A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (2 septembre).
- Géorgie : Il faut être ferme avec la Russie, éditorial, SUN
L’Europe est divisée face à l’intervention russe en Géorgie. Gordon Brown a raison de demander une révision radicale des relations commerciales de l’Union avec Moscou. Mais la France, au nom de l’Europe, dit non. Une fois de plus, les partisans de la reddition ont le dessus, et M. Poutine s’en amuse. Personne ne veut faire la guerre aux gangsters qui dirigent le Kremlin, mais l’Europe a appris à ses dépens que vouloir apaiser ceux qui vous intimident rend une guerre plus vraisemblable, plutôt que le contraire.
- Géorgie : La Russie exploite les divisions de l’Europe, Bronwen Maddox, TIMES
En dehors d’un accord sur l’envoi d’observateurs en Géorgie, le sommet de Bruxelles a manqué de consistance, reflétant les divisions de l’Europe (entre l’Allemagne qui recule devant toute provocation et le Royaume-Uni qui demande davantage d’action). L’Union devrait pourtant mettre au point son approche envers la Russie. Elle ne peut continuer à ménager la chèvre et le chou comme cela s’est passé lors du sommet de Bucarest. Les vagues promesses faites à la Géorgie et à l’Ukraine ont indiqué à Moscou que l’OTAN n’était pas prêt à prendre des engagements. Les Géorgiens n’ont pas tort lorsqu’ils affirment que la Russie y a vu un feu vert pour son action. Les dirigeants européens se sont certes mis d’accord sur les observateurs mais ils sont restés vagues sur le reste. Le Royaume-Uni est, avec les Etats baltes, un des pays à hausser le ton, mais il recule encore à défendre l’ouverture rapide de négociations pour l’entrée de la Géorgie et de l’Ukraine dans l’Alliance. La conduite de la Russie montre qu’elle sait faire bon usage de l’indécision des autres.
- Géorgie : L’Europe prend conscience des réalités de la Russie moderne, éditorial, GUARDIAN
Il n’y avait pas à attendre de solution miracle du sommet de Bruxelles. Mais ce serait une erreur que d’y voir un échec. Les dirigeants européens se sont montrés prudents, mais ils se sont mis d’accord. Il ne s’agit pas d’une répétition du sommet de 2003 qui avait vu l’affrontement entre la vieille et la nouvelle Europe à propos de l’invasion en Irak. Il est bon de se souvenir que ce sont les adversaires d’une intervention qui avaient vu juste : ce n’est pas toujours un signe de faiblesse que de reculer devant la confrontation. La rencontre d’hier a montré que l’Union européenne est en train de s’éveiller aux réalités de la Russie moderne. Il y a beaucoup à craindre, mais il ne s’agit pas d’une lutte entre le bien et le mal, entre la démocratie libérale et l’autocratie. Le pire résultat pour l’Europe serait la division, mais une action spectaculaire qui n’aboutirait à rien serait tout aussi négative. Pour le moment, l’Union doit offrir de l’aide, des observateurs, une diplomatie détaillée et de la détermination. Il faudra sans doute que l’UE évalue avec précision la menace russe, mais le Conseil européen n’est pas la bonne enceinte pour cela.
- Royaume-Uni : De nouvelles idées ne feront pas changer d’avis les électeurs, Peter Riddell, TiMES
Le renvoi d’Alistair Darling ne résoudrait pas les problèmes de Gordon Brown. Il pourrait même les aggraver. Trois facteurs sont à prendre en considération : le Premier ministre et le Chancelier de l’Echiquier ont-ils irrémédiablement perdu confiance l’un dans l’autre ? Probablement pas encore. M. Darling a-t-il perdu la confiance du public, de la City et des chefs d’entreprises ? Il est en tous cas fort vulnérable sur ce point. Y-a-t-il un successeur crédible pour le poste de Chancelier de l’Echiquier ? Pas vraiment. Les derniers sondages montrent l’importance de la déception du public à l’égard du Labour et de M. Brown, et cela va bien au-delà de M. Darling. Alors même que le Premier Ministre se prépare à une offensive pour la relance de l’économie, les électeurs restent sceptiques. Ils souhaitent de nouvelles mesures pour aider les plus démunis et le marché de l’immobilier, mais pour la majorité ne pensent pas que cela améliorera réellement la situation économique. Les Britanniques ne croient plus dans le gouvernement Brown et quoi que celui-ci dise ou fasse ne les fera probablement pas changer d’opinion.
Times (Diffusion : 657 301), Groupe Murdoch, centre droit, mais a soutenu Tony Blair Sun (Diffusion : 3 118 696), Groupe Murdoch, a soutenu le nouveau Labour et Tony Blair Guardian (Diffusion : 378.501), centre-gauche, libéral, pro-européen
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin@diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028