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Lundi 6 février 2012 - Syrie, Royaume-Uni/Europe

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (6 FEVRIER 2012)

SYNTHESE

- Deux sujets dominent la politique intérieure : la polémique sur les bonus, à la veille du vote demandé aux Communes par l’opposition travailliste, et la réforme du système de santé (NHS) après qu’Ed Miliband ait lancé un appel à la rébellion pour bloquer le vote à la Chambre des Lords (pour le leader travailliste, c’est tout l’avenir du NHS qui en dépend). Les journaux commencent à évoquer les festivités du Jubilée alors que la Reine Elizabeth fête le 60e anniversaire du début de son règne. Plusieurs reviennent aussi sur les sujets de mécontentement des conservateurs concernant la politique de David Cameron : l’Europe bien sûr et l’énergie (avec la mise en cause des éoliennes dont une partie de la presse espère l’abandon après le départ de Chris Huhne).

- La Syrie domine l’actualité internationale : toute la presse condamne le veto russe et chinois. Beaucoup de commentateurs s’interrogent sur les raisons de la position de Moscou. Pour le FINANCIAL TIMES, le risque de guerre civile devient de plus en plus sérieux. Le TIMES relève la volonté des pays occidentaux et arabes de chercher une alternative à l’ONU en établissant un Groupe de Contact. La presse tabloïde relance également le débat sur l’aide au développement à destination de l’Inde : l’affaire des commandes de Rafale avait déjà suscité beaucoup de remous la semaine dernière et entrainé des questions sur le bien-fondé de cette aide, les déclarations d’un ministre indien qui s’est moqué de son montant ont mis de l’huile sur le feu, et les appels en faveur d’un arrêt pur et simple se multiplient.

- Concernant la zone euro, la presse fait état des discussions en cours sur la Grèce qui, pour le FINANCIAL TIMES, se rapproche du défaut de paiement.

- Sur la France, l’INDEPENDENT évoque ce matin la campagne électorale et le sondage du Journal du Dimanche. Le même journal, tout comme le SUNDAY TIMES (sur toute une page) font écho au livre de René Dosière sur le budget de l’Elysée.

Syrie

Times Roger Boyes : Pourquoi la Russie souhaite régler la crise à sa façon

Rarement un veto à l’ONU a attiré une telle critique de la communauté internationale. La Russie et la Chine ont été accusées d’avoir du sang sur les mains et d’être complices dans le massacre des civils syriens. Les Russes estiment que la résolution du Conseil de sécurité n’est pas suffisamment équilibrée et n’exige rien des rebelles. Les explications de la Chine relèvent davantage de l’excuse pour gagner du temps. Les analystes occidentaux pensent qu’il sera plus facile de convaincre les Chinois. La Russie en revanche est motivée par la politique du pouvoir et ce qu’elle perçoit comme une menace à ses intérêts. Neutraliser le Kremlin au Proche Orient constituera un des grands défis diplomatiques dans les mois qui viennent. Trois facteurs sont à la base du veto russe : tout d’abord, la Syrie est un client depuis l’ère soviétique. Moscou a vendu récemment à Damas des avions de combat et des missiles. Il a investi près de 20 milliards de dollars dans ce pays. La Russie utilise le port de Tartus pour certains de ses bateaux et celui-ci a été modernisé pour pouvoir accueillir des navires de guerre russes. Tout cela tourne en dérision l’embargo de l’Union européenne sur les ventes d’armes. Ensuite, la Russie est le deuxième plus grand producteur de pétrole du monde et elle ne dépend pas des Etats arabes. Elle joue son propre jeu indépendamment de la Ligue arabe. Enfin, le Kremlin entend envoyer un signal à ses propres rebelles islamistes du Daguestan, de Tchétchénie et d’Ingouchie. Il ne peut pas y avoir, dans l’opinion de Moscou, de politiques qui récompensent les rebelles armés. Sergei Lavrov a déclaré à l’ONU que les Russes n’étaient pas particulièrement amis d’Assad, mais la Russie veut régler la crise syrienne à sa façon. Le ministre des Affaires étrangères russe se rendra à Damas avec son responsable des services de renseignement. C’est ainsi qu’opère Moscou. Les Russes vont chercher à renforcer le régime et à couper l’approvisionnement en armes de l’Armée syrienne libre tout en cherchant aussi la meilleure tactique pour bloquer l’influence de la Turquie. Cela n’a rien d’une mission humanitaire.

Royaume-Uni/Europe

DT Des députés exigent de Cameron qu’il obtienne un opt-out en matière de législation européenne sur la police et la lutte contre la criminalité Dans une lettre publiée par le DAILY TELEGRAPH, 102 députés conservateurs demandent à David Cameron de regagner au cours des deux années à venir le contrôle sur 130 directives européennes en matière de police et de lutte contre la criminalité. Passé ce délai, ils estiment que le transfert de pouvoirs à l’Europe deviendra irréversible. Est en cause notamment le mandat d’arrêt européen aux termes duquel 200 Britanniques ont été poursuivis sur le continent. La lettre a été signée par deux anciens ministres (John Redwood et Peter Lilley qui ont servi dans le gouvernement de John Major) et plus de la moitié du Comité 1922, dont son président Graham Brady (NDR : comité qui rassemble les backbenchers conservateurs). Les signataires assurent que la lettre représente une contribution positive au débat sur l’Europe, mais elle menace de provoquer une nouvelle confrontation entre M. Cameron et ceux des députés qui demandent un rapatriement des pouvoirs cédés à Bruxelles et qui avaient fortement poussé le Premier ministre à opposer son veto en décembre dernier à Bruxelles. En obtenant un opt-out sur ces questions, le Royaume-Uni pourrait décider de l’application des règles d’extradition. Il pourrait également choisir de ne pas partager les empreintes digitales et les traces ADN avec les forces de police continentales. Les signataires de la lettre font remarquer que la coopération récente des Britanniques avec la Norvège lors de ses attaques terroristes et le partage de renseignements avec les Etats-Unis montrent que « nous n’avons pas besoin de céder notre contrôle démocratique à nos partenaires pour coopérer de manière efficace ».

Daily Telegraph (Diffusion : 603.901), conservateur, eurosceptique Times (Diffusion : 417.197), Groupe Murdoch, centre droit Financial Times (Diffusion : 345.077au Royaume-Uni sur un total de près de 1,7 million dans le monde), libéral, pro-UE, mais critique sur les questions économiques et financières Independent (Diffusion : 133.449), centre gauche, libéral, écologiste, pro-UE Guardian (Diffusion : 230.541), centre-gauche, libéral, pro-UE Sun (Diffusion : 2.715.473), conservateur, eurosceptique Daily Mail (Diffusion : 1.998.363)1, conservateur, eurosceptique Daily Mirror (Diffusion : 1.118.120), travailliste Daily Express (Diffusion : 614.534), hostile au Labour et à l’Europe The Economist (Diffusion : un peu plus de 200.000 au Royaume-Uni sur un total de près de 1,5 million dans le monde)), libéral Sunday Times (Diffusion : 967.990) Sunday Telegraph (Diffusion : 471.894) The Observer (Diffusion : 268.355) Independent on Sunday (Diffusion:130.942)

Lydie Naudin, attachée de presse (Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr) Tel : 00 44 (0) 207 073 1028