A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (17 MARS)
- Economie britannique : Nous devons être prévenus de la douleur à venir, éditorial, DAILY TELEGRAPH
L’avertissement de la Commission européenne à propos du déficit budgétaire britannique ne devrait surprendre personne. Les critiques de Bruxelles étaient inévitables, même si elles sont stupides : le Royaume-Uni n’étant pas dans la zone euro, les remontrances de la Commission ne peuvent avoir de conséquences matérielles. Elles n’en servent pas moins à mettre en lumière les risques des politiques suivies par les principaux partis dans la perspective des élections. A des degrés divers, tous manquent de franchise sur la douleur à venir, quel que soit le vainqueur le 6 mai prochain. Le gouvernement persiste à présenter le Labour comme le parti de l’investissement tandis que les conservateurs seraient celui d’une forte réduction des dépenses. Les Tories sont peut-être un peu plus honnêtes car ils veulent agir rapidement pour réduire la dette, mais ils continuent à vouloir protéger certains budgets sensibles comme celui de la santé, ce qui les empêche de mettre sur pied un vrai programme. La confusion règne dans le pays ainsi que le montrent les sondages : la moitié des électeurs semble penser que des réductions budgétaires ne sont pas nécessaires. Avec un déficit devant atteindre 178 milliards de livres cette année, une telle complaisance est inquiétante. Nous devons nous préparer à des années difficiles. Si nous voulons comprendre quels sont les risques, il suffit de regarder la Grèce.
- Proche Orient : Malgré ses provocations, Israël reste un allié essentiel, éditorial, TIMES
M. Nétanyahou a fait preuve d’arrogance et d’insensibilité : sa décision de poursuivre la colonisation israélienne a aggravé le conflit avec les Palestiniens, rendu plus difficile la conclusion d’un accord et provoqué la plus grave crise dans les relations de l’Etat hébreu avec Washington. Le Premier ministre israélien a réussi par sa provocation à faire apparaître Israël comme le problème, ce qui est extraordinaire compte tenu du fait que les Palestiniens sont divisés entre un leadership inefficace et un autre qui est nihiliste. De son côté, l’attitude de l’administration Obama donne l’impression que l’engagement américain vis-à-vis d’Israël commence à faiblir : son envoyé George Mitchell a annulé une visite dans l’Etat hébreu qui était destinée à relancer les négociations de paix. Les problèmes fondamentaux dans le conflit israélo-palestinien sont clairs : Israël a non seulement le droit d’exister, c’est aussi une démocratie qui a droit à la souveraineté, la sécurité et l’indépendance. Tragiquement dans ce conflit, deux nationalismes légitimes revendiquent le même espace. Pour satisfaire les deux, il faut un accord sur deux Etats. Il est facile de comprendre la colère de Washington face à l’intransigeance de M. Nétanyahou, mais les Etats-Unis ne doivent pas perdre de vue l’importance stratégique d’Israël. Les ambitions nucléaires de l’Iran et le soutien de la Syrie au Hezbolalh et au Hamas constituent des menaces pour la paix et la stabilité de la région. Pour lutter contre elles, Israël reste un allié sans doute difficile mais sur lequel on peut compter.
- Proche Orient : Obama ne doit pas céder, éditorial, GUARDIAN
M. Obama avait cédé une première fois sur la question des colonisations, et il a vu le résultat : le gouvernement israélien a annoncé la construction de nouveaux logements à Jérusalem-Est au moment où Joe Biden évoquait la reprise de négociations indirectes avec les Palestiniens. Cette fois-ci, la coalition de M. Nétanyahou est allée trop loin. Le président américain a fixé ses conditions et ne peut plus faire marche arrière : ce serait la fin des discussions et peut-être même aussi la fin de la solution des deux Etats. Les protestations de sincérité de M. Nétanyahou ne changent rien. Sur la question de Jérusalem, ses objectifs sont cohérents : les Israéliens veulent préserver leur souveraineté sur la cité. Israël, et pas seulement son Premier Ministre, doit faire un choix : continuer à absorber le territoire palestinien et mettre en danger la reconnaissance des frontières qu’il cherche à créer, ou mettre un terme à ses actions. Cela nécessite une décision collective et probablement une autre élection. Sans aller jusqu’à menacer la livraison de matériel américain à l’armée israélienne ou l’aide annuelle de 2,4 milliards de dollars, M. Obama peut faire pression sur Israël. Tant pis si cela entraîne la chute de la coalition de M. Nétanyahou. Ce n’est que lorsqu’Israël aura compris le message que les vraies négociations pourront commencer.
- Union Européenne/Royaume-Uni : « Brown obtient un délai sur le vote concernant les « hedge fund », FINANCIAL TIMES
Le secteur des « hedge fund » et des « private equity » de Londres a obtenu un sursis de dernière minute à la demande de Gordon Brown : le vote n’aura lieu qu’après les élections générales britanniques. L’intervention personnelle du Premier Ministre a évité une défaite certaine du Royaume-Uni lors de la rencontre des ministres des finances à Bruxelles, où la France est à la tête d’une puissante coalition en faveur d’un renforcement de la régulation de ce secteur. La confrontation n’a cependant été que reportée. L’Espagne qui assure la présidence tournante de l’UE a indiqué qu’elle souhaitait aboutir à un accord avant la fin de son mandat en juin. Ce dossier pourrait donc constituer le premier test pour le nouveau gouvernement conservateur, si ce parti remporte les élections générales prévues le 6 mai prochain. Le Royaume-Uni reconnaît la nécessité d’une régulation, mais estime que le projet va trop loin. La directive actuellement en préparation touche essentiellement le Royaume-Uni puisque 80% des « hedge fund » et 60% des « private equity » sont basés au Royaume-Uni. M. Brown savait que le Royaume-Uni serait mis en minorité, et c’est pourquoi il est intervenu auprès de M. Zapatero pour obtenir un sursis. Downing Street a souligné que cela démontrait la qualité de ses relations tissées par M. Brown en Europe. La question essentielle concerne l’accès donné aux gestionnaires de fonds basés en dehors de l’UE, notamment ceux qui opèrent depuis Londres pour des fonds établis « offshore ». Hier, les officiels français et allemands ont fait connaître leur déception. Les gérants de fonds spéculatifs ont en revanche salué la nouvelle.
Daily Telegraph (Diffusion : 901 428), conservateur, euro Times (Diffusion : 657 301), Groupe Murdoch, centre droit, mais a soutenu Tony Blair Guardian (Diffusion : 378.501), centre-gauche, libéral, pro-européen
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028