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Mardi 17 janvier 2012 - Zone euro, France/Triple A, France/Front National

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (17 JANVIER 2012)

SYNTHESE

- Les UNES traitent des sujets les plus variés. En politique intérieure, trois thèmes retiennent l’attention de la presse : le FINANCIAL TIMES revient sur le référendum en Ecosse qui, selon un conseiller d’Alex Salmond, ne sera légal qu’avec l’aval de Westminster ; le FINANCIAL TIMES évoque également le projet de George Osborne de faire de la City un centre offshore pour les échanges de monnaie chinoise, mais ne cache pas son scepticisme sur son degré de convertibilité : « ce n’est pas encore demain que les rues de Londres seront pavées de renminbi » (titre de l’éditorial) ; enfin, les propositions de Nick Clegg sur la participation des employés à l’actionnariat des entreprises suscitent peu d’enthousiasme.

- Sur la zone euro, la dégradation de la note du FESF par Standard and Poor’s et les négociations sur la participation du secteur privé au sauvetage de la Grèce sont traitées en pages intérieures. Seul l’INDEPENDENT mentionne l’évaluation de Moody’s sur la note de la France et le bon déroulement des émissions obligataires d’hier. Le FINANCIAL TIMES publie en UNE une interview de Mario Monti appelant l’Union européenne à montrer sa solidarité envers les pays qui font des efforts. Dans un éditorial, le DAILY TELEGRAPH accuse les dirigeants européens de « refuser de voir la réalité en face » et de traiter la crise comme un problème de liquidités, alors qu’il s’agit d’un problème de compétitivité. Dans un éditorial également, le GUARDIAN insiste sur le besoin de solidarité au sein de l’Europe pour résoudre la crise et craint une divergence de positions entre la France et l’Allemagne – maintenant que les deux pays ont des notes différentes – ce qui serait selon lui préjudiciable à une solution.

- Le FINANCIAL TIMES rend compte de la visite de M. Sarkozy à Madrid et du soutien de l’Espagne à une taxe sur les transactions financières, le journal rappelant son opposition à ce projet. Le FT revient également sur la polémique que suscite en France la perte du triple A.

- En politique internationale, deux sujets dominent, mais seulement dans des articles factuels : la situation au Pakistan et la Syrie (reportages auprès d’opposants au régime dans le GUARDIAN et le TIMES).

- Sur la France, le FINANCIAL TIMES appelle dans un éditorial les hommes politiques de gauche comme de droite à faire tout leur possible pour contrer le Front National et freiner son avancée. Le GUARDIAN évoque un « gentleman’s agreement » datant de 1995, en vertu duquel les enfants entrés clandestinement au Royaume-Uni par Douvres et ne demandant pas asile dans les 24 heures sont renvoyés en France.

Zone euro

Guardian Editorial : Le noyau se rétrécit

Si le projet européen peut se résumer en un mot, ce doit être probablement celui de solidarité. Il est évident depuis le commencement que c’est exactement ce qu’il faut pour résoudre la crise de la zone euro. Pourtant, jusqu’à présent, la vraie solidarité ne se manifeste guère. Quelques Etats membres brandissent le carnet de chèques d’un côté et le fouet de l’autre. Nous avons bien les disciplines communes, mais aucun des engagements communs et pas de coordination. Un régime de retranchement déséquilibré a conduit l’Europe vers une nouvelle récession. Même avant la baisse de la note, par Standard and Poor’s, de plusieurs Etats membres de la zone euro, les démons financiers devenaient de plus en plus difficiles à contenir. Les avertissements de l’agence de notation ne font qu’ajouter aux inquiétudes sur le plan économique. Pour les dirigeants nationaux qui dépendent de l’opinion de leurs électeurs, ce sont toutefois les inquiétudes politiques qui leur semblent plus pressantes. Les marchés n’ont peut-être pas accordé une importance considérable à une mauvaise nouvelle qui était attendue, à savoir la baisse de la note de la France. Nicolas Sarkozy ne peut pas en faire autant : le président de la République doit regretter le jour où il a associé le triple A à la bonne gestion économique de la France. La décision de Standard and Poor’s représente un sérieux revers pour un leader qui va affronter ses électeurs dans quelques mois. La perte du triple A, qui impose une pression sur Paris, pousse Berlin dans une direction totalement différente. Jusqu’à présent l’Europe du nord imaginait que dans le pire des cas, si les pays de la Méditerranée ne pouvaient pas tenir le coup, un large bloc resterait centré sur la France et l’Allemagne. Si ces deux pays commencent à envisager des avenirs différents, leurs intérêts vont diverger. Leur leadership commun partira en fumée. Nous n’en sommes pas encore là, mais nous nous en rapprochons dangereusement.

France/Triple A

FT Hugh Carnegy : « la dette de Sarkozy » sous le feu des attaques après la perte du triple A

La perte du triple A de la France a déclenché une attaque féroce des adversaires de M. Sarkozy qui attribuent au président de la République la responsabilité du fort accroissement de la dette du pays qui est à la base de la décision de Standard and Poor’s. Selon Laurent Fabius, la baisse de la note de la France, c’est en fait « la baisse de la note de Sarkozy », qui a augmenté de 600 milliards d’euros la dette du pays durant son mandat. Les propos de l’ancien Premier ministre socialiste ont suscité une vive réaction de Valérie Pécresse, ministre du budget, qui a souligné que les gouvernements socialistes passés ont largement contribué à endetter la France en période de croissance. « Nous n’acceptons aucune leçon de la gauche sur la question », a déclaré Mme Pécresse au FT. Le FINANCIAL TIMES relève cependant la nette détérioration des finances publiques de la France depuis 2007 : le déficit budgétaire est passé de 2,7% du PIB cette année là à 7,5% en 2009. Selon Standard and Poor’s, les hausses d’impôts et les réductions de dépenses annoncées ces derniers mois par le gouvernement risquent de ne pas être suffisantes pour ramener le déficit à 3% en 2013 si la croissance tombe en-dessous des prévisions. Les adversaires du gouvernement estiment que la situation a été aggravée par une série de mesures prises par M. Sarkozy au début de son mandat : aide à l’chat d’un premier appartement, allégements fiscaux pour les entreprises familiales, baisse de la TVA pour les restaurants. La gauche critique également le président de la République pour le bouclier fiscal qui favorise les Français les plus riches. M. Hollande a promis, s’il est élu, de poursuivre la politique de réduction du déficit, dans le but de son élimination d’ici 2017.

France/Front National

FT Editorial : Les dirigeants politiques doivent faire davantage pour contenir l’extrême-droite

La nature a horreur du vide, mais l’extrême-droite française a toutes les raisons de s’en délecter. L’absence de vision et de leadership cohérent, aussi bien à droite qu’à gauche à l’approche des élections, fait le jeu de Marine Le Pen qui recueille de 17% à 20% des voix dans les sondages. Marine Le Pen a réussi à transformer l’image de son parti, et son programme économique vise à « normaliser » le Front National. Mais au fond il s’agit toujours du même parti, intolérant, irresponsable au plan économique et dangereusement protectionniste. Il faut espérer que, comme en 2002, la perspective d’un gouvernement d’extrême-droite en France rallie le pays derrière les principaux partis. C’est toutefois l’échec de ces derniers qui explique le succès actuel de Marine le Pen : les classes laborieuses se sentent abandonnées par des partis préoccupés par leurs divisions internes. Le président Sarkozy a fort à faire car ses campagnes sur l’identité nationale pour regagner les électeurs ont échoué. Il doit s’opposer aussi aux initiatives de certains députés UMP tentés par une alliance avec le FN lors des législatives. Cela ne ferait que légitimer ce parti. Les socialistes ne doivent pas non plus se retrancher derrière un problème qu’ils estiment concerner seulement la droite. M. Hollande peut difficilement se targuer d’un mandat national s’il est seulement élu pour faire obstacle au FN. Pas plus que M. Sarkozy il n’a sérieusement attaqué le programme de Marine le Pen. Ils ne doivent plus tarder s’ils veulent empêcher sa progression.

Daily Telegraph (Diffusion : 603.901), conservateur, eurosceptique Times (Diffusion : 417.197), Groupe Murdoch, centre droit Financial Times (Diffusion : 345.077), libéral, pro-UE, mais critique sur les questions économiques et financières Independent (Diffusion : 133.449), centre gauche, libéral, écologiste, pro-UE Guardian (Diffusion : 230.541), centre-gauche, libéral, pro-UE Sun (Diffusion : 2.715.473), conservateur, eurosceptique Daily Mail (Diffusion : 1.998.363)1, conservateur, eurosceptique Daily Mirror (Diffusion : 1.118.120), travailliste Daily Express (Diffusion : 614.534), hostile au Labour et à l’Europe The Economist (Diffusion : 200.000), libéral Sunday Times (Diffusion : 967.990) Sunday Telegraph (Diffusion : 471.894) The Observer (Diffusion : 268.355) Independent on Sunday (Diffusion:130.942)

Lydie Naudin, attachée de presse (Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr) Tel : 00 44 (0) 207 073 1028