A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (19 août).
- Géorgie : L’invasion russe était totalement injustifiée, Tribune de David Miliband, TIMES
Les actions de la Russie sont indéfendables : par son intervention militaire, elle a violé plusieurs résolutions du Conseil de sécurité qu’elle avait acceptées, notamment la résolution 1808, passée en avril, qui réaffirmait la souveraineté de la Géorgie. Contrairement à la Tchétchénie et au Zimbabwe, Moscou a protesté contre « l’interférence » de la communauté internationale dans les affaires internes de pays souverains. En l’occurrence, la Russie a violé la souveraineté d’un Etat voisin démocratique. Lors de la réunion des Ministres des Affaires étrangères de l’OTAN, j’appellerai au soutien de la Géorgie. Nous devons réaffirmer notre engagement pour la défense de l’intégrité territoriale de ce pays et le règlement du conflit. Nous devons confirmer les promesses faites à la Géorgie et à l’Ukraine au sommet de Bucarest pour leur entrée dans l’OTAN. Concernant la Russie, nous devons nous montrer réalistes : nous avons des intérêts communs, que ce soit en matière d’énergie, de commerce ou de politique envers l’Iran. Avec une population en déclin et une économie guère plus importante que celle de l’Espagne, la Russie a besoin de partenaires. Nous sommes prêts à l’accueillir dans l’OMC si elle accepte les règles du jeu. Le G8 a besoin de réformes mais il n’est pas souhaitable d’en exclure la Russie : cela alimenterait le ressentiment et le revanchisme. Il faut au contraire utiliser le G8 pour coopérer avec la Russie, sur le changement climatique et le désarmement nucléaire par exemple. Mais nous devons être prêts à revenir au G7 si Moscou ne respecte pas le droit international et nos valeurs.
- Pakistan : Il faut trouver rapidement un nouveau président et lui conférer des pouvoirs réels, éditorial, TIMES
Le Pakistan se trouve à un moment critique. Rarement un vide politique a été aussi dangereux. Ce pays de 160 millions d’habitants, qui dispose d’un arsenal nucléaire, a tout pour mal tourner : politique scissipare, inégalités sociales, rivalités tribales, extrémisme, corruption et gouvernement faible. Il existe pourtant une importante classe moyenne, largement urbaine, qui a rejeté les partis islamistes aux dernières élections et qui a permis au Pakistan de rester attaché à la modération et aux valeurs démocratiques. La coalition actuelle est fragile. Pour éviter que l’impasse politique ne se prolonge, il faut trouver au plus vite un remplaçant au président Musharraf. Le nouveau président devra avoir de réels pouvoirs, car le système hybride actuel ne ferait que prolonger l’incertitude alors que le pays a besoin de leadership et de continuité. La position de l’armée doit enfin être clarifiée : son rôle est essentiel pour la guerre en Afghanistan, les luttes tribales, le terrorisme au Cachemire et la détente avec l’Inde. Si les dirigeants politiques ne peuvent se mettre d’accord sur un président à qui il sera conféré les pouvoirs nécessaires pour être efficace, ils devront tenir de nouvelles élections.
- Irak : Les Etats arabes doivent se rapprocher de Bagdad, Roula Khalaf, FINANCIAL TIMES
La semaine dernière, le roi de Jordanie a été le premier chef d’Etat arabe à se rendre à Bagdad depuis la guerre de 2003. Cette visite reflète une nouvelle tendance diplomatique : plusieurs Etats arabes sunnites ont annoncé ces derniers mois la réouverture de leurs ambassades en Irak. La route sera longue et chaotique. Mais, craignant qu’un retrait des troupes américaines n’accroisse l’influence iranienne en Irak, les Etats arabes décident de reconnaître le gouvernement chiite de Bagdad et estiment nécessaire de promouvoir avec davantage de vigueur la réconciliation des chiites et des sunnites. Le retour des Arabes en Irak reste néanmoins hésitant : l’Arabie saoudite ne participe pas encore au mouvement et, sans la participation des Saoudiens, l’ouverture n’ira pas très loin. Pour contribuer à la stabilité de l’Irak, la diplomatie arabe doit donc être plus dynamique et plus convaincante, tout en restant réaliste. Il serait stupide de la part des Etats arabes d’espérer la fin de l’influence iranienne. L’objectif doit être un renforcement du gouvernement chiite pour lui permettre de gouverner le pays et de se débrouiller tout seul. Pour cela, l’Irak a besoin avant tout de réconciliation nationale. La contribution des Etats arabes doit être d’encourager le dialogue entre l’Irak et ses voisins mais aussi entre les partis irakiens.
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Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin@diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028