A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE
10 mai 2006
- Royaume-Uni : « Blair et Brown doivent s’adapter aux nouvelles circonstances politiques », éditorial, TIMES
Tony Blair n’a pas perdu la confiance des Communes, mais les signaux qui lui sont adressés sont clairs : il devrait se préparer à partir dans le courant de 2007 et le faire en coordination avec Gordon Brown. Il n’est plus plausible qu’il prolonge son mandat au-delà de cette période. Mais la transition doit s’opérer de la bonne façon : cela dépend moins du Premier Ministre que du Chancelier de l’Echiquier. Celui-ci doit changer son attitude. Il s’est jusqu’à présent fait le champion du nouveau Labour, mais selon ses propres conditions. Il a profité de son long - et efficace - passage au Trésor pour parfois se distancer du programme de réforme du gouvernement. Il ne peut plus se permettre de continuer. M. Brown est un meilleur acteur qu’on le pense. Il a parfaitement tenu son rôle de Chancelier. Un nouveau rôle l’attend et il doit en apprendre le texte, sinon il risque de jouer le perdant.
- Etats-Unis : « Rupert et Hillary », éditorial, FINANCIAL TIMES
Oublions les sondages. De part et d’autre de l’Atlantique, l’appui de Rupert Murdoch est un meilleur indicateur du résultat d’une élection. Les partisans d’Hillary Clinton devraient laisser de côté leurs doutes maintenant que le propriétaire de News Corporation envisage une collecte de fonds pour le sénateur de New York. Certes Mme Clinton n’a pas encore pris l’initiative audacieuse de se rendre à une assemblée des actionnaires de News Corp en Australie, ce qu’avait fait Tony Blair avant sa victoire écrasante de 1997. Mais il ne fait aucun doute qu’avant même de présenter sa candidature pour les présidentielles de 2008, elle égale son époux en matière de triangulation politique. Que ce soit en raison de sa position ferme sur l’Iran ou de la popularité de l’ancien Président américain, Hillary Clinton a rallié à sa cause un de ses pires détracteurs. Elle a l’avantage sur ses adversaires potentiels au sein du parti démocrate. Gagner l’appui de l’électorat américain est évidemment une autre affaire.
- Journée de l’Europe : « Peu de célébration », éditorial, GUARDIAN
A Bruxelles, c’était jour férié, et dans la plupart des 25 Etats membres de l’Union, la journée de l’Europe a été marquée par des évènements publics divers. Peu de Britanniques y ont prêté attention. Les chiffres sont là : si l’on en croit l’Euro-baromètre, seul un tiers d’entre nous estime que l’Europe est une bonne chose. L’apathie et l’hostilité de l’électorat sont en partie la responsabilité de nos hommes politiques qui se prétendent pro-européens, mais n’ont pas réussi à changer les perceptions. Certes tous les maux de l’Europe ne sont pas la faute du Royaume-Uni. Le fait que la France ne se soit pas réconciliée avec une Europe élargie est un facteur sérieux. La déconnexion et le désarroi sont perceptibles de l’Arctique à la Méditerranée : triste conclusion pour une idée remarquable.