A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (31 AOUT)
FRANCE
- Coopération franco-britannique en matière de porte-avions :
Le TIMES annonce en Une un « projet sans précédent » qui amènerait la France et le Royaume-Uni à partager l’usage de leurs porte-avions. Selon le journal, David Cameron et Nicolas Sarkozy devraient présenter les grandes lignes de cette proposition lors d’une rencontre en novembre. Aux termes de cet arrangement, un des trois porte-avions – un français, les deux autres britanniques – serait toujours en patrouille. Le Royaume-Uni pourrait alors renoncer à la construction d’un des deux porte-avions qui doivent remplacer les bâtiments actuels et dont le coût est évalué à 5,2 milliards de livres. Ainsi que le souligne le TIMES, cela pourrait aussi signifier la perte de milliers d’emplois dans les chantiers navals.
Le TIMES publie également un commentaire d’un professeur de la London School of Economics, Gwyn Prins, qui met en doute la viabilité d’un tel partenariat : « A première vue, cela semble une idée sensée. Mais ce n’est guère sage si l’on se réfère à l’histoire passée et à la géopolitique moderne ». Les projets actuels des Français et des Britanniques sont techniquement incompatibles. Toute mise en commun des porte-avions rendrait le Royaume-Uni dépendant de la France, les deux pays ayant depuis des siècles des priorités stratégiques différentes (voir Nelson, Churchill, et plus récemment le « projet » européen). Que se passerait-il si nous décidions de mener une opération qui ne plait pas aux Français ? Que penseront nos alliés américains si la politique de défense britannique doit être approuvée par la France ?
Toujours dans le TIMES, et sous le titre « Une hostilité mutuelle ponctuée par un épisode de paix occasionnel », Valentine Low rappelle l’histoire : 1066, Azincourt, Waterloo, et ajoute que malgré l’entente cordiale, Français et Britanniques n’ont jamais été réellement les meilleurs des amis. La journaliste évoque le veto du général de Gaulle à l’entrée du Royaume-Uni dans le Marché Commun, l’embargo sur le bœuf britannique, « sans parler de Jacques Chirac ». « Un jour viendra peut-être où nous pardonnerons et oublierons. Mais la Bataille d’Hastings remonte à seulement 944 ans. Ne précipitons pas les choses ».
- La politique à l’égard des Roms :
Plusieurs journaux, dont le DAILY TELEGRAPH, le GUARDIAN et surtout le TIMES (sur toute une page accompagnée d’un éditorial), titrent sur les « divisions » au sein du gouvernement à propos de la politique concernant les Roms, reprenant les propos de M. Kouchner et de M. Morin. Tous évoquent l’impopularité du président de la République. Dans un encadré signé Charles Bremner, le TIMES relève que M. Sarkozy est encore confiant dans sa victoire lors des prochaines présidentielles : le parti socialiste est toujours divisé entre la gauche traditionnelle et les modernisateurs. Le président de la République compte sur la lutte contre la criminalité pour rallier les électeurs. Il cherchera à s’imposer sur la scène internationale lors de la présidence française du G20. L’économie sera certes un facteur essentiel, mais d’autres présidents avant lui ont gagné un second mandat malgré une impopularité similaire. L’éditorial du TIMES dénonce « l’autocratie de l’Elysée » : il n’y a pas que le Vatican, l’Union européenne et les Nations Unies à avoir exprimé leur inquiétude sur l’expulsion des Roms. Le journal fait référence à M. Kouchner et M. Morin « qui n’avaient sans doute rien à perdre » à faire connaître leur opinion puisqu’ils risquent de perdre leurs fonctions dans les semaines à venir. A court terme, M. Sarkozy ne devrait pas être affecté. Les mesures contre les Roms ne passent pas mal en France où les électeurs apprécient la priorité donnée au respect de l’ordre. A long terme cependant, le président de la République va à la catastrophe. Son style agressif donne des munitions aux socialistes qui recueillent déjà 55% des intentions de vote. Le malaise au sein de l’aile modérée de l’UMP pourrait leur être bénéfique. La grande question reste de savoir si M. Sarkozy gardera un Premier ministre dont la popularité le gêne. La campagne contre les Roms a mis en relief la faiblesse d’un exécutif impétueux. Le président doit à la fois restreindre ses instincts capricieux et mettre fin à une campagne qui ne fait pas honneur à la France.
Times (Diffusion : 505.062), Groupe Murdoch, centre droit Daily Telegraph (Diffusion : 685.177), conservateur, eurosceptique
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028