NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE
8 mai 2006
- Succession de Tony Blair : « Ce n’est pas la date qui compte mais la manière dont s’opère la transition », Peter Riddell, TIMES
Une lutte fratricide serait aussi dangereuse pour Gordon Brown que pour Tony Blair. Toute tentative de renversement ou une guerre civile ouverte pourraient affaiblir le Labour tout comme l’ont été les Tories dans les années 90 après la démission forcée de Margaret Tha tcher. La question fondamentale aujourd’hui pour le Labour est moins celle d’un changement de leader que la ré-émergence des conservateurs sous la conduite de David Cameron.. M. Blair en a conclu qu’il fallait accélérer et intensifier la réforme des services publics, offrir davantage de choix en matière de santé. L’approche de M. Brown est un peu différente. Sa vision de renouveau est plus modeste que celle de ses plus fervents partisans. Tout espoir de grand changement de politique risque d’être freiné par la diminution des dépenses publiques. M. Brown ne peut en fait maîtriser les forces hostiles à M. Blair, tous ceux qui « veulent arrêter la réforme et revenir au vieux Labour ». A long terme, tous les députés et les militants qui appellent aujourd’hui au départ du Premier Ministre représentent un danger autant pour Tony Blair que pour Gordon Brown.
- Stratégie de Gordon Brown : « Un exercice d’équilibriste », éditorial, GUARDIAN
M. Brown sait mieux que quiconque que toute tentative directe contre M. Blair serait catastrophique pour le Labour. C’est pourquoi il demande une transition en bon ordre. La partie à jouer est délicate : le Premier Ministre défend sa position avec force, le Chancelier de l’Echiquier est impatient, mais il est dans l’intérêt du parti que tous deux dépassent leurs antagonismes mutuels et cherchent ensemble, une fois encore, à régler une succession nécessaire et inévitable. Ils ont l’un et l’autre des responsabilités. M. Blair ne doit pas céder à la vanité, et M. Brown doit prendre garde de ne pas donner l’impression de vouloir un retour au vieux Labour. Aussi difficile cela leur semble-t-il, ils doivent chercher la solution ensemble plutôt que par le conflit. Ils le doivent à leur parti et à leurs partisans.
- Energie : « Nous nous sommes libérés des fantômes soviétiques », contribution du Ministre de l’énergie russe, Viktor Khristenko, au FINANCIAL TIMES
Il est impératif que les dirigeants mondiaux mettent sur pied un plan sérieux pour garantir la sécurité de toute la communauté internationale en matière d’énergie. C’est l’objectif que se fixe la Russie pour le sommet du G8 à Saint Petersbourg. "Nous sommes vraiment perplexes face aux récents commentaires dans les pays occidentaux qui donnent une image déformée de la politique énergétique russe". Les impressions de longue date ont la vie dure, mais les pays occidentaux doivent reconnaître le chemin parcouru par la Russie : à un moment où nous adoptons rapidement les principes du marché, la politique de la Russie "a été régulièrement mal interprétée". Il est temps pour nous tous d’aller de l’avant. Tout d’abord, nous devons fixer des prix équitables. Nous sommes d’accord avec nos partenaires sur la nécessité de mettre fin à notre système de subventions vis à vis des anciennes républiques soviétiques, non pas pour des raisons politiques mais pour des raisons économiques. Ensuite, nous devons assurer l’approvisionnement de tous les consommateurs, dans un esprit de confiance, transparence et justice. Notre projet de pipeline sous la Mer Baltique vise à diversifier notre système d’acheminement vers l’Europe. Nous avons dit que nous respecterons nos engagements envers l’Europe et que nous suivrons les mêmes régles que les autres. Nous devons agir maintenant pour stabiliser les marchés, développer les technologies innovantes, utiliser les sources d’énergie renouvelable et protéger l’environnement. Cet été à Saint Petersbourg, nous devons montrer un esprit de dialogue et de collaboration pratique et ne pas laisser les fantômes du passé mettre en danger des objectifs louables.
- Relations Etats-Unis / Allemagne : « Mme Merkel et M. Bush peuvent mettre à profit leurs bonnes relations », éditorial, FINANCIAL TIMES
Contrairement à son prédécesseur, Angela Merkel a une bonne relation avec le Président américain, et c’est une bonne chose pour deux raisons : d’une part, M. Bush n’a pas beaucoup d’amis en Europe. M. Berlusconi est passé dans l’opposition, M. Aznar a quitté le gouvernement et M. Blair se prépare à le faire, même s’il y met du temps. D’autre part, une Allemagne cherchant à rétablir un équilibre dans ses rapports avec les Etats-Unis, la France et la Russie est bénéfique aux relations transatlantiques en général. Evidemment de bonnes relations personnelles ne peuvent à elles seules donner des résultats déterminants. Sur la question de l’Iran, Berlin préfère l’approche « étape par étape » plutôt que celle plus menaçante d’un Dick Cheyney. Mme Merkel est également plus pragmatique que les Américains vis à vis de la Russie. Les deux pays continueront à avoir des divergences notamment sur la Turquie (l’entrée dans l’UE) ou sur l’Ukraine et ses espoirs de rejoindre l’OTAN. Mais tous deux redécouvrent l’avantage que peut apporter la coopération plutôt que la division.