A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (24 AOUT)
ROYAUME-UNI
- Les prévisions économiques ne sont pas encourageantes, selon la Banque d’Angleterre, Sam Fleming, Grainne Gilmore, TIMES
Le Royaume-Uni court le risque réel de plonger dans une nouvelle récession, selon Martin Weale, un des membres du Comité de politique Monétaire de la Banque d’Angleterre. De l’avis de M. Weale, les prévisions de la Banque centrale - croissance de 2,8% en 2011 et 3,2% en 2012 - pourraient être trop optimistes. Une montée du chômage, une baisse des prix de l’immobilier et une autre crise bancaire sont parmi les dangers possibles. Alors que certains économistes craignent que le budget d’austérité ne porte atteinte à la reprise, M. Weale estime que la réduction de la dette pourrait avoir des effets positifs : notamment une baisse du coût de l’emprunt qui illustrerait la plus grande confiance du marché dans l’état des finances publiques. En accord avec la Banque d’Angleterre, M. Weale considère que les risques inflationnistes sont limités : l’indice des prix à la consommation devrait retomber en dessous de l’objectif des 2% d’ici deux ans.
TURQUIE
- Il faut mettre fin à l’hypocrisie et dire clairement les choses, Gideon Rachman, FINANCIAL TIMES
Depuis 2005, l’Union européenne et la Turquie négocient un traité qui devrait permettre à cette dernière d’entrer dans l’union. Mme Merkel et M. Sarkozy s’opposent à cette adhésion. Le gouvernement turc veut cependant encore rejoindre l’Europe. Ce serait effectivement une excellente chose, mais pour que cela se produise l’entrée de la Turquie doit se faire sur de nouvelles bases. Elle ne peut impliquer la totale liberté de circulation des personnes entre la Turquie et le reste de l’Europe. Créer des règles spéciales pour les Turcs serait jugé inéquitable et peut-être même raciste, mais la perspective d’une émigration massive en direction de l’Union serait impossible à faire accepter à l’électorat européen. Il suffit de voir les réactions déclenchées par l’élargissement : craintes de l’invasion polonaise au Royaume-Uni, récentes mesures en France contre les gitans, montée de l’extrême-droite aux Pays Bas. Il serait irresponsable de la part des dirigeants européens d’aller de l’avant avec l’adhésion de la Turquie sans régler la question de l’immigration. M. Cameron, lors de son récent voyage à Ankara, s’est fait le fervent avocat de cette adhésion mais, dès le lendemain, réitérait sa détermination à limiter le nombre des immigrés entrant au Royaume-Uni. Il est difficile de concilier ces deux positions. La Turquie aurait encore beaucoup à gagner en entrant dans l’Union même sans bénéficier d’une totale liberté de circulation. C’est une proposition qu’elle peut choisir d’accepter ou de rejeter. Mais c’est au moins une offre qui peut lui être faite en toute bonne foi.
FRANCE
- La rigidité du marché du travail est un plus grand problème que la crise budgétaire, éditorial, FINANCIAL TIMES
La France s’est mieux sortie de la crise que ses voisins. Christine Lagarde se retrouve cependant sur la défensive avec la révision à la baisse des prévisions de croissance économique et face à la performance de l’Allemagne qui a largement surpassé celle de ses partenaires au deuxième trimestre. La ministre des Finances française a des arguments qui se tiennent, et la crise a eu des effets positifs sur la France : le président Sarkozy veut à juste titre élever l’âge de la retraite et tailler dans les avantages du secteur public. Alors que la pression va monter avec la rentrée de septembre, le gouvernement doit tenir bon dans ses projets. Il doit aller plus loin aussi dans la réduction des impôts, et Mme Lagarde doit profiter de l’occasion pour réduire les dépenses. Toutefois, si la réduction du déficit budgétaire pose un réel problème à la France, ce n’est pas le plus grave : bien pire est en effet l’exclusion persistante d’une large partie de la population – en particulier les jeunes – de la vie active. Les règles rigides du marché du travail protègent les salariés mais sont en réalité un fléau pour l’économie et la société. Alors que la cicatrisation de la crise est en bonne voie, M. Sarkozy et Mme Lagarde ne doivent pas laisser cette plaie ouverte.
Financial Times (Diffusion : 390.203), libéral, pro-européen Times (Diffusion : 505.062), Groupe Murdoch, centre droit
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028