Les titres pessimistes sur l’avenir de Gordon Brown sont prématurés. Evidemment, Brown est dans une position difficile, ainsi que le montrent les résultats de Glasgow East ou son faible taux de popularité. Néanmoins, son départ est encore très incertain. Si des députés et ministres s’inquiètent et s’interrogent, on ne peut pas pour autant parler de complot. L’idée soulève de nombreuses questions. D’abord, comment ? Il n’y a pas de signes d’action pour le moment, ni des députés, ni des ministres, ni de l’entourage de Brown. Ensuite, quand ? Tout le monde se focalise sur l’automne, arguant que la Conférence du parti tâchera d’empêcher la situation du Labour de continuer de se détériorer. Mais d’autres députés, notamment au vu de la situation économique actuelle, préfèreraient attendre l’été prochain, après les élections locales et européennes. Troisièmement, qui ? Il n’y a aucun consensus sur un éventuel successeur : Jack Straw, Alan Johnson ou David Miliband sont souvent nommés, mais rien ne montre que l’un d’eux pourrait mieux gouverner que Brown. Cela mène à la dernière question : ce changement aura-t-il lieu ? Un nouveau dirigeant pourrait diminuer les pertes du Labour à la prochaine élection, mais un second remplacement pourrait aussi aggraver la situation. Il ne sera pas si simple de remplacer Brown.
L’une des manières les moins efficaces de défendre le changement dans l’UE est de proposer des politiques qui nécessitent une révision des traités européens. C’est exactement ce que Sarkozy a fait lorsqu’il a suggéré que la BCE devrait publier des compte-rendus et entamer un dialogue structuré avec les ministres de l’économie de la zone euro. Ces propositions ne mèneront nulle part, les Allemands ayant déjà refusé de modifier le traité pour les rendre possibles. Deux membres du comité des affaires économiques et monétaires du Parlement européen ont trouvé une manière plus efficace d’influencer la BCE. Pervenche Beres et Werner Langen ont recommandé de revoir la cible d’inflation de la BCE au vu de la hausse des prix du pétrole et de la nourriture. Ils ont proposé de passer d’un taux-cible calculé en pourcentage à un taux-cible calculé par tranche. Cette idée est plus intelligente que celle de Sarkozy en ce qu’elle cherche à influencer les débats de la BCE de l’intérieur. Néanmoins, les deux propositions défendent des pratiques bancaires anglo-saxonnes, qui sont remises en questions par la crise financière actuelle. La BCE a besoin d’une approche plus subtile, prenant pour cible ses plus grandes faiblesses, et surtout ses problèmes de communication. Ainsi, les annonces doivent être préparées avec plus de concertation, notamment lors des conférences de presse. Par contre, la BCE a raison de ne pas vouloir identifier les opinions individuelles, car les divergences au sein de la zone euro ne sont pas prêtes de s’harmoniser. Il y aurait donc beaucoup à faire pour améliorer la BCE. Mais elle a raison de rejeter les absurdités de Paris.
Pour qu’une véritable réconciliation soit possible, Mugabe doit partir. Même si les négociations en cours venaient à aboutir, le résultat ne résoudrait pas la misère des habitants du Zimbabwe. La poignée de main symbolique entre M. Mugabe et M. Tsvangirai ne doit pas faire oublier que la Zanu-PF n’acceptera aucun accord qui ne reconnaît pas l’élection de Mugabe comme président. L’inverse est vrai, tout accord qui ne viserait pas à limiter son pouvoir maintenant, et à établir un calendrier pour son départ et de nouvelles élections, est voué à l’échec. Le dilemme de M. Tsvangirai pourrait difficilement être plus délicat. M. Thabo Mbeki semble penser qu’une solution identique à celle apportée au Kenya serait appropriée. Mais le Kenya et le Zimbabwe sont deux pays très différents. Jusqu’ici la communauté internationale a été incapable d’empêcher l’effondrement du Zimbabwe. Mais sans soutien international, et un très généreux programme d’aides, aucun accord ne réussira. C’est l’atout qu’il reste à jouer pour M. Tsvangirai. Un résultat qui laisse M. Mugabe en fonction signifie la persistance de la misère et de l’isolation.