A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (12 août).
- Géorgie : Quatre jours de silence qui condamnent le Royaume-Uni, éditorial, DAILY TELEGRAPH
Pourquoi a-t-il fallu attendre quatre jours une déclaration officielle de Gordon Brown condamnant les actions de la Russie en Géorgie et appelant au cessez-le-feu ? Où se trouve donc David Miliband ? Le Premier ministre et le Secrétaire au Foreign Ofice n’ont pas demandé mieux que de laisser M. Sarkozy, M. Bush et les autres dirigeants mondiaux prendre les devants. Cela en dit long sur le rôle que le gouvernement britannique entend jouer sur la scène internationale. Mais pour la Russie, le silence équivaut à la complicité et les molles dénonciations à de la faiblesse. Moscou en a déjà profité pour poursuivre plus avant son action en Géorgie. Même si le président Saakashvili a commis une erreur, la réponse du Kremlin n’en reste pas moins un acte d’agression illégale contre une nation libre, assez peu différent de l’invasion soviétique en Tchécoslovaquie il y a quarante ans. C’est une action qu’il faut dénoncer et contre laquelle il faut réagir. David Cameron suggère une accélération du processus d’admission de la Géorgie dans l’OTAN. C’est peut-être une proposition dénuée de sens dans la mesure où le pacte de défense mutuelle ne fonctionnerait pas s’il signifiait une guerre avec la Russie. Mais elle pourrait clairement signifier à Moscou qu’il ne peut en toute impunité agir en violation du droit international. L’histoire de l’Europe nous a appris ce qu’il en coûte de chercher à apaiser les tyrans.
- Géorgie : L’élargissement de l’OTAN et la défense antimissile des Américains expliquent la réaction de la Russie, Catherine Belton, Quentin Peel, FINANCIAL TIMES
Selon la ligne officielle de Moscou, l’intervention militaire russe en Géorgie ne vise qu’à rétablir la paix en Ossétie du sud et à défendre la population locale. Mais peu d’analystes pensent que les objectifs du Kremlin sont aussi limités. Pour la plupart des observateurs, les derniers événements ont pour but de réaffirmer l’autorité de la Russie dans le Caucase, de faire en sorte que la Géorgie n’entre jamais dans l’OTAN et de clairement signaler aux autres, notamment à l’Ukraine, qu’ils ne peuvent guère espérer rejoindre l’Alliance. Les Russes ne seraient pas mécontents de se débarrasser de M. Saakashvili, mais ils se soucient davantage de l’élargissement de l’OTAN et des projets américains de défense antimissile. Un spécialiste des affaires du Kremlin se déclare persuadé que Moscou rejettera les propositions françaises de cessez-le-feu. Il prédit aussi que ce conflit pourrait préparer la voie à un retour de M. Poutine à la présidence car, « en temps de crise, il faut un leadership ferme ».
- Géorgie : Le plan de paix français, Peggy Hollinger, Bertrand Benoit, FINANCIAL TIMES
Le FINANCIAL TIMES, dans un article factuel, analyse les propositions de cessez-le-feu de la France, précisant que le président Sarkozy entend se rendre à Moscou pour persuader M. Poutine et M. Medvedev de les accepter. Le journal mentionne également la réunion des Ministres des Affaires étrangères demain à Bruxelles, mais ajoute que les membres de l’Union restent divisés sur l’ampleur des critiques à adresser à Moscou. Le FT relève notamment que l’Allemagne se montre prudente et cherche à ne pas prendre la Russie de front, mais il souligne aussi qu’un porte-parole du gouvernement a déclaré que Berlin soutient totalement les efforts de médiation de la France.
Daily Telegraph (Diffusion : 901 428), conservateur, eurosceptique Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin@diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028