Le président Nicolas Sarkozy a invité hier les chefs d’Etat et de gouvernements des Etats membres de l’Union Européenne à rencontrer leurs homologues du Sud lors d’une conférence à Paris pour créer un nouveau partenariat euro-méditerannéen. L’idée même n’est pas critiquable : beaucoup de difficultés européennes trouvent leur origine sur la côte sud de la Méditerranée : immigration illégale, extrémisme islamiste, trafic de drogue. Le développement des échanges économiques entre les deux rives, notamment via l’augmentation des investissements européens au sud et la diminution des barrières douanières, permettrait de lutter contre la pauvreté de la région (2600 dollars de PIB/habitant) et son taux de chômage qui stagne à 30%. Au-delà des grandes déclarations, des mesures utiles ont été annoncées hier : Le nettoyage des mers, le développement des voies maritimes, de l’énergie solaire et des échanges étudiants. La réunion a aussi permis au président syrien d’échapper à l’étreinte suffocante de l’Iran, d’apparaître comme un partenaire des pays de l’Ouest et d’avancer dans les discussions de paix avec le Liban. La question reste ouverte de savoir si cette réunion débouchera sur de réelles institutions mais au final les voisins des deux rives de la Méditerranée, séparés depuis longtemps, ont enfin été rapprochés.
Nicolas Sarkozy a délivré un message de paix aux 42 chefs d’Etat présents pour le lancement de l’Union Méditerranéenne. L’objectif du sommet de Paris était d’amorcer une normalisation des relations entre les pays de la Méditerranée et d’officialiser le projet d’Union Pour la Méditerranée. Soupçonné de vouloir diviser l’UE en zones d’influence : l’Est de l’Europe serait pour l’Allemagne et le Sud pour la France, le Président français a du faire des concessions sur son projet qui sera initialement axé sur le développement de l’énergie solaire au Maghreb, des ports et des infrastructures de transport, et l’augmentation des échanges universitaires. L’union serait dirigée par un secrétariat Franco-égyptien. Ce sommet aura permis à M. Sarkozy de faire oublier ses difficultés intérieures pour se présenter comme un leader international.
Les forces armées britanniques sont complètement débordées en Irak et en Afghanistan. Tout le monde s’accorde sur leur besoin d’équipements, mais il n’y a en revanche aucun consensus sur les ressources à utiliser pour y parvenir. La Grande-Bretagne n’est pas seule confrontée au dilemme d’une armée dont les moyens ne concordent pas avec les ambitions. Nicolas Sarkozy a été critiqué par ses généraux pour avoir proposé de réorganiser en profondeur les forces armées françaises. On l’a même accusé d’abandonner le leadership de l’Europe militaire à la Grande-Bretagne. Une partie de la solution est de travailler plus étroitement ensemble. La volonté de M. Sarkozy de réintégrer la France dans la structure militaire de l’OTAN a apaisé les craintes américaines. Là est la chance de M. Brown car ce changement de position des Etats-Unis place les Conservateurs de David Cameron en mauvaise posture. M. Cameron préfèrera-t-il augmenter les taxes pour payer des avions ravitailleurs et de transport plutôt que de les acheter avec la France ? La France et la Grande-Bretagne ont besoin l’une de l’autre. Il est temps de trouver un accord.
Il est difficile de s’accorder sur les effets probables de l’accusation de génocide formulée hier par la CPI à l’encontre du dirigeant du Soudan, Omar al-Bashir. Cela fragilise la stabilité politique du pays, soulevant la menace de nouvelles atrocités. Le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, a pris ses distances vis-à-vis de la CPI, soulignant son indépendance vis-à-vis de l’ONU. Pourtant, pour beaucoup au Soudan, la CPI est téléguidée par les Etats Unis. Bashir ne la reconnaît pas et son impact est faible. En outre, tout comme avec le Zimbabwe, les divisions de la communauté internationale diminuent le poids de la CPI. L’administration Bush a ainsi une position ambivalente sur le Soudan, encourageant la réforme démocratique sans pour autant envisager de changement de régime. La situation au Soudan et le rôle de la CPI n’en apparaissent que plus confus.