A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (11 JANVIER 2012)
SYNTHESE
Le référendum sur l’avenir de l’Ecosse fait encore la UNE des journaux avec le « défi » lancé à Londres par Alex Salmond : le leader du SNP a déclaré qu’il n’entend pas respecter les conditions fixées par le gouvernement britannique sur une question qui selon lui est essentiellement écossaise et qu’il prévoit d’organiser son référendum en 2014 selon ses propres termes.
Le discours prononcé hier par Ed Miliband et censé « relancer » le dirigeant travailliste, reçoit un accueil mitigé. La presse conservatrice est sans pitié : le DAILY TELEGRAPH dénonce les « contradictions » en matière de politique économique d’un leader qui ne fait pas le poids et qui ne peut pas espérer convaincre le public. Le SUN ironise en se demandant comment M. Miliband peut imaginer pouvoir devenir Premier ministre. « Il pose des questions sérieuses, mais n’y apporte pas de réponses », souligne le TIMES, tandis que le GUARDIAN lui-même reproche au dirigeant travailliste de ne pas traduire sa vision en politique claire, notamment sur la question de la réduction des dépenses.
La confirmation du lancement d’une seconde ligne de train à grande vitesse est bien accueillie : c’est « un projet ambitieux pour une nation ambitieuse », selon l’éditorialiste du DAILY TELEGRAPH. Celui du TIMES estime que le gouvernement a raison « aussi bien sur le plan économique que psychologique » de lancer ce projet. Même le GUARDIAN y semble favorable. Seul le FINANCIAL TIMES regrette une « utopie » dont le Royaume-Uni n’a pas besoin (d’autres projets d’infrastructure serviraient mieux le pays). Le TIMES fait sa UNE sur l’intention de George Osborne d’utiliser certaines réserves de fonds de pension publics pour développer les infrastructures et construire des ponts, des routes et des logements.
La couverture européenne est assez limitée : le FINANCIAL TIMES relève la détermination de M. Sarkozy d’aller de l’avant avec le projet de taxe sur les transactions financières. Le TIMES et le DAILY TELEGRAPH reprennent l’évaluation de l’agence Fitch sur le triple A de la France et soulignent la réaction favorable des marchés. Sous le titre « Maintenant les investisseurs paient pour prêter de l’argent au Royaume-Uni », le DAILY MAIL consacre un long article en page 2 à l’émission d’obligations britanniques hier à taux négatif.
Le discours d’Assad domine les affaires internationales. Pour Simon Tisdall du GUARDIAN, c’est le signe de l’affaiblissement du dictateur syrien à qui trois options restent désormais ouvertes : la « lutte », la « fuite » ou la « négociation ». Les primaires républicaines aux Etats-Unis donnent lieu également à une importante couverture factuelle. Le DAILY TELEGRAPH relaie les « inquiétudes » de la Russie à propos du programme nucléaire de Téhéran et évoque les négociations en cours à Bruxelles sur l’interdiction des exportations de brut iranien. Dans un bref encart, le TIMES mentionne les intentions de la Turquie de construire un mémorial sur le génocide algérien devant l’ambassade de France à Ankara.
L’INDEPENDENT, le GUARDIAN, le TIMES et le DAILY MAIL reviennent sur les « ambitions présidentielles » d’Eric Cantona.
Royaume-Uni/Ecosse
Guardian Severin Carrell, Nicholas Watt : Salmond met Londres au défi
Le Royaume-Uni est au bord d’une grave crise constitutionnelle : le leader du SNP (parti national écossais) Alex Salmond s’est engagé à tenir un référendum sur l’avenir de l’Ecosse à ses propres conditions – à l’automne 2014 – malgré une déclaration de Londres stipulant qu’un tel référendum serait illégal sans l’aval de Westminster. Les divergences entre Londres et Edimbourg indiquent que les partis pro-unionistes du Royaume-Uni – Tories, libéraux-démocrates et travaillistes – se dirigent vers un sérieux affrontement avec le SNP sur l’avenir de l’Ecosse. Ce sera sans doute la plus grave crise constitutionnelle depuis le traité anglo-irlandais de 1921 qui a conduit au départ du Royaume-Uni des 26 comtés d’Irlande du sud. La crise a été déclenchée hier lorsque le Ministre chargé de l’Ecosse, Michael Moore, a déclaré aux communes que, d’un point de vue juridique, le parlement écossais n’a aucune autorité pour décider d’un référendum sans l’aval de Westminster. David Cameron avait annoncé dimanche que le gouvernement britannique lui donnerait cette autorité temporairement, mais à deux conditions : les électeurs devront choisir entre le « oui » ou le « non » à l’indépendance, ce qui empêchera Alex Salmond d’offrir sa troisième option de « dévolution maximale », qui ne va pas jusqu’à l’indépendance ; le vote devra avoir lieu à une date fixe. Celle-ci n’a pas été précisée hier, mais le gouvernement estime que ce doit être avant la fin 2013.
France/Taxe Tobin
FT Hugh Carnegy : Sarkozy refuse d’abandonner le projet de taxe sur les transactions financières
Selon le président Sarkozy, la France doit aller de l’avant avec le projet de taxe sur les transactions financières pour faire pression sur l’Europe, et malgré les risques qu’une initiative unilatérale isole le pays et fasse du tort aux services financiers français. « De toute évidence, la France devrait faire cela avec ses partenaires. Mais si la France attend que les autres se décident à taxer la finance, cela ne se produira jamais », a déclaré le président de la République. Auparavant, le ministre du budget, Valérie Pécresse, avait admis que cette taxe serait un échec si elle n’était introduite qu’en France (« elle ne fait aucun sens si elle n’est pas appliquée dans toute l’Europe »). Toutefois Mme Pécresse avait ajouté que l’intention de la France était de prendre les devants et de servir de « moteur » pour l’introduction généralisée de la taxe qui, selon le gouvernement, devrait être en place d’ici la fin de l’année. Le ministre des finances François Baroin a précisé qu’il discuterait du sujet avec son homologue allemand, Wolfgang Schäuble : les deux parties travaillent à des propositions communes sur la taxe et son entrée en vigueur en partant de la base qu’elle sera introduite au minimum dans les 17 pays de la zone euro. Dans la perspective des présidentielles du mois d’avril, M. Sarkozy souhaite montrer aux électeurs qu’il prend les mesures nécessaires pour tenir la promesse qu’il fera payer à son juste prix au secteur financier sa responsabilité dans la crise de 2008. Le président français a été frustré par l’opposition des Etats-Unis et de la Chine, et par celle du Royaume-Uni en Europe, à une taxe mondiale sur les transactions financières. Il doit aussi affronter le mécontentement de secteur financier français face aux intentions de la France de faire cavalier seul, ce qui pourrait amener les banques à se relocaliser.
Daily Telegraph (Diffusion : 603.901), conservateur, eurosceptique Times (Diffusion : 417.197), Groupe Murdoch, centre droit Financial Times (Diffusion : 345.077), libéral, pro-UE, mais critique sur les questions économiques et financières Independent (Diffusion : 133.449), centre gauche, libéral, écologiste, pro-UE Guardian (Diffusion : 230.541), centre-gauche, libéral, pro-UE Sun (Diffusion : 2.715.473), conservateur, eurosceptique Daily Mail (Diffusion : 1.998.363)1, conservateur, eurosceptique Daily Mirror (Diffusion : 1.118.120), travailliste Daily Express (Diffusion : 614.534), hostile au Labour et à l’Europe The Economist (Diffusion : 200.000), libéral Sunday Times (Diffusion : 967.990) Sunday Telegraph (Diffusion : 471.894) The Observer (Diffusion : 268.355) Independent on Sunday (Diffusion:130.942)
Lydie Naudin, attachée de presse (Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr) Tel : 00 44 (0) 207 073 1028