Le Moyen-Orient est une région animée ces jours-ci compte tenu des visites de Gordon Brown et Barack Obama. L’Irak, que M. Brown vient de quitter et qui attend M. Obama est l’étape qui en dit sûrement le plus sur ce qui les a amenés dans la région. Mais le contraste entre leurs deux approches pourrait difficilement être plus important. Depuis la déclaration de sa candidature, l’Irak est le clou de l’embryonnaire politique extérieure de M. Obama. Pour M. Brown, c’est un fardeau dont il a hérité et qu’il doit désormais supporter. M. Brown, n’a rien dit ou fait qui puisse suggérer qu’il considère l’engagement britannique à la légère, mais en même temps il n’a rien offert qui puisse indiquer que la présente situation, clairement insatisfaisante, pourrait être changée dans un futur proche. Il déclare vouloir réduire le nombre des troupes britanniques mais sans vouloir établir un « calendrier artificiel ». M. Obama, lui, arrivera en Irak avec une politique clairement définie, ce qu’il nomme un retrait américain « responsable ». Il propose un calendrier de retrait de 16 mois à dater du jour de sa prise de fonction, s’il est élu. Il y a une énorme différence entre détenir le pouvoir et aspirer à le faire. Etre en exercice impose bien sûr beaucoup d’obligations, mais cela n’exclut pas d’avoir des objectifs clairs.
Les déclarations du Premier Ministre irakien à Barack Obama vont faciliter le retrait des troupes américaines et britanniques d’Irak, d’ici 10 à 16 mois. Tant que le gouvernement irakien réclamait l’aide de l’Occident, il était moralement nécessaire de maintenir les troupes dans le pays. Dorénavant cet argument n’est plus valable. Le Daily Telegraph soutenait le renversement militaire de la tyrannie Baassiste, mais l’occupation qui s’ensuivit ne devait en aucun cas devenir permanente. Il y a deux ans, le quotidien notait que la présence des troupes alliées exacerbait la guerre civile plus qu’elle ne la contenait. Depuis, il demande le retrait des troupes, avec l’espoir que l’indépendance complète responsabilisera l’Irak. Brown et Obama portent maintenant leur attention vers l’Iran et surtout l’Afghanistan. Néanmoins, il ne faut pas que l’engagement y soit infini. Le but était de détruire les bases terroristes. Pour l’atteindre, il faudra peut-être trouver un accord avec les tribus du Sud. En Afghanistan aussi, nous avons besoin d’une définition de ce que sera la victoire, pour enfin rentrer à la maison.
Les chansons de Léonard Cohen suivent l’évolution du Trésor : après « Les choses ne peuvent que s’améliorer », Alistair Darling attend maintenant « Les sœurs de la Miséricorde ». Les règles fiscales de Brown ont été modifiées pour faciliter les emprunts gouvernementaux. Les sermons de Brown sur leur inviolabilité avaient déjà été mis à mal par la nationalisation de Northern Rock et par les largesses fiscales, à l’encontre de la règle selon laquelle la dette ne doit pas dépasser 40% du revenu national. Contrairement aux marchés financiers, les électeurs se moquent des règles fiscales compliquées. Ce qui intéresse les gens, c’est ce qui est fait pour soulager leurs souffrances. Ils ne veulent pas payer plus d’impôts. Depuis des années, l’imprudence du Labour a pompé des dizaines de milliards de dépenses publiques supplémentaires sans s’attacher à la productivité de leur utilisation. Jusqu’à présent, les seules mesures du gouvernement sont avant tout guidées par un opportunisme politique : une concession de 1,2 milliards de livres sur les impôts, et le report de l’augmentation de la taxe sur l’essence. Evidemment, toutes les économies ont des hauts et des bas. Mais la crise actuelle risque d’être plus dure que celles de la dernière décennie. Darling semble avoir conscience de ce risque, bien que ses réponses soient faibles. Si le déclin se poursuit, le Labour n’aura aucune chance de remporter les élections de 2010.