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Mardi 25 Avril

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE

25 avril 2006

- Royaume-Uni : Le soutien au Labour est à son plus bas depuis 1987, sondage ICM, GUARDIAN

Selon un sondage ICM pour le GUARDIAN, le Labour n’obtient aujourd’hui que 32% des intentions de vote, une baisse de 5 points sur le mois dernier, et son plus bas niveau en 19 ans. Les conservateurs se retrouvent en tête avec 34% (inchangé) tandis que les Libéraux-démocrates gagnent 3 points à 23%. Selon le journal, le parti travailliste subit le contrecoup de l’affaire des prêts en échange de titres honorifiques ainsi que de la crise du NHS. Mais M. Cameron a également de quoi être inquiet car les déçus du Labour semblent être davantage attirés par le parti libéral-démocrate que par les conservateurs « new look ». Les perspectives ne sont pas encourageantes pour Tony Blair lors des élections locales du 4 mai : le Labour pourrait perdre jusqu’à 10 des 15 municipalités qu’il défend à Londres.

- Irak : « Un nouveau Premier Ministre n’a guère apporté de changement », éditorial, FINANCIAL TIMES

L’arrivée de Jawad al-Maliki ne change pas de façon spectaculaire l’équilibre des forces. Le nouveau Premier Ministre a la réputation d’être un réconciliateur. Il aura bien besoin de ces qualités pour trouver une formule qui permettra de partager non seulement le pouvoir mais les ressources pétrolières du pays ainsi que restaurer les services fondamentaux dont les Irakiens sont privés depuis longtemps, comme l’eau et l’électricité. Il devra surtout offrir la sécurité au peuple irakien et cela ne sera pas facile si l’on en juge par la réaction du Président Talabani qui a rejeté sa proposition d’une fusion de toutes les milices en une armée fédérale. Quant aux Etats-Unis, ils ont certes qualifié la nomination de M. al-Maliki d’étape « décisive », mais ils l’ont fait avec trop peu de conviction.

- France : Les Britanniques ne se seraient pas mieux comportés s’ils avaient subi l’occupation nazie, Max Hastings, GUARDIAN

Le succès de « Suite Française » d’Irène Némirovsky redonne confiance dans le goût populaire. Cet ouvrage est d’autant plus émouvant qu’il est écrit avec une générosité d’esprit non seulement envers les Français mais également envers les Allemands responsables de la mort de l’auteur. Bien des Britanniques lisant des ouvrages sur l’époque de l’occupation ont tendance à céder à la suffisance : les Français ont baissé les bras, nous avons continué la bataille, estiment-ils. « Suite Française » relance le débat, et il est sage de rappeler la contribution de l’ancien Secrétaire au Foreign Office, Anthony Eden, au grand film de Marcel Ophüls « Le Chagrin et la Pitié » : « il serait impertinent pour un pays n’ayant pas subi l’occupation de porter un jugement sur un autre l’ayant subi ». Dans les années 30, bien des aristocrates britanniques, tout comme leurs pairs français, ont éprouvé une terreur morbide de la gauche, et se sont sentis moins effrayés par les nazis que par les communistes. L’aristocratie française a beaucoup collaboré. L’aristocratie britannique aurait probablement fait la même chose. Les classes bourgeoises ont collaboré « par nécessité » ou ce qu’elles percevaient comme tel. La résistance a été confinée à une petite minorité jusqu’en 1944. On aurait retrouvé le même schéma dans un Royaume-Uni occupé par les Allemands. Les Britanniques auraient-ils envoyé leurs propres juifs à la mort ? L’anti-sémitisme était considérable dans notre pays avant la guerre, mais peut-être un peu moins virulent que celui des Français. Mais l’humilité exprimée par M. Eden reste la seule approche sensée à propos d’une situation qui nous a été épargnée.