A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (17 AOUT)
ROYAUME-UNI
- Les libéraux-démocrates doivent apprendre à vivre avec le pouvoir, éditorial, DAILY TELEGRAPH
Nick Clegg n’est pas à la tête du pays même s’il assure l’intérim durant les vacances du Premier ministre. Il a cependant l’occasion de montrer ce qu’il vaut, et il en a bien besoin : la popularité des libéraux-démocrates a souffert du fait de leur participation à la coalition. M. Clegg comptait sur ces deux semaines pour rassurer les militants de son parti déçus de l’alliance avec les conservateurs. Il a agi dans ce sens lorsqu’il a déclaré préférer voir l’argent dépensé en prestations sociales plutôt que dans le remplacement des Trident (dissuasion nucléaire). De tels propos sont dangereux. La coalition a connu une longue période de lune de miel en partie grâce aux bonnes relations personnelles entre M. Clegg et M. Cameron. Il n’y a pas de raison pour que cela ne continue pas. Le danger pourrait venir du parlement : la réforme du système électoral risque de susciter des remous dans les rangs conservateurs, tandis que les restrictions budgétaires seront jugées insupportables par bien des libéraux-démocrates. Les dissidents ne doivent cependant pas perdre de vue que la coalition s’est montrée jusqu’à présent radicale, énergique, transparente et professionnelle. Avant l’élection M. Cameron avait promis un gouvernement à « l’efficacité tranquille ». Il a tenu parole.
- Don de Tony Blair : culpabilité, piété ou un mélange des deux ? Michael White, GUARDIAN
L’annonce que Tony Blair va reverser à la Légion britannique (association de soutien aux invalides de guerre) tout l’argent que lui rapportera la publication de ses mémoires (plus de 5 millions de livres sterling) va peut-être réjouir certains travaillistes. Cela ne calmera pas la colère de tous ceux qui pensent que l’ancien Premier ministre doit être jugé pour crimes de guerre. Certains de ses proches admettent en privé que M. Blair cherche à restaurer une réputation endommagée par ses activités lucratives et à se faire pardonner les conséquences d’une politique étrangère interventionniste. Il ne faut cependant pas y voir une excuse à propos de la guerre en Irak. Durant son témoignage lors de l’enquête Chilcot, l’ancien Premier ministre n’est pas allé plus loin que de déclarer que des erreurs ont été commises. M. Blair a mis sur pied plusieurs fondations qu’il aide à financer par une activité frénétique. Est-il motivé par la culpabilité ou la piété chrétienne ? Un peu des deux peut-être.
FRANCE
- M. Sarkozy réveille les souvenirs de la Gestapo, Charles Bremner, TIMES
Sous la plume de son correspondant à Paris, le TIMES évoque l’offensive du gouvernement contre les « Roms ». Si elle est populaire selon les sondages, elle a été comparée aux rafles de la Gestapo par un député, écrit le journa,l qui rappelle la réaction d’une commission de l’ONU la semaine dernière à Genève sur la résurgence du racisme en France ainsi que les propos de M. Cohn-Bendit qui accuse M. Sarkozy de prendre les Français pour des imbéciles.
M. Bremner estime que le président de la République a pris un risque en faisant plus que jamais le rapprochement entre la criminalité et les étrangers : dans son dernier discours après les émeutes de Grenoble, « il a adopté des accents xénophobes rappelant M. Le Pen ». Alors qu’il avait rallié les voix des électeurs d’extrême-droite en 2007, ces derniers sont aujourd’hui déçus et risquent de revenir vers le Front National. De plus, M. Sarkozy risque de s’aliéner le centre-droit dont il a besoin pour remporter les élections de 2012. « Certains députés de l’UMP se déclarent en privé, et même en public, atterrés par ce qu’ils perçoivent comme une campagne destinée à stigmatiser les émigrés et les gitans en les tenant pour responsables des maux sociaux de la France ».
Guardian (Diffusion : 284.514), centre-gauche, libéral, pro-européen Daily Telegraph (Diffusion : 685.177), conservateur, eurosceptique Times (Diffusion : 505.062), Groupe Murdoch, centre droit
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028