A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE
02 mail 2006
- Iran : "La meilleure option reste la négociation", éditorial, FINANCIAL TIMES
Il est alarmant de voir que, face à la "provocation" de Téhéran, le difficile consensus liant les Etats-Unis, l’Union Européenne, la Russie et la Chine commence à se fissurer. La tâche la plus urgente de la communuté internationale est d’empêcher une confrontation totale. Les menaces émanant de Washington ne semblent que réjouir les Iraniens : quels que soient les sentiments de ces derniers à l’égard de leurs dirigeants, ils estiment que leur pays a le droit d’acquérir la technologie et la dissuasion, et le Président iranien comprend cela très bien. Dissuader l’Iran dans ces conditions semble difficile. Il pourrait être réaliste de la part du Conseil de Sécurité de menacer d’isoler Téhéran à condition d’associer la carotte et le bâton. L’Iran doit rassurer la communauté internationale par une totale transparence sur ses ambitions nucléaires. En échange, il faudrait lui donner une garantie en matière de sécurité (notamment exclure toute invasion américaine).
- « Le parti travailliste concentre ses efforts sur des questions clés afin d’éviter un échec électoral », James Blitz, FINANCIAL TIMES
Les élections de jeudi prochain s’annoncent très difficiles pour les Travaillistes. En effet les sondages se sont dégradés : selon le Sunday Times et le Mail on Sunday, le parti travailliste se tiendrait trois points derrière les conservateurs qui obtiendraient 35% des intentions de vote. Le Labour pourrait ainsi perdre 200 sièges, seuil considéré comme dangereux pour la poursuite du mandat de Tony Blair. Pour ajouter à la fragilité de la position du Premier Ministre, les backbenchers travaillistes appellent publiquement à la démission de Charles Clarke et de John Prescott, alors que ce dernier continue à les soutenir. Tony Blair aurait l’intention de remanier son cabinet après les élections de jeudi.
- « Quel futur pour l’équipe de Blair et l’ami des malfrats étrangers ? » Peter Riddell, THE TIMES
L’isolement politique auquel Tony Blair fait actuellement face, ressemble à de nombreux égards à celle connue par Margaret Thatcher lors de son troisième mandat. Après avoir perdu Peter Mandelson, Alan Milburn et David Blunkett, et trouvé ses proches Kelly et Jowell fragilisés, un nouveau coup dur a frappé Tony Blair du fait des polémiques égrenées autour de Clarke et Hewitt. John Prescott, même il ne s’est jamais reconnu comme réel « blairiste », à su jouer le rôle de lien entre l’ancien et l’actuel Labour, ainsi que celui de médiateur privilégié entre M. Blair et Gordon Brown lorsque leurs relations s’étaient gravement envenimées. Malgré son rôle de « gardien de la transition », ainsi que de « bouclier » et « pont » selon les termes du Times, auprès du Premier Ministre avec lequel il travaille depuis 12 ans, la publicité faite autour de son « affaire » n’empêcherait en aucun cas sa démission. Quoiqu’il en suit, Tony Blair aura pour objectif sa propre survie politique. Il n’hésitera pas à se séparer de ses proches si cela est nécessaire, comme il l’a fait déjà dans le passé.
- « Nous ne pouvons plus échapper à la question de l’immigration », Editorial, THE DAILY TELEGRAPH
Le problème de l’immigration légale et non-légale apparaît comme l’un des enjeux essentiels de nos grandes démocraties. La comparaison entre les politiques d’immigrations françaises et américaines est frappants. En effet, par son slogan « Aimez la France ou quittez la », Nicolas Sarkozy tend à limiter l’immigration non-légale et favoriser l’intégration en proposant une « immigration choisie pour une intégration réussie ». Cependant, autant la France et les Etats-Unis doivent faire face aux mêmes phénomènes de ghettoisation et d’insertion, autant l’esprit de leurs immigrants peut être largement opposées. Selon le Daily Telegraph, les immigrants des Etats-Unis souhaitent devenir de véritables Américains et s’intégrer dans cette société, alors que les « sans-papiers » français refuseraient de participer à l’idée française d’identité et par là même, de s’intégrer. La Grande Bretagne se doit elle aussi de s’interroger sur ce problème grandissant. Le gouvernement apparaît pour le moment indécis quant au type de politique à prendre. S’il est vrai que cette immigration, de par les emplois qu’elle occupe, favorise la qualité des services britanniques, il n’empêche que la question de la criminalité elle aussi se pose. Si les hommes politiques n’utilisent pas les mêmes slogans que Nicolas Sarkozy, il apparaît cependant que la population britannique n’en pense pas moins.