A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (23 AOUT)
PROCHE ORIENT
- Discussions israélo-palestiniennes : Peu d’espoir de résultat sans engagement des Américains, éditorial, FINANCIAL TIMES
Barack Obama a invité les Israéliens et les Palestiniens à relancer leurs discussions directes le 2 septembre à Washington. Pour le président américain, qui n’a guère d’autres succès à présenter en matière de diplomatie internationale qu’un prix Nobel prématuré, cette initiative est avant tout affaire de relations publiques. Il n’en ressortira vraisemblablement rien. Israël entend poursuivre ses constructions à Jérusalem Est et en Cisjordanie, et l’opinion arabe ne s’intéresse pas, à juste titre, à des discussions qui n’ont pas d’ordre du jour propre. Les Américains n’ont pas le droit d’abdiquer leur leadership : ils devraient proposer une solution (selon les paramètres de Clinton de 2000 et le plan de paix de la ligue arabe de 2002) et clairement faire savoir qu’ils ne laisseront pas les discussions trainer au-delà d’une année. Ils devraient exiger de chacune des deux parties qu’elle soumette un accord final à ses électeurs par référendum. C’est un pari risqué, mais c’est la seule façon de faire obstacle aux obstructionnistes et d’associer le Hamas. Toutes les parties devraient préférer un accord négocié, en particulier Israël dont le plus grand risque est de porter atteinte à sa légitimité internationale. Le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, pourrait être rapidement en position de déclarer un Etat palestinien sans l’accord d’Israël. L’acte final de la comédie du Proche Orient n’est peut-être pas éloigné.
FRANCE
- La France fera ce qu’il faut pour réduire son déficit, Interview de Christine Lagarde, FINANCIAL TIMES
Réagissant aux critiques du FMI et de la Commission européenne, Mme Lagarde assure que les prévisions de croissance de la France sont prudentes et réalistes et que le gouvernement fera ce qu’il faut pour réduire son déficit budgétaire à 6% du PIB en 2011. Le FT souligne que Paris veut conserver ses notations de crédit maximales et rassurer les marchés anxieux à propos de l’état des finances publiques. Certains économistes se montrent sceptiques sur la croissance économique de la France et craignent que la détermination du gouvernement de réduire les dépenses publiques ne soit affaiblie par les pressions politiques à l’approche de la campagne électorale. Mme Lagarde rejette en outre toutes suggestions selon lesquelles la France serait de plus en plus à la traine de l’Allemagne qui a mis en place davantage de réformes structurelles que son partenaire d’outre-Rhin.
- Immigration : Comment gérer la peur croissante de l’occident, éditorial, FINANCIAL TIMES
Partout dans le monde occidental, l’immigration, qu’elle soit légale ou illégale, occupe une place de plus en plus importante dans l’agenda politique. « En France, le Président Nicolas Sarkozy a autorisé l’expulsion très discutée d’immigrés gitans originaires de Roumanie », écrit le FT, qui souligne que la question de l’immigration a aussi été au centre de la campagne électorale en Australie, et s’avère un sujet très sensible aux Etats-Unis. Le journal relève un autre point commun au monde riche : même les responsables politiques libéraux adoptent aujourd’hui une posture ferme sur ce sujet, comme la chef du gouvernement australien et leader du parti travailliste, Julia Gillard. Au Royaume-Uni, David Cameron, pourtant fier de son social-libéralisme a promis de restreindre l’immigration. Selon le FT, il y a de bonnes et de mauvaises manières de répondre aux craintes de la population au sujet de l’immigration. « Parmi les mauvaises manières, il y a celle consistant à se comporter de manière populiste, comme s’en prendre aux camps de gitans, interner des cargaisons entières de demandeurs d’asile, ou fixer de manière arbitraire le nombre maximum d’immigrés pouvant entrer dans un pays ». La meilleure méthode consiste selon l’éditorial du FT à expliquer les mérites sociaux et économiques de l’immigration, et à développer des politiques destinées à en adoucir l’impact, en commençant par l’éducation, mais aussi l’aide en faveur des pays d’où sont originaires les immigrés.
- Expulsions de Roms : « La rafle française est brutale, discriminatoire et suspecte politiquement », éditorial, TIMES
« La manière dont l’opération contre les Roms a été menée a apporté le déshonneur sur le Président Sarkozy ». La France n’est pas le seul pays à être confronté à un afflux de Roms d’Europe du Sud-Est, mais il n’est pas possible de traiter de la sorte ce qui est d’abord un problème social. Les 530.000 personnes qui composent la communauté des Roms de Roumanie se plaignent de discrimination, de racisme et de conditions de vie difficiles. Le journal rappelle que le Royaume-Uni avait vivement réagi il y a dix ans face à un afflux de Roms originaires de République tchèque, leur déniant le droit d’asile et menaçant d’imposer une obligation de visa à tous les citoyens tchèques. Pour le TIMES, « ce qui est particulièrement déroutant dans la décision française, c’est la nature profondément politique de la décision du Président Sarkozy. De plus en plus impopulaire, et sous pression en raison des mesures d’austérité que son gouvernement doit imposer, il cherche à détourner l’attention des problèmes économiques, à gagner les faveurs de la droite xénophobe et à apparaître résolu et plein de défiance face aux critiques des libéraux. » La France a agi fermement, mais avec humanité en fermant le camp de Sangatte. Elle a bien sûr le droit de lutter contre l’immigration clandestine et de fermer des campements illégaux. Cependant elle ne doit pas s’en prendre ou donner le sentiment qu’elle s’en prend aux Roms pour des raisons ethniques, conclut le TIMES.
Financial Times (Diffusion : 390.203), libéral, pro-européen Times (Diffusion : 505.062), Groupe Murdoch, centre droit
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028