(Bruxelles, 22 juillet 2008)
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Q - Monsieur Kouchner, vous avez dit que l’arrestation de M. Karadzic est un bon signe mais concrètement comment cela peut aider la Serbie pour accélérer son accès à l’Union européenne ?
R - Pour adhérer à l’Union européenne il faut d’abord être candidat et pour être candidat il faut s’accorder avec un certain nombre d’exigences, liées aux Droits de l’Homme, au commerce, que l’on appelle les chapitres. Ce processus d’applique à tous, ainsi chapitre après chapitre, on ouvre les discussions et la Serbie suivra le même chemin. Il faut simplement accepter qu’elle soit candidate et jusqu’à présent, ce n’était pas possible pour certains pays. Concernant la question de l’élargissement de l’Union européenne, il faut l’unanimité de tous les pays. Je ne vais pas vous parler du Traité de Lisbonne et du Traité de Nice, mais tout de même, cela se pose suivant des modalités très différentes. Pour le moment nous n’avons pas obtenu l’unanimité pour l’Accord de stabilisation et d’association (ASA) parce qu’un certain nombre de pays - ils n’avaient pas tort - raisonnaient de la façon suivante : "ils doivent arrêter les criminels de guerre, s’ils ne le font pas, il ne peuvent pas intégrer l’Union européenne".
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Quant à la Serbie, il y a une position qui renvoie vers le Traité de Nice ou le Traité de Lisbonne. Le Traité de Nice c’est à vingt-sept, il n’y a pas d’élargissement, donc il va falloir voir comment cela se pose, mais indépendamment des aléas et des difficultés que surmontera sûrement l’Union européenne, nous pensons que la Serbie doit faire partie de l’Union européenne.
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Q - Monsieur le Ministre, considérez-vous qu’avec cette arrestation de M. Karadzic, la coopération pleine et entière avec le TPIY, condition sine qua non pour l’ensemble des Européens, est parfaitement remplie ou cela suppose-t-il ensuite de nouvelles démarches de la part de l’Union européenne ?
R - Cette coopération est heureusement accomplie à moitié ou du moins au tiers. Il reste encore deux autres criminels qu’il faut arrêter, dont le général Mladic. C’est néanmoins une très bonne nouvelle et je félicite nos amis serbes, ce nouveau gouvernement et le président Tadic que nous avons soutenu. (…) Il y a d’autres conditions à remplir, la Serbie suivra le même chemin que les autres, comme la Croatie en particulier. Nous sommes contents.
Q - Cela relance-t-il l’ASA qui est une première démarche vers l’adhésion à l’Union européenne.
R - Il faut y travailler, il faut pour cela, l’unanimité de tous les membres de l’Union européenne. Nous ne l’avons pas sollicité, nous verrons bien, nous allons travailler au Coreper, comme on l’a vu et puis très vite nous aurons une position à ce propos. (…). /.