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Mardi 9 Mai - Labour, T. Blair, M. Beckett, Moscou / Washington

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE

9 mai 2006

- Baisse du Labour dans les sondages : « Une réaction à court terme ou un tournant important dans la fortune du parti » ?, Peter Riddell,TIMES

Les évènements des dernières semaines et les élections locales ont montré un brusque revirement de l’opinion en faveur des conservateurs et David Cameron au détriment du Labour et de Tony Blair : un sondage Populus pour le Times donne 38% des intentions de vote aux Tories (+ 4), contre 30% pour les travaillistes (- 6). Tout ceci est mauvais pour le gouvernement mais n’est pas nécessairement fatal. Les électeurs restent plutôt loyaux envers le Premier Ministre et les travaillistes ne se retrouvent absolument pas dans la situation ayant frappé les conservateurs à l’automne 1992. Tout peut encore basculer, mais une chose est désormais certaine : les conservateurs qui avaient perdu toutes chances de remporter les élections peuvent espérer y parvenir, même s’ils restent encore loin du pouvoir. C’est au Labour et à ses représentants de démontrer leur volonté de gouverner. La poursuite des luttes au sein du parti ne peut que bénéficier aux conservateurs.

- Position de Tony Blair : « Défi et illusion », éditorial,GUARDIAN

Une fois de plus, Tony Blair a montré sa force et analysé avec justesse les dangers auxquels est confronté le Labour. Mais il semble confondre sa propre survie avec celle du parti. Or, il est impératif que le Premier Ministre et Gordon Brown résolvent leurs divergences sur la transition. Le Chancelier de l’Echiquier a probablement raison de demander une date, compte tenu des promesses antérieures non tenues. M. Blair doit accepter que l’heure n’est plus au défi, et M. Brown comprendre que le moment de la coopération a commencé. Une transition en bon ordre demande tout un processus : le Chancelier de l’Echiquier a besoin de temps pour préparer son arrivée au pouvoir, mais il doit résister à la tentation d’encourager une révolte qui ne pourrait que lui nuire. A son tour, M. Blair doit admettre que le moment de son départ approche. Il reste encore un brillant acteur, mais le spectacle est sur le point de se terminer.

- Margaret Beckett : « Une novice qui n’a pas l’autorité de Jack Straw », Bronwen Maddox, TIMES

Le remplacement de Jack Straw par Margaret Beckett a de quoi surprendre. Il est peu vraisemblable, ou en tous cas exagéré, de dire qu’elle a été nommée là pour adopter une ligne plus dure que son prédécesseur sur l’Iran, même si les Iraniens le clament à haute voix. Jack Straw avait acquis de la confiance et une certaine indépendance qui a pu contrarier M. Blair. Mais son approche a permis d’ouvrir la voie à des négociations avec Téhéran en 2002. Margaret Beckett a l’avantage de la nouveauté - l’Iran ne sait pas à quoi s’attendre avec elle - mais, à un moment aussi crucial, les négociations auraient probablement bénéficié davantage de l’expérience de M. Straw que de l’arrivée d’une novice que l’on soupçonne de parler avec la voix de son maître.

- Relations transatlantiques : « Moscou et Washington conservent l’approche du temps de la guerre froide », Quentin Peel, FINANCIAL TIMES

Plus de 16 ans après la chute du mur de Berlin et la désintégration de l’empire soviétique, les comportements de la guerre froide réapparaissent. La guerre des mots entre la Russie, les Etats-Unis et l’Union Européenne à propos de Gazprom, du recul de la démocratie dans les anciennes républiques soviétiques et de la reprise du contrôle du Kremlin sur l’économie en apporte la preuve. Il est difficile de comprendre les déclarations hostiles de M. Cheney alors que Washington recherche l’appui de Moscou sur l’Iran. M. Cheney a une politique du deux poids, deux mesures : il fait la morale à M. Poutine sur le Bélarus, mais en même temps rend visite au Président du Kazakhstan élu avec 92% des voix, lors d’un vote peu démocratique. Il n’est certes pas question de renoncer à toute critique envers la Russie, mais il faut rechercher davantage le dialogue afin de mieux comprendre les sensibilités de la population. Il faudra du temps à Moscou pour s’habituer au fait qu’il lui faut négocier avec des états qu’il considérait comme des vassaux. C’est une tâche que l’Union Européenne peut être mieux à même de mener que les Etats-Unis.