le passé et penser au futur. Cette arrestation est un gros succès pour Boris Tadic et son gouvernement. L’Union Européenne doit maintenant déclencher l’accord de pré-accession de la Serbie et penser à lui accorder un statut de candidat. Cela aiderait la Serbie à accepter la perte du Kosovo. Le principal défi désormais, est l’arrestation du général Ratko Mladic sans quoi la Serbie ne peut espérer se rapprocher de l’adhésion. Les leaders européens doivent se servir de la capture de Karadzic et de l’amélioration de l’atmosphère politique pour accélérer l’intégration de l’ex-Yougoslavie.
L’arrestation du chef de guerre serbo-bosniaque est une belle victoire pour le gouvernement Serbe et permet d’améliorer les relations avec l’UE. Après la chute le Milosevic en 2000, la réhabilitation internationale du pays a été un objectif primordial des leaders politiques serbes. La signature en avril d’un accord de stabilisation et d’association avec l’UE a déjà renforcé la coopération politique et économique avec la Serbie. L’arrestation de Karadzic constitue une chance historique pour tenter de rendre justice, notamment après la mort de Milosevic en détention avant la fin de son procès. Le mandat du TPIY prend cependant fin cette année. Le gouvernement britannique et l’UE doivent porter un message clair dans cette affaire. La guerre de Bosnie n’était pas due à l’éclatement d‘antagonismes ancestraux. Ce conflit a donné lieu à une campagne génocidaire méthodique sur le continent européen 50 ans après les nazis. Il ne s’agit pas de justice des vainqueurs mais de justice longtemps contrariée et enfin triomphante.
Hier devant la Chambre des Communes Gordon Brown a félicité les troupes britanniques et a souligné l’amélioration des conditions à Basra. Mais il n’a pas expliqué pourquoi 4 000 soldats y demeurent, alors que l’Afghanistan aurait bien plus besoin d’eux. Bien que Brown ait rappelé que ces troupes forment les soldats irakiens, il n’a même pas fait le lien entre la présence britannique et l’amélioration des conditions de sécurité à Basra. Actuellement, que le Royaume-Uni reste ou parte changera peu à la situation en Irak du Sud, contrôlée par l’armée irakienne. A l’automne dernier, l’annonce de la baisse du nombre de soldats dans la région n’avait finalement pas été suivie d’effets. Hier, le Premier Ministre a envisagé un retrait au printemps 2009. Le comité de défense a précisé que cela minerait l’influence britannique en Irak. Mais il est inévitable et nécessaire, et la seule question qui se pose est : quand ? L’Afghanistan comme les soldats ne peuvent plus attendre.