A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (13 août).
- Géorgie : L’Europe et les Etats-Unis doivent utiliser tous leurs moyens de pression, même s’ils sont limités, éditorial, FINANCIAL TIMES
La Russie a mis fin, pour le moment, à son attaque contre la Géorgie, mais elle ne semble pas d’humeur à négocier quoi que ce soit. Du plan de paix présenté à Moscou par M. Sarkozy il est peu probable en effet que le Kremlin accepte d’autres propositions que le cessez-le-feu. Même si le parallèle dressé par les Russes avec le Kosovo est absurde, la communauté internationale devrait les prendre au mot. Si leur seul souci est la situation humanitaire, ils ne doivent avoir aucun problème à accepter une mission de maintien de la paix de l’OSCE. L’Union européenne et les Etats-Unis ont sans doute des moyens de pression limités, mais ils ne doivent pas hésiter à tester les intentions de Moscou. Son adhésion au G8, son désir d’un partenariat stratégique avec l’OTAN et l’Union européenne ainsi que d’une entrée dans l’OMC doivent être soumis à une condition : que la Russie se comporte en puissance responsable.
- Géorgie : La Russie a montré sa force et humilié les pays occidentaux, Anne Penketh, THE INDEPENDENT
La Russie est de retour et prête à utiliser sa puissance militaire pour atteindre ses objectifs stratégiques, ce qui n’est pas le cas pour les démocraties occidentales. Moscou avait deux objectifs en se lançant dans cette guerre : se débarrasser du président Saakashvili trop indépendant pour son goût, et s’opposer à l’entrée de la Géorgie dans l’OTAN. Les Etats-Unis et l’Union européenne ont jugé cette intervention disproportionnée. M. Sarkozy a soumis un plan de paix, mais c’est le Kremlin qui a le plus d’atouts dans son jeu : M. Poutine a compris dès le départ que les pays occidentaux n’avaient aucune envie de se battre pour sauver la démocratie géorgienne. L’OTAN est donc « dans le pétrin » : il lui répugne de voir la Russie opposer son veto à l’entrée d’un pays tiers dans l’Alliance, mais la manière impulsive dont le président Saakashvili a déclenché la crise a accru la réticence des pays occidentaux. Pour l’Ukraine, les perspectives sont plus sombres encore. Si la Russie n’a pas hésité à user de sa force militaire pour empêcher l’entrée dans l’OTAN d’un pays de 4 millions d’habitants (Géorgie), que ne fera-t-elle pas pour l’Ukraine, qui en compte 46 millions, avec une minorité russe importante ?
- Géorgie : La réaction de la Russie est justifiée, Tribune de Sergei Lavrov, FINANCIAL TIMES
Il ne s’agit pas du combat de David contre Goliath : la Russie n’a pas choisi ce conflit. Elle a réagi à une attaque contre ses citoyens et d’une manière tout à fait proportionnée. Son objectif tactique était de contraindre les troupes géorgiennes à quitter la région. La Russie n’a aucunement l’intention d’annexer ou d’occuper une partie de la Géorgie et a réaffirmé son respect pour la souveraineté de ce territoire. La Russie est membre du Conseil de sécurité, du G8 et un partenaire des pays occidentaux. Elle entend faire face à ses responsabilités de puissance mondiale et travailler à la résolution durable et pacifique de la situation dans la région.
- Royaume-Uni : Ce serait de la folie que de réduire les taux d’intérêt, éditorial, DAILY TELEGRAPH
Le taux d’inflation au Royaume-Uni atteint désormais 4,4%. C’est un échec pour la Banque d’Angleterre et le résultat de près de deux années de politique monétaire laxiste, alimentée par des dépenses publiques élevées. Il est essentiel de prendre maintenant les bonnes décisions : le comité de politique monétaire doit résister à toutes tentations d’abaisser les taux d’intérêt, sous prétexte de lutter contre la récession. Ce serait tout aussi fou de relever les taux car le coût actuel du crédit est déjà très restrictif et pèse lourdement sur l’activité économique. La situation est très pénible pour les travaillistes dont les chances de réélection sont nulles s’il n’y a pas de reprise économique avant le printemps 2010. Il n’en est pas moins vrai que la stratégie de Gordon Brown, en matière de lutte contre l’inflation, avec son objectif de 2%, est tout ce qui reste de la crédibilité du gouvernement dans le domaine de l’économie. Elle ne tient plus aujourd’hui qu’à un fil.
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