A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (16 FEVRIER)
- Afghanistan : Le temps presse pour les Etats-Unis et l’OTAN, Simon Tisdall, GUARDIAN
L’opération Moshtarak se heurte à plusieurs obstacles. Les chefs militaires talibans semblent avoir retiré la plupart de leurs hommes face à l’offensive des alliés, tout en étudiant les tactiques de leurs adversaires et en cherchant leurs points faibles. Si elles ne sont pas embourbées, combien de temps les troupes britanniques et américaines resteront-elles sur place avant de se rendre sur d’autres fronts ? On peut se demander si cette offensive ne fait pas que déplacer le problème. Les chefs de tribus et les civils n’accepteront la supériorité du contrôle d’un gouvernement afghan sur celui des Talibans que s’ils font confiance à la police et aux autorités locales. Le calendrier concernant la transition reste encore très vague dans les régions déjà stabilisées, et c’est encore plus vrai pour la province d’Helmand, car personne ne sait honnêtement combien de temps cela va prendre. Les Talibans savent bien que, pour des raisons électorales, les Américains commenceront à retirer leurs troupes vers 2011. Gordon Brown a plus ou moins les mêmes intentions. Les seigneurs de la guerre savent aussi que s’ils ne peuvent se mettre d’accord avec le président Karzai, ils n’auront plus qu’à attendre. Cette dernière offensive n’est que le début d’une course contre la montre, une chance pour M. Obama d’échapper à cette « guerre de nécessité », tout en conservant à peu près son honneur. Mais c’est une course que les Etats-Unis et l’OTAN semblent condamnés à perdre.
- Iran : La politique du désespoir, éditorial, INDEPENDENT
Il est ironique de voir Hillary Clinton faire la tournée des régimes autoritaires du Golfe pour obtenir leur soutien face à la « dérive vers la dictature » de l’Iran » : cela montre à quel point l’administration Obama revient à l’approche de George Bush. C’est une politique qui résulte autant du désespoir que d’une analyse rationnelle. La réalité, c’est que le président américain n’a pu faire aboutir aucun de ses espoirs au Proche Orient : un accord sur le conflit israélo-palestinien est plus éloigné que jamais, et les négociations sur le programme nucléaire iranien sont dans l’impasse. Des sanctions ciblées contre Téhéran pourront sûrement toucher davantage l’élite militaire, mais elles ne feront probablement pas changer l’attitude du gouvernement. Les Etats arabes sont certainement inquiets des ambitions nucléaires de l’Iran, mais ils ne sont pas nécessairement prêts à l’affronter directement au nom des Américains. Ce dont Washington a besoin, et ce que souhaite le monde arabe, c’est une nouvelle réflexion sur le Proche Orient. Relancer les anciens projets du président Bush – l’affrontement entre les pays arabes et l’Iran, entre Sunnites et Chiites – n’est pas la bonne réponse.
FRANCE
- Union européenne : Le sexisme des Français responsable des attaques contre la baronne Ashton, Vanessa Mock, INDEPENDENT
Selon la correspondante du journal à Bruxelles, la responsable de la politique étrangère de l’Union européenne a perdu de sa crédibilité à la suite d’une série d’attaques qui ont commencé dans la presse française. Ce qui, au départ, pouvait être la conséquence d’une erreur de jugement (la décision de M. Ashton de ne pas se rendre en Haïti après le tremblement de terre), se transformerait aujourd’hui en attaque personnelle, parce qu’elle est une femme et britannique de surcroît.
- Réforme du régime des retraites :
Peggy Hollinger du FINANCIAL TIMES annonce le lancement d’une réforme « impopulaire », un des plus grands défis auquel est confronté le président Sarkozy. Le journal souligne que les deux principaux syndicats français reconnaissent la nécessité d’un changement mais qu’ils sont divisés sur la solution.
Guardian (Diffusion : 378.501), centre-gauche, libéral, pro-européen Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen Independent (Diffusion : 257 036), centre gauche, libéral, écologiste, pro-européen
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028 Les articles numérisés sont en pièce jointe