A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (24 JANVIER 2012)
SYNTHESE
Le rejet par la Chambre des Lords des propositions du gouvernement pour la limitation des prestations sociales (26.000 livres par foyer) occupe une grande place dans la presse qui se montre le plus souvent favorable au projet du gouvernement Cameron. Les journaux relèvent cependant que ce revers ne semble pas affecter le gouvernement : un nouveau sondage ICM publié par le GUARDIAN confirme l’avance de cinq points des conservateurs sur le Labour, déjà constatée par le SUNDAY TIMES, avec respectivement 40% (+3) et 35% (-1) des intentions de vote. Par ailleurs, les propositions du gouvernement sur l’encadrement des hauts salaires (UNE du FINANCIAL TIMES) divisent nettement la presse : cela ne va pas assez loin, selon une partie des médias, tandis que le DAILY TELEGRAPH accuse le gouvernement de se mêler de ce qui ne le regarde pas au risque de créer « un dangereux précédent ».
Sur l’Europe, outre le blocage des négociations sur le sauvetage de la Grèce, le FINANCIAL TIMES consacre un article en page UNE aux ouvertures faites par l’Allemagne pour un renforcement du pare-feu européen en échange de règles plus strictes en matière de discipline budgétaire. Le discours de Michel Barnier à la City n’a eu que peu d’échos : le DAILY TELEGRAPH en fait mention, titrant sur le fait que « la taxe Tobin ne sera pas imposée au Royaume-Uni contre sa volonté ». City AM (grand quotidien financier gratuit) y consacre aussi un article en UNE.
L’INDEPENDENT consacre tout un dossier à la CEDH (grand article de UNE, tribune de Nicolas Bratza, juge et président britannique de la Cour et éditorial). Le journal poursuit sa campagne contre David Cameron qui ne se comporte pas en « homme d’Etat » et s’incline devant les tabloïds, trahissant l’ignorance des Britanniques sur le rôle pourtant incontestable de la CEDH.
En politique internationale, l’Iran donne lieu à une importante couverture, les journaux prenant acte des sanctions prises par l’Union européenne et de la présence des navires britanniques, français et américains dans le Golfe persique. La déclaration conjointe de David Cameron, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy est reprise par tous les quotidiens, y compris les tabloïds. Les éditoriaux (TIMES, DAILY TELEGRAPH, INDEPENDENT) estiment que les sanctions étaient inévitables mais tous s’inquiètent des risques d’escalade. « S’agit-il d’une déclaration de guerre » ? titre un article du GUARDIAN. Concernant la Syrie, deux éditoriaux (FINANCIAL TIMES et GUARDIAN) s’interrogent sur les propositions de la Ligue arabe, relevant qu’il s’agit seulement d’un compromis mais que c’est probablement le mieux que l’on puisse avoir pour le moment.
Sur la France, le FINANCIAL TIMES revient sur la position de Nicolas Sarkozy et François Hollande face au monde de la finance. Le DAILY TELEGRAPH reprend dans un court article les déclarations de David Cameron critiquant les 35 heures et se demande si cela ne risque pas de déclencher une nouvelle querelle avec le président Sarkozy.
Cameron/Europe FT Philip Stephens : Cameron doit oublier la chaise vide et s’asseoir à la table
Le Royaume-Uni s’est isolé de son propre choix lors de la débâcle du Conseil européen du mois dernier. La réunion des dirigeants européens cette semaine offre à David Cameron l’occasion de reprendre sa place à la table : Mario Monti et Angela Merkel le souhaitent. Ce qu’il faut au Premier ministre britannique, c’est un peu de courage politique. Le résultat du Conseil du 9 décembre a été mauvais pour le Royaume-Uni et pour l’Europe : pour le premier, parce qu’après l’enthousiasme initial du veto les Britanniques ont réalisé que les 26 continuaient de négocier un traité ; pour l’Europe, parce qu’une solution à la crise de la zone euro va nécessiter de profonds changements de la politique économique européenne auxquels le Royaume-Uni devra participer. Même si Nicolas Sarkozy aime l’idée de s’en prendre à la City, ce n’est pas cela qui sauvera la monnaie unique. La perfide Albion a quelque chose à offrir car elle représente le plus grand marché de la zone euro, avant les Etats-Unis et la Chine. Dans un monde idéal, David Cameron déclarerait à ses partenaires (NDR : au prochain sommet européen) qu’il accepte maintenant que le compact budgétaire soit intégré dans les traités européens. Il n’ira probablement pas jusque là car les eurosceptiques le prendraient fort mal. Il y a des compromis possibles : un court document qui se concentrerait sur les responsabilités budgétaires des pays de la zone euro laisserait les grandes discussions économiques sur la réforme structurelle, la concurrence et le marché unique au groupe élargi des 27. Cela devrait être l’objectif de David Cameron. Il n’y parviendra que s’il renonce à sa demande d’une révision des règles du marché unique pour accorder une exception à la City, car ce serait une invitation aux autres Etats membres à faire la même chose pour leurs secteurs favoris et ce serait la fin du marché unique. M. Monti est un allié important car il est sur la même longueur d’ondes que M. Cameron sur le marché unique. Mme Merkel a fait elle aussi des ouvertures. L’Allemagne, comme l’Italie, souhaitent une série de mesures pour la croissance en Europe et, sur les questions du marché unique et de la libéralisation économique, elle est plus proche de Londres que de Paris. Il existe encore de grandes divergences, notamment sur la taxe sur les services financiers, mais elles peuvent se régler. M. Sarkozy pense aux élections et, selon les contacts français de Philip Stephens, le volume de son discours est inversement proportionnel à toute perspective réaliste de la mise en place de cette taxe. Mme Merkel souhaite un compromis et son entourage parle de l’offre de garanties plus larges à la City qui l’épargnerait des attaques conduites par la France. M. Cameron va sûrement rechercher une position commune. Les ministres britanniques semblent désireux de mettre derrière eux les querelles avec M. Sarkozy. L’autre jour M. Cameron aurait exprimé le désir de relancer la coopération franco-britannique en matière de défense. Il est difficile d’envisager un résultat idéal pour M. Cameron lors du sommet. Le Premier ministre britannique paie cher son veto. L’intégration dans la zone euro marginalisera inévitablement le Royaume-Uni. Cela rend d’autant plus important l’engagement du gouvernement. M. Cameron doit savoir maintenant que ce n’est pas en brandissant le poing à l’extérieur de la pièce qu’il sert le mieux les intérêts britanniques.
France/Banques FT Hugh Carnegy : Le rival de M. Sarkozy s’engage à vaincre les banques
Les banquiers français, à peine remis des attaques des marchés l’année dernière, se retrouvent l’objet de celles de François Hollande. Le leader du parti socialiste a promis en cas d’élection une série de mesures pour vaincre les banques : séparation des activités commerciales et d’investissement, interdiction des produits financiers non liés aux besoins de l’économie, interdiction pour les banques d’opérer dans les paradis fiscaux, restrictions sur les stock options et les bonus et imposition d’une taxe réelle sur toutes les transactions financières. L’intervention de M Hollande fait suite à l’engagement pris récemment par M. Sarkozy de mettre en place une taxe sur les transactions financières en France. Le gouvernement de centre-droit a également mis la pression sur les banques pour leur demander de limiter leurs bonus. Jusqu’à présent, l’establishment bancaire a évité de se laisser entraîner dans une querelle, mais plusieurs personnalités ont lancé des mises en garde contre l’introduction unilatérale d’une taxe sur les transactions financières. Les commentaires de M. Hollande au Bourget visaient à lui attirer le soutien de la gauche et à jouer de la réputation d’ami des riches de M. Sarkozy. Les attaques contre le secteur bancaire sont une tradition ancienne de la gauche française, mais M. Sarkozy s’y est associé. Au plus fort de la crise financière en 2008/ 09, il a convoqué 7 fois en un an les représentants des grandes banques. Selon un proche de M. Hollande, les propositions du dirigeant socialiste concernant la séparation des activités des banques seraient limitées, dans la ligne de la règle Volcker, et n’iraient donc pas aussi loin que celles proposées au Royaume-Uni. Le gouvernement de M. Sarkozy est opposé à une séparation. M. Sarkozy et M. Hollande prennent très au sérieux la taxe sur les transactions financières, mais pour le dirigeant socialiste elle doit être introduite en même temps que les autres pays européens. M. Sarkozy a reconnu lui-même qu’une décision unilatérale pourrait encourager le départ des activités financières de Paris. Le gouvernement français a l’habitude de rechercher les régulations qui favorisent les institutions françaises (NDR :le FT fait référence au document commun franco-allemand demandant un traitement spécial pour certaines banques).
Daily Telegraph (Diffusion : 603.901), conservateur, eurosceptique Times (Diffusion : 417.197), Groupe Murdoch, centre droit Financial Times (Diffusion : 345.077), libéral, pro-UE, mais critique sur les questions économiques et financières Independent (Diffusion : 133.449), centre gauche, libéral, écologiste, pro-UE Guardian (Diffusion : 230.541), centre-gauche, libéral, pro-UE Sun (Diffusion : 2.715.473), conservateur, eurosceptique Daily Mail (Diffusion : 1.998.363)1, conservateur, eurosceptique Daily Mirror (Diffusion : 1.118.120), travailliste Daily Express (Diffusion : 614.534), hostile au Labour et à l’Europe The Economist (Diffusion : 200.000), libéral Sunday Times (Diffusion : 967.990) Sunday Telegraph (Diffusion : 471.894) The Observer (Diffusion : 268.355) Independent on Sunday (Diffusion:130.942)
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