A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (9 MARS)
- Irak : Marche difficile vers la stabilité, éditorial, GUARDIAN
Deux différences majeures séparent les élections de ce week-end en Irak de celles de 2005 : les forces américaines se préparent au retrait, et les Sunnites ont décidé cette fois-ci qu’il était davantage dans leur intérêt de voter que de recourir à un autre boycott. Le taux de participation a été relativement élevé compte tenu des mesures d’intimidation qui ont montré que les partisans de la violence n’ont pas baissé les bras. Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, l’Irak appartient au passé. Pourtant d’importantes questions se posent pour l’avenir du pays. La constitution d’un gouvernement de coalition ne va pas se faire sans discussions et sans marchandages : cela va prendre du temps et de nouveaux remous sont possibles. Les Américains risquent de chercher à imposer un accord – n’importe quel accord – pour ne pas mettre leur calendrier de retrait en danger. Pourtant, dans un sens ce qui va se passer après est plus important que le résultat de l’élection lui-même. Le nouveau gouvernement sera confronté à de sérieuses difficultés : institutions inefficaces, corruption. La réconciliation est un mirage, et Kirkurk constitue potentiellement une crise qui ne demande qu’à éclater. Washington est impatient de sortir du bourbier créé par George Bush. Le vice-président Joe Biden se plait à annoncer la naissance du processus politique en Irak, mais dans ce pays politique et violence vont de pair. Un optimisme relatif est peut-être de mise, mais il n’est nullement certain que le processus politique prendra le dessus et préparera ce pays divisé à la stabilité qu’il mérite.
EUROPE/FRANCE/ALLEMAGNE
- Projet de Fonds monétaire européen : FINANCIAL TIMES
Quentin Peel, Ben Hall, Tony Barber et Chris Giles reviennent dans deux articles séparés (dont un en une) sur le projet évoqué par Wolfgang Schaüble d’un Fonds monétaire européen. Le quotidien de la City cite Mme Merkel selon laquelle toute initiative en ce sens nécessiterait un nouveau Traité et l’accord de tous les Etats membres de l’Union. Le FT souligne que la chancelière allemande y est favorable et que les autorités françaises ont bien accueilli cette proposition. Paris aurait toutefois « envoyé promener » l’idée de nouvelles pénalités draconiennes pour les gouvernements en butte à des déficits budgétaires excessifs. Toujours selon le FT, bien que la France et l’Allemagne discutent depuis longtemps d’un renforcement de la coopération en matière de politique économique, la proposition d’un FME aurait pris les Français par surprise.
- Projet de Fonds monétaire européen : Cela prendra du temps, Quentin Peel, FINANCIAL TIMES
L’idée lancée par Wolfgang Schaüble constitue une arme à double tranchant : elle donnerait à un Fonds monétaire européen les mêmes outils d’intervention dans les politiques budgétaires des gouvernements que le FMI. Elle envisage aussi d’autres mesures pour accroître la coordination de la politique économique dans les pays de la zone euro. En toute logique, cette initiative aurait dû normalement venir de Paris plutôt que de Berlin. Ce sont en effet souvent les Français qui lancent les grandes idées fantasques à propos de l’Europe, tandis que par tradition la partie allemande est toujours plus prudente. Les « fuites en avant » de la France suscitent souvent une certaine irritation et ce n’est que lorsque Berlin donne son accord que les choses se concrétisent. La France a toujours argué du principe que les ministres des finances de l’Ecofin et de l’Eurogroupe devaient avoir davantage de pouvoirs en matière de coordination économique, l’Allemagne y voyant une menace pour l’indépendance de la BCE. La question est désormais de savoir comment les deux pays vont pouvoir trouver un terrain d’entente autour d’un projet visant à répondre à la crise grecque. Mme Merkel a fait beaucoup de concessions à la France sur la question d’une forme de « gouvernement économique » pour la zone euro, mais il ne fait aucun doute que les Allemands insisteront lourdement sur la discipline budgétaire. M. Schaüble semble avoir mis les Français au pied du mur, mais ses propositions ne sont pas réalisables sans un nouveau Traité, ce que personne ne souhaite après les difficultés suscitées par celui de Lisbonne. La solution retenue devra donc pouvoir être mise en œuvre sans changement constitutionnel et avec l’accord de Paris et de Berlin. Cela prendra du temps.
FRANCE
- Energie nucléaire : L’appel de M. Sarkozy, Peggy Hollinger, Ed Crooks, FINANCIAL TIMES
Le président de la République a appelé la communauté internationale à faire des efforts pour le financement de l’énergie nucléaire civile dans les pays en développement. Il a notamment invité la Banque mondiale à revenir sur sa décision, remontant à 50 ans, de ne pas financer la construction de réacteurs nucléaires. L’intervention de M. Sarkozy a de bonneacs chances d’être bien accueillie par les pays en développement qui se demandent comment financer de tels projets couteux et risqués.
Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen Guardian (Diffusion : 378.501), centre-gauche, libéral, pro-européen
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028