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Mardi 31 mars - G20/France , Gordon Brown, Présidence tchèque de l’UE

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (31 Mars).

- G20 : Sarkozy menace de claquer la porte, Charles Bremner, Philip Webster, TIMES

La France n’acceptera pas de beaux discours sans engagements réels lors du G20 : M. Sarkozy pourrait même claquer la porte et ruiner une rencontre sur laquelle M. Brown et M. Obama ont fondé beaucoup d’espoir si ses demandes en matière de régulation financière ne sont pas acceptées. La France souhaite notamment un régulateur mondial, une idée que rejettent à la fois les Etats-Unis et le Royaume-Uni. M. Brown la qualifie de ridicule. Les Britanniques ont l’impression que le Président de la République cherche la bagarre pour se présenter en vainqueur en France. C’est le genre de démarche qui lui rend plutôt service lorsque sa popularité est en baisse. Seul 38% du public approuve sa performance de président, mais 70% estime qu’il représente bien la France à l’étranger. « Super-Sarko » est admiré pour la vigueur avec laquelle il fait la tournée des capitales étrangères et pour la manière dont il a mené la présidence de l’Union européenne. En se faisant, avec Angela Merkel, l’apôtre d’un nouvel ordre financier mondial, M. Sarkozy a abandonné les doctrines radicales de dérégulation qui lui ont permis de gagner les élections et il est revenu aux instincts dirigistes traditionnels de la France. Mais il risque le paradoxe en s’en prenant aux anglo-saxons : l’ennemi ancestral a changé surtout avec l’arrivée du président Obama qui est beaucoup plus populaire auprès des Français que le président de la République.

- Royaume-Uni : Les électeurs demandent à Brown de s’occuper davantage des affaires du pays, Andrew Grice, INDEPENDENT

Quelque 72% des Britanniques, y compris parmi les électeurs travaillistes, estiment que Gordon Brown devrait s’occuper davantage de l’économie nationale plutôt que de chercher une solution mondiale à la récession. Les conclusions de l’enquête de ComRes pour l’INDEPENDENT représentent un sérieux revers pour le Premier Ministre travailliste qui va présider le G20 jeudi à Londres. Certains alliés de M. Brown craignent qu’il n’y ait guère de voix à gagner auprès des électeurs à vouloir trouver un accord à l’échelon mondial, et l’opposition ne manque pas de critiquer la tournée de trois continents menée en cinq jours par le dirigeant travailliste en préparation du sommet. Selon la même enquête, le public est opposé, à deux contre un, à de nouvelles mesures de stimulation économique si cela doit signifier des hausses d’impôt par la suite. Seuls 27% des Britanniques comptent sur une amélioration de la situation avant la fin de l’année. Les conservateurs ont une avance de 12 points sur le Labour (40 contre 28) dans les sondages. Les mêmes chiffres lors d’une élection leur donneraient une majorité de 50 sièges.

- Union européenne : La paralysie du gouvernement tchèque n’empêchera pas Bruxelles de tourner, Quentin Peel, FINANCIAL TIMES

Les difficultés du gouvernement tchèque ont sonné l’alarme à Bruxelles à cause de la présidence de l’Union européenne. Ces inquiétudes sont excessives, car il ne faut pas exagérer l’importance des présidences. Les gouvernements nationaux ont évidemment tendance à le faire : les petits Etats saisissent l’occasion d’une présidence tournante pour se mettre en avant sur la scène internationale et impressionner leur électorat. Les plus grands Etats en profitent pour lancer quelques projets qui montrent à leurs électeurs à quel point ils sont importants, mais qui sont souvent abandonnés par la suite. La présidence consiste à présider des rencontres et à représenter l’Europe. C’est une tâche difficile qui demande des heures de négociation parfois difficiles, même si le gros du travail est effectué par les bureaucrates de Bruxelles. Le gouvernement tchèque ne s’en est pas mal sorti jusqu’à présent bien qu’il ait subi quelques attaques, notamment de Paris. M. Sarkozy est convaincu que seul un grand Etat peut faire du bon travail. Pourtant la présidence française de l’Union a eu du bon et du mauvais : le président de la République a certes montré du leadership, mais il n’a pas toujours bien respecté les règles et il a parfois suscité du ressentiment, y compris à Berlin. Qu’il y ait une crise à Prague ne devrait donc pas être trop inquiétant, sauf sur un point : l’arrivée sur le devant de la scène de l’eurosceptique M. Klaus, qui va participer aux sommets Europe/Etats-Unis et Europe/Russie. M. Klaus n’est pas un homme de consensus, il dit ce qu’il pense. M. Obama et M. Poutine risquent d’avoir des conversations animées.

Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen Times (Diffusion : 657 301), Groupe Murdoch, centre droit, mais a soutenu Tony Blair Independent (Diffusion : 257 036), centre gauche, libéral, écologiste, pro-européen

Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028