Le leader du parti conservateur propose un plan de relance de l’économie britannique et de lutte contre l’inflation record actuelle. Ce plan comporte notamment la mise en place d’un impôt flottant sur les carburants, une libéralisation accrue de l’économie et une diminution des impôts sur les sociétés. L’adoption d’une législation similaire à celle des Etats-Unis sur les faillites nous semble moins nécessaire. Paradoxalement Cameron ne remet pas en cause le budget décidé par le gouvernement pour les deux années à venir, et donc le niveau de la dépense publique, et a admis de ce fait ne pas pouvoir envisager de baisse d’impôts à court terme, ni même exclure une augmentation. Ce serait une erreur. Cameron doit faire preuve d’audace et lutter contre l’expansion incessante de l’Etat.
Le discours tenu hier par Barack Obama sur une politique de sécurité nationale « solide et cohérente » s’adresse tout autant aux partenaires étrangers des Etats Unis qu’aux électeurs américains. Les visites de Barack Obama en Europe, en Irak et en Afghanistan ont pour but de conforter son aura de chef des armées face à McCain. Ses partenaires étrangers attendent un changement radical de la politique étrangère américaine. Ce que le monde espère d’un candidat démocrate à la Maison Blanche peut cependant s’avérer bien différent de la réalité. Pour Barack Obama, les Etats Unis doivent asseoir leur position là où leurs intérêts sont menacés : en Afghanistan, au Pakistan et en Iran. Il veut mettre un terme à la prolifération des armes nucléaires et se concentrer sur la protection de l’économie américaine. Barack Obama souhaite reconstruire des relations saines avec l’étranger mais ne sera pas un partenaire facile : dans le domaine des relations commerciales, il se veut plus protectionniste ; sur l’énergie, il sera sans pitié ; sur le changement climatique, il peut être aussi borné que les Républicains. Monsieur Obama a inspiré un grand espoir international mais il sait qu’il doit avant tout répondre aux attentes de ses concitoyens. La « Obamamania » à l’étranger va devoir le comprendre.
Après plus de 15 ans de tensions, la Serbie est rentrée dans la norme, avec un gouvernement démocratique pro-Occidental. De nombreuses réformes vont être engagées par la coalition menée par Mirko Cvetkovic, notamment en ce qui concerne l’entrée du pays dans l’UE. Néanmoins, alors que la Serbie se rapproche enfin de l’Europe, cette dernière n’est pas vraiment prête à l’accueillir. Trois obstacles lui barrent la route. Premièrement, après le rejet irlandais du Traité de Lisbonne, de nombreux dirigeants comme Madame Merkel ou Monsieur Sarkozy veulent une pause dans l’élargissement. Deuxièmement, le tribunal de la Hague insiste pour que la Serbie facilite les arrestations des coupables de crimes de guerre. Enfin, Belgrade refuse de reconnaître la déclaration d’indépendance unilatérale du Kosovo, s’opposant en cela aux demandes de l’UE. En septembre, la Serbie va chercher l’appui de l’ONU, soutenue par la Chine, la Russie et sept pays de l’UE, afin de prouver que la déclaration d’indépendance unilatérale du Kosovo crée un précédent dangereux. Pourtant, l’UE n’acceptera jamais la Serbie si ses questions frontalières ne sont pas réglées de manière durable.
Nicolas Sarkozy déclare que les rebelles irlandais doivent revoter après avoir rejeté sa chère Constitution européenne le mois dernier. Il sera intéressant de voir comment ses tactiques musclées seront reçues par les autres pays de l’Union Européenne qui ont des doutes à propos de ce « maudit » traité. Beaucoup ont appris à leurs dépens que donner des ordres à l’Irlande est risqué. Les Irlandais ont bien réfléchi avant de rejeter cette Constitution. Ils ont décidé qu’elle était trop vague, pleine de jargon juridique et grande ouverte à diverses futures interprétations par des juges à Bruxelles qui n’ont pas de comptes à rendre. Mais le facteur décisif a été ce qu’ils ont vu comme une menace pour la fière démocratie irlandaise. De tels ordres venant d’un Napoléon de poche comme le président Sarkozy ne peuvent qu’encourager un second, retentissant, NON !