A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (26 août).
- Géorgie : La Russie fait des menaces à l’OTAN, Jeremy Page, TIMES
La Russie fait monter les enjeux : dans une interview au TIMES, l’ambassadeur russe en Afghanistan laisse entrevoir la suspension de l’accord, conclu en avril à Bucarest, permettant à l’OTAN d’acheminer ses approvisionnements et ses équipements en Afghanistan via la Russie et l’Asie centrale. Selon M. Kabulov, cet accord n’est plus valable puisque Moscou a suspendu sa coopération militaire avec l’Alliance à cause de son soutien à la Géorgie. L’ambassadeur russe suggère également que le Kremlin pourrait remettre en cause la permission donnée à l’OTAN d’utiliser l’espace aérien russe et de maintenir des bases en Uzbekistan, Kyrgyzstan, et Tajikistan. Ces propos risquent de sonner l’alarme chez les généraux de l’OTAN car les Taliban ont augmenté leurs attaques sur les voies d’approvisionnement de l’Alliance cette année. La situation risque de se détériorer plus encore du fait de la crise politique au Pakistan : démission de M. Musharraf et éclatement de la coalition.
- Géorgie : La Russie hausse le ton, éditorial, GUARDIAN
La guerre en Géorgie aura été un moment important pour la présidence de Medvedev : l’intervention militaire peut porter atteinte à sa réputation de façon permanente et, sur le plan international, elle peut avoir des répercussions durables sur les relations de la Russie avec ses voisins, sans parler des Etats-Unis et de l’Europe. Le vote du parlement sur l’indépendance de l’Ossétie du sud et l’Abkhazie représente surtout une menace théorique. La décision finale en revient au président, et il est vraisemblable que M. Medvedev hésite à choisir une solution qui donnera des idées à d’autres Etats et facilitera l’entrée de la Géorgie dans l’OTAN. En revanche, il est plus inquiétant d’entendre le président russe déclarer qu’une rupture des relations avec l’OTAN ne serait pas une grande perte. La Russie peut être tentée de resserrer son emprise sur la Géorgie. Seules des pressions soutenues de la communauté internationale peuvent la persuader de revenir à la position d’avant le 7 août (date de l’attaque des forces géorgiennes en Ossétie du sud). Cela ne peut venir que de la France et de l’Allemagne, les pays qui se sont opposés aux Etats-Unis à propos de l’entrée de la Géorgie dans l’OTAN. Alors que la Russie fait monter les tensions, les augures ne semblent guère favorables.
- Géorgie : Il faut mettre fin à l’élargissement de l’OTAN, Jonathan Steele, GUARDIAN (25 août)
Le président Saakashvili a cherché à tromper l’opinion internationale. C’est lui qui est à l’origine de la crise : l’attaque lancée en Ossétie du sud ne pouvait qu’entraîner une riposte des Russes qui ont été, comme tout le monde, pris au dépourvu. Pourquoi le président géorgien a-t-il agi ainsi ? Avait-il prévenu les Américains de ses projets ? Si oui, l’ont-ils approuvé ? Il aurait été totalement irresponsable de lui donner le feu vert. S’il n’a pas tenu compte d’un avis négatif, il ne doit plus être considéré comme un allié fiable. M. Sarkozy et Mme Merkel ont fait preuve d’une relative impartialité, mais le gouvernement britannique a suivi la ligne peu nuancée de la Maison Blanche, sans penser qu’un potentiel prochain président, comme Barack Obama, pourrait adopter une démarche plus diplomatique. L’idéal serait que l’OTAN annonce avoir atteint ses limites et renonce à tout nouvel élargissement. Quoi qu’en pensent les Américains, la Pologne et les Etats baltes, bien des pays européens voient le danger d’une extension du parapluie de l’OTAN. L’Alliance n’est pas une institution mondiale. Elle n’a pas à rechercher des membres dans le Caucase et en Asie centrale. Nous ne sommes pas au début d’une nouvelle guerre froide ou d’un cataclysme dans les relations internationales. La France et l’Allemagne l’ont bien souligné la semaine dernière lors de la réunion de Bruxelles. L’Alliance a promis d’aider à la reconstruction de la Géorgie mais non de précipiter une entrée dans l’OTAN. La France et l’Allemagne avaient eu le courage au début de l’année de s’opposer à Washington. Plus que jamais leur position reste juste.
Guardian (Diffusion : 378.501), centre-gauche, libéral, pro-européen Times (Diffusion : 657 301), Groupe Murdoch, centre droit, mais a soutenu Tony Blair
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin@diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028