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Mardi 29 juillet - RU/Gordon Brown, Turquie

Un gouvernement résigné à perdre les élections, Philip Stephens, The Financial Times

Au parti travailliste, on ne cherche même plus à rester au pouvoir, mais juste à perdre les élections de la manière la moins désastreuse possible. Avancer la date des élections sous un nouveau Premier Ministre ? Garder Gordon Brown ? Le désespoir règne depuis la défaite de Glasgow-East. Cela fait à peine un an que Brown a remplacé Blair. Changer de nouveau de Premier Ministre reviendrait à admettre une erreur collective de la part des députés qui l’avaient élu. En outre, aucun successeur ne se dessine avec certitude, qu’il s’agisse de Miliband, Straw ou encore Harmann. Les plus ardents critiques de Brown sont les syndicats, qui veulent que le Labour vire à gauche. Mais l’électorat britannique n’aime pas les extrêmes. Les modernisateurs du parti ont de meilleurs arguments contre Brown. Certes, on ne peut lui reprocher le resserrement du crédit ou la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires. Mais il a échoué à définir une stratégie pour y réagir efficacement. On ne sait pas si Brown sera remplacé à l’automne. Ce qui est sûr, c’est que son parti est en aussi mauvaise posture que lui.

TURQUIE : Le projet politique le plus important au monde, Daniel Howden, The Independent

Le projet de créer un pays qui serait musulman, démocratique, laïque, financièrement stable et connecterait l’Union Européenne au Moyen-Orient fait sûrement de la Turquie la plus importante expérience politique du monde d’aujourd’hui. Ce projet est sur le point de s’effondrer. L’émergence d’un gouvernement élu, qui trouve ses racines dans l’Islam politique, a coïncidé avec d’énormes progrès politiques, sociaux et économiques. Le moteur de ces progrès étant l’espoir d’une adhésion à l’Union Européenne. Ce bilan n’a pas apaisé les critiques qui perçoivent plutôt une tentative d’islamisation du pays, les généraux turcs étant, soi-disant, les gardiens de la laïcité. Les gouvernements « laïcs » ont souvent été confrontés à la corruption et aux faillites financières. Leur impopularité a fait de l’Islam politique, comme au Pakistan et en Egypte, une force majeure ; et de Recep Tayyip Erdogan l’homme politique le plus populaire du pays. La tentative de déclarer son parti illégal est la dernière chance des militaires d’assurer leur propre pouvoir. La crise à venir ne souciera pas des pays de l’UE tels que la France, l’Autriche ou l’Allemagne qui ont vu les progrès de la Turquie pour rejoindre l’Union Européenne caler avec une certaine satisfaction. Avec cette affaire, ils n’auront peut-être même pas à lever le petit doigt pour mettre fin à une expérience qui a donné de l’espoir à toute la région.