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Lundi 8 mars - France/Allemagne/Fonds monétaire européen, France/Royaume-Uni/Défense, David Cameron, Anne Lauvergeon

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (8 MARS)

FRANCE/ALLEMAGNE/UNION EUROPEENNE

-Projet de fonds monétaire européen, Quentin Peel, Scheherazade Daneshkhu, FINANCIAL TIMES

La France et l’Allemagne envisagent une nouvelle initiative radicale – notamment la création d’un fonds monétaire européen - pour renforcer la surveillance et la coopération économique au sein de la zone euro. Leur intention est de mettre au point les règles et les outils qui permettront d’échapper à l’avenir au type d’instabilité suscitée par la dette d’un seul Etat, comme la Grèce. Les détails de cette initiative ont été dévoilés par le Ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaüble à l’occasion d’une interview durant le week-end. Si la France et l’Allemagne se mettent d’accord sur ces propositions, demandées depuis longtemps par Paris, elles ouvriront la voie à une des plus grandes réformes du système monétaire européen depuis le lancement de l’euro en 1999. Une action contre les spéculateurs serait politiquement populaire, mais certaines autres idées venant de Berlin pourraient l’être moins. Elles comporteraient notamment une surveillance plus stricte des économies faibles de la zone euro, d’abord par la Commission européenne puis par un fonds monétaire européen, une intervention potentielle en période de crise et des pénalités plus sévères pour les pays n’ayant pas su maîtriser leurs dettes et leurs déficits. Deux options sont en discussion : la suspension du versement des fonds de cohésion et l’interdiction pour les fautifs de voter dans les réunions du conseil européen. Une sanction extrême consisterait à suspendre un Etat membre de la zone euro jusqu’à ce qu’il remette de l’ordre dans ses finances. De telles réformes impliqueraient des changements constitutionnels, une chose que la majeure partie des membres de l’Union cherchent à éviter après les difficultés engendrées par la ratification du traité de Lisbonne.

France/Royaume-Uni/Défense

- Un accord en matière de défense ne résoudra pas tous les problèmes, éditorial, FINANCIAL TIMES

Lorsque la France et l’Allemagne ont lancé l’entente cordiale il y a un siècle, c’était pour se protéger contre un ennemi commun : l’Allemagne. Les deux pays envisagent aujourd’hui une nouvelle entente, mais cette fois leur ennemi commun est le manque d’argent. Poussés par leurs contraintes budgétaires, les Français y sont favorables. Gordon Brown et David Cameron rencontreront tous les deux le président Sarkozy ce mois-ci à Londres, et la défense figurera en bonne place dans leurs discussions. Les possibilités de coopération sont là. Les obstacles politiques ont diminué, largement grâce au retour de la France dans le commandement militaire de l’OTAN et à l’abandon du projet d’un quartier général opérationnel de l’Union européenne rivalisant avec celui de l’Alliance. Il reste cependant des difficultés qui vont limiter la portée d’un accord : la France et le Royaume-Uni ne doivent pas mettre en commun leurs porte-avions ou leur dissuasion nucléaire. Toute nouvelle entente doit se faire naturellement. Les Britanniques sont favorables à des opérations communes comme la mission menée en Bosnie dans les années 90. Les Français préfèrent mettre l’accent sur l’acquisition commune de matériel militaire : cela pourrait signifier la mise au point d’un drone téléguidé, mais de grands projets comme l’Eurofighter doivent être exclus. La collaboration peut aider les deux pays à tirer le meilleur parti de leurs moyens financiers tout en gardant une certaine indépendance. Elle ne doit toutefois pas les empêcher de réfléchir sérieusement : une nouvelle entente ne fera pas disparaître les choix difficiles.

ROYAUME-UNI

- Parti conservateur : De quoi as-tu peur Dave ? éditorial, INDEPENDENT ON SUNDAY

David Cameron est plus convaincant sur les questions d’environnement, plus libéral et plus soucieux de justice sociale que ses prédécesseurs. Il semble pragmatique et ouvert, ce qui lui a gagné de nombreux électeurs dans une première étape. La seconde étape est une autre histoire : le parti conservateur est venu rappeler à l’électorat qu’il est financé et gouverné par des riches qui considèrent le paiement de l’impôt comme une option et dont le devoir patriotique est de trouver un statut leur permettant de vivre dans ce pays quand cela leur chante. Il a fallu dix ans à Lord Ashcroft, vice-président du parti, pour rendre publiques ses affaires fiscales. Lorsque David Cameron a pris la tête du parti, il était parfaitement au courant de la situation délicate de Lord Ashcroft. Il s’en est apparemment inquiété, mais n’a pas saisi l’occasion pour exiger une clarification. A quoi pensait-t-il ? Qu’imaginait-il ? Ces questions donnent une mauvaise image du jugement du dirigeant conservateur. Etait-ce si difficile d’exiger de Lord Ashcroft qu’il dise publiquement la vérité et, en cas de refus, de le remercier de ses services ? Il ne sert à rien de rappeler que certains lords travaillistes sont eux-aussi non domiciliés au Royaume-Uni. Ils ont toujours eu la franchise de reconnaître les faits. Le dirigeant conservateur se fait en revanche d’autant plus de tort qu’il se présente en champion de la transparence. Son approche est insensée et nous fait douter qu’il possède le jugement nécessaire à un bon Premier Ministre.

FRANCE

Le TIMES dresse un portrait de Mme Anne Lauvergeon, « championne de l’option nucléaire », et classée par Forbes parmi les dix plus puissantes femmes du monde. Selon le journal, Mme Lauvergeon joue actuellement la plus grande bataille de sa carrière après l’échec d’Areva en décembre dernier (pour la vente de réacteurs aux Emirats arabes unis)

Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen Independent on Sunday (Diffusion : 160.395), centre-gauche, libéral, pro-européen

Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028