A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (2 juillet).
- PFUE : David Miliband soutient la France sur la défense, Patrick Wintour, GUARDIAN
Le Ministre des Affaires étrangères britannique, David Miliband, va aujourd’hui apporter tout son soutien aux propositions de M. Sarkozy en matière de défense européenne. A l’occasion d’un discours de réflexion sur le « non » irlandais, M. Miliband devrait notamment déclarer : « ce qui me frappe dans les priorités françaises pour la PFUE c’est à quel point elles se rapprochent de nos propres ambitions… Tant que l’Europe ne développera pas ses propres capacités militaires, elle sera réduite à attendre que les Etats-Unis et l’OTAN soient prêts et décidés à intervenir. L’Union doit pouvoir jouer un rôle dans la prévention des conflits et la gestion des crises, aussi bien dans l’envoi d’experts civils que de soldats dans des zones où l’OTAN n’est pas engagé ». Le Ministre britannique mettra en avant le rôle des troupes européennes dans l’entraînement de la police palestinienne en Cisjordanie, soulignant que « les pays d’Europe doivent faire le meilleur usage possible de leur force (hardpower) ». M. Miliband reconnaîtra aussi que le vote de l’Irlande a ébranlé la confiance des dirigeants européens et qu’il faudra en tenir compte : « nous ne redresserons pas l’Europe si nous faisons la sourde oreille à ses citoyens ».
- PFUE : Avec le rejet du Traité de Lisbonne, la France doit repenser sa présidence, éditorial, TIMES
Après Dublin, Varsovie : en refusant de signer le Traité de Lisbonne, le président polonais complique, à son tour, la tâche de M. Sarkozy, d’autant que le parlement tchèque risque, lui aussi, d’en rejeter la ratification et que le président allemand met des bâtons dans les roues. Le président de la République avait initialement des projets grandioses. Il a dû réduire ses ambitions sur l’Union pour la Méditerranée. Son projet de sommet sur l’euro suscite beaucoup de scepticisme, et le Royaume-Uni, parmi d’autres, est très critique à l’égard des propositions françaises sur la PAC. La plupart des Etats membres de l’Union feraient plutôt bon accueil à l’enthousiasme et à l’énergie de M. Sarkozy, mais ils craignent ses instincts bonapartistes, en particulier sa détermination à défendre les intérêts nationaux de la France. Concernant les projets de défense, peu de pays y font objection, mais certains craignent, comme le Royaume-Uni, qu’ils ne visent avant tout à saper l’OTAN. A propos du réchauffement climatique et de la réduction de l’effet de serre, le président français doit se montrer prudent : il sera difficile de trouver une proposition qui satisfasse tout le monde. Pour avoir des résultats, il faudra une solution pour le Traité de Lisbonne : M. Sarkozy ne peut ignorer le vote des Irlandais. Il doit comprendre que « non » veut dire « non » et que l’on ne peut pas, par des intimidations, le transformer en « oui ».
- PFUE : Il faut résoudre la crise de légitimité démocratique, éditorial, THE INDEPENDENT
Personne ne peut ignorer le fait que l’Europe traverse une crise de légitimité, et le « non » des Irlandais en est l’expression. La question est de savoir comment y répondre. La pire solution consisterait pour les gouvernements européens à mettre en place les clauses du Traité comme si de rien n’était, mais l’initiative doit venir de Dublin. En attendant, cela ne signifie pas que l’Europe doive rester inactive pendant six mois : le gouvernement français devrait se concentrer sur l’énergie, le changement climatique et l’agriculture, des domaines sur lesquels l’Europe peut se mettre d’accord. Les autres gouvernements de l’Union doivent en revanche faire tout leur possible pour s’opposer aux initiatives populistes et protectionnistes de M. Sarkozy, ainsi qu’à ses propositions sur l’immigration, qui ne sont bonnes ni sur le plan économique, ni sur le plan humain. Tous les gouvernements sont remarquablement unis sur les grandes questions géopolitiques de l’époque. Il serait peut-être ridicule de dire que l’idéal européen est en bonne santé, mais l’union économique et diplomatique des Etats nations d’Europe peut encore constituer une force progressiste sur le continent et la scène mondiale. Ce n’est pas le moment pour les amis de l’Europe de céder au désespoir.
- PFUE : Des positions aux antipodes l’une de l’autre, éditorial, DAILY TELEGRAPH
La France a débuté en fanfare la présidence de l’Union européenne : le président Sarkozy est déterminé à profiter des six mois à venir pour sauver le projet européen, cette vision idéologique d’une union de plus en plus resserrée. Après le « non » irlandais, la résistance de la Pologne à l’autoritarisme de Bruxelles est donc bienvenue. Le président tchèque émet lui aussi des réserves et, même en Allemagne, le Traité connaît des difficultés. Plutôt que de chercher à intimider l’Irlande (comme cela s’est passé en 2001 avec le Traité de Nice), les dirigeants européens devraient tenir compte du message qui leur parvient de tous les coins de l’Union : les peuples veut une Europe plus souple et plus libre, qui se concentre sur les problèmes du quotidien, et non sur la poursuite d’ambitions fédéralistes complètement dépassées.
Daily Telegraph (Diffusion : 901 428), conservateur, eurosceptique Times (Diffusion : 657 301), Groupe Murdoch, centre droit, mais a soutenu Tony Blair Independent (Diffusion : 257 036), centre gauche, libéral, écologiste, pro-européen Guardian (Diffusion : 378.501), centre-gauche, libéral, pro-européen
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