A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE
19 avril 2006
- Iraq : « Il est temps d’envisager un retrait américain », contribution de Zbigniew Brzezinski au FINANCIAL TIMES
La violence actuelle en Irak pourrait finalement déboucher sur la guerre civile. Elle témoigne de l’inefficacité de l’occupation. Etant donné le début de mise en place d’un gouvernement plus authentiquement irakien, le moment est venu d’adopter une stratégie visant à mettre un terme à la présence militaire américaine. Un programme en quatre points pourrait être élaboré : tout d’abord, Washington pourrait engager les dirigeants irakiens à demander officiellement aux Américains de partir ; après cette requête formelle, les gouvernements irakien et américain pourraient se consulter sur une date (un retrait pourrait s’effectuer en un an) ; ensuite, le gouvernement irakien (non les Etats-Unis) pourrait appeler à une conférence régionale des Etats musulmans (Egypte, Jordanie, Arabie Saoudite, peut-être aussi la Turquie, l’Algérie, la Tunisie et même l’Iran) avec pour objectif de garantir la stabilité ; enfin, les Américains, à leur départ, devraient convoquer une conférence des pays donateurs (Union Européenne, Japon, Chine et tous les pays intéressés) avec l’objectif de restaurer l’économie irakienne. Les Américains doivent reconnaître que l’intervention en Irak est devenue l’instrument d’une collision dangereuse entre les Etats-Unis et le monde musulman, qui pourrait porter gravement atteinte à leur position sur la scène internationale.
- Etats-Unis : « Un remaniement favorable au budget, mais qui fera du tort aux négociations de Doha », éditorial, FINANCIAL TIMES
Si la nomination de Rob Portman aux affaires budgétaires est une bonne chose pour les finances américaines, elle intervient à un mauvais moment pour les négociations commerciales de Doha, qui sont à un stade critique. Susan Schwab, son successeur au poste de négociateur commercial, n’a pas la même influence politique et il lui sera plus difficile encore de gagner l’appui d’un Congrès qui semble de plus en plus sceptique sur la poursuite de la libéralisation. La décision de M. Bush risque d’inquiéter les partenaires des Américains et leur envoyer le signal d’une marche arrière à deux semaines de l’échéance du 30 avril.
- Royaume-Uni/ Système de santé : « Blair confronté à une enquête sur la crise », Patrick Wintour, GUARDIAN
Une importante commission parlementaire se prépare à lancer une enquête sur la gestion du NHS afin de déterminer comment le système a pu atteindre de tels déficits en dépit d’une augmentation sans précédent des dépenses publiques. Si cette enquête est acceptée, elle soumettra Tony Blair et Patricia Hewitt, le Ministre de la santé, à une formidable pression. Downing Street semble convaincu que la santé est devenue le talon d’Achille du Premier Ministre, lequel n’a pas caché hier que le défi est « très, très difficile ». Le déficit est estimé à plus de 700 millions de livres, et s’il ne représente « que 1% du budget total » du NHS, il a déjà conduit à plus de 7000 réductions d’emploi.
- Royaume-Uni : « Le NHS n’est pas le pire problème de Tony Blair », Peter Riddell, TIMES
La plus grande difficulté pour Tony Blair est la réforme de l’éducation : certaines réformes des services publics sont controversées mais n’exigent pas de nouvelle législation (NHS, décision sur l’énergie nucléaire). D’autres demandent une législation mais sont largement acceptées par les députés travaillistes ou pourraient faire l’objet de compromis (réforme du système judiciaire, des retraites). La réforme de l’éducation est non seulement controversée au sein du Labour, mais elle demande aussi une législation : sur ce point M. Blair a été incapable de gagner à sa cause certains de ses alliés traditionnels, comme Neil Kinnock ou Alastair Campbell. Face à la tâche qui l’attend, le Premier Ministre est déterminé à ne plus évoquer son départ ou ses projets de transition. Il s’en ira lorsqu’il sera prêt, et ce n’est pas encore le cas.