A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE
24 avril 2006
- Iran : « Au lieu de fanfaronner à propos d’une intervention militaire, on ferait mieux de rechercher un accord du même type que celui passé avec la Corée du Nord », contribution de Menzies Campbell, leader libéral-démocrate, au GUARDIAN
Il est difficile de traiter avec un pays qui refuse les inspections de l’AIEA, mais les pays occidentaux n’ont pas agi de manière sensée. Depuis des mois, les Etats-Unis fanfaronnent en laissant ouvertes touts les options, y compris celle d’une intervention militaire. Le gouvernement britannique n’arrange rien à la situation : d’un côté Tony Blair n’exclut pas le recours à la force y compris nucléaire, de l’autre Jack Straw affirme qu’une telle action serait inconcevable. De toutes façons, une intervention en Iran, sans l’accord du Conseil de Sécurité, serait illégale, et aucun dirigeant élu démocratiquement ne s’y risquerait. L’attitude des gouvernements américain et britannique a rendu plus difficile une solution négociée. Il y a trois éléments essentiels à une telle solution : les Etats-Unis doivent fournir des garanties de sécurité à l’Iran ; l’Iran doit mettre fin à l’enrichissement et au retraitement de l’uranium et accepter les inspections de l’AIEA ; le troisième élément est la dimension régionale. M. ElBaradei et l’ancien inspecteur de l’ONU Hans Blix souhaiteraient voir appliquer à l’Iran ce qui a été fait pour la Corée du Nord. C’est une suggestion sensée. L’Iran n’est pas un Etat voyou. Il se soucie de l’opinion internationale et adhère au TNP. Les négociations avec la troïka européenne ont fait avancer la choses. Pour empêcher l’Iran d’acquérir le nucléaire, il faut faire tout ce qui est possible en matière de diplomatie, maintenir les inspecteurs sur place, mais sûrement pas fanfaronner à propos d’une action militaire qui ne peut qu’inciter ce pays à poursuivre sans contrôle ses projets.
- Royaume-Uni / Elections locales : « Une étape décisive pour le Premier Ministre », James Blitz, FINANCIAL TIMES
Après toutes les difficultés qu’il a rencontrées depuis le début de l’année, Tony Blair doit attendre avec appréhension le résultat des élections locales du 4 mai : un mauvais résultat renforcerait les rebelles au sein du Labour qui demandent son départ ; un résultat raisonnable lui donnerait sans doute l’élan pour poursuivre son mandat jusqu’en 2007. Ces élections sont également critiques pour les autres partis : elles permettront de voir si David Cameron a vraiment convaincu l’électorat du changement des conservateurs et si le dirigeant libéral-démocrate, Menzies Campbell a mis fin au chaos qui a touché le parti au début de cette année. La bataille est complexe, et la crainte d’une envolée du BNP (parti national britannique) ajoute aux craintes aussi bien des travaillistes que des conservateurs. Le gros de cette bataille se jouera dans les 32 municipalités de Londres. Le Labour en détient 15, les conservateurs 8 et les Libéraux démocrates 3. On s’attend à ce que les travaillistes perdent du terrain. La grande question est de savoir combien.
- Réforme du système de santé : « Si nous échouons, les partisans de la privatisation auront le dessus », interview de Patricia Hewitt, Ministre de la Santé, à L’INDEPENDENT
Tout en reconnaissant les inquiétudes suscitées par les licenciements de personnel au sein du NHS, Mme Hewitt insiste sur les nombreuses « améliorations » apportées au système. Elle défend la fermeture de certains hôpitaux inefficaces et affirme que le gouvernement s’est fixé 2008 pour la mise en place de réformes véritablement importantes et visibles, notamment en matière de réduction des listes d’attente. Pour Mme Hewitt, le NHS est à un moment crucial et les réformateurs doivent gagner : « sinon, les Tories sous la direction de David Cameron opteront pour la privatisation ».
- Défense des libertés publiques : « Les citoyens ordinaires ont le droit d’être protégés », contribution de Charles Clarke à L’INDEPENDENT
Les critiques adressées au gouvernement sur l’érosion des libertés publiques sont insultantes, surtout pour tous ceux qui, depuis l997, font leur possible pour développer les droits de l’Homme, promouvoir la démocratie et le développement. Ceux qui suggèrent que le gouvernement est en train de transformer la démocratie britannique en un pouvoir dictatorial sont coupables de mensonge pernicieux. Le projet de cartes d’identité nationales vise à protéger les identités non pas à traquer les individus. Quant à la législation sur les manifestations mise en place en août dernier et qui exige une demande écrite à la police, elle n’empêche nullement les protestations. Oui nous utilisons de plus en plus les renseignements que nous fournissent les DNA, mais c’est un excellent outil. De la même façon, nous interceptons parfois les communications, mais cela est très efficace dans les enquêtes criminelles, en matière de terrorisme et d’espionnage. Ne faisons pas de confusion et reconnaissons que les Britanniques ont le droit à la protection.