A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (18 août).
- Géorgie : Le Royaume-Uni perd son rôle en matière de diplomatie internationale, Michael Portillo, Sunday TIMES
Tandis que le président Sarkozy offrait un cessez-le-feu et que M. Bush haussait le ton envers Moscou, le Royaume-Uni demeurait invisible. Les choses auraient sûrement été différentes si Tony Blair occupait toujours Downing Street : il ne manquait pas une occasion de se mettre en avant sur la scène internationale, et il ne déplaisait pas aux Britanniques de penser que leur pays jouait encore un rôle dans le monde. Pour sa part, M. Brown semble indécis. Il se concentre sur la crise économique mais sans prendre de direction bien précise. Il donnerait peut-être l’impression d’une plus grande détermination s’il s’occupait de politique étrangère. C’est évidemment aussi une question personnalité : M. Blair aimait l’éclat de la diplomatie et appréciait la rencontre des autres dirigeants étrangers. M. Sarkozy et M. Bush ont la même attitude, alors que le Premier ministre britannique adopte une démarche contraire. David Cameron a compris qu’il pouvait bénéficier de l’inefficacité de M. Brown et qu’il pourrait gagner des électeurs en attaquant la Russie. En se faisant le champion d’une entrée de la Géorgie dans l’OTAN il prend néanmoins des risques : l’Alliance serait théoriquement contrainte d’entrer en guerre pour ce pays si les hostilités reprenaient. Est-ce trop demander que d’espérer voir le Royaume-Uni jouer le même rôle sur la scène internationale que sous Mme Thatcher et Tony Blair ? Il faudrait pour cela trouver un juste milieu entre un Premier ministre, qui s’est retiré du monde, et un chef de l’opposition qui considère qu’une attaque contre Tbilissi équivaut à une entrée des Russes dans Londres.
- Géorgie : L’OTAN a toujours un rôle à jouer mais doit se réformer, éditorial, TIMES
L’OTAN va avoir 60 ans et d’aucuns pensent que l’Alliance a atteint l’âge de la retraite : il est vrai qu’en Afghanistan ses opérations sont souvent inefficaces et que les contribuables s’interrogent parfois sur la nécessité de maintenir une telle institution. Pourtant, la crise en Géorgie a montré que le principe de la sécurité collective sur lequel repose l’OTAN reste la seule garantie sérieuse pour les frontières de ses Etats membres. C’est aussi la raison pour laquelle la Russie s’oppose à son élargissement. La décision de repousser l’admission de la Géorgie et de l’Ukraine était justifiée car aucun de ces deux pays n’est prêt : ils doivent d’abord mettre en place leurs réformes démocratiques. Dans l’intervalle, l’OTAN doit en profiter pour remédier à ses carences en Afghanistan. Lors de leur réunion demain à Bruxelles, les dirigeants de l’Alliance ne doivent pas seulement se concentrer sur la crise du Caucase, mais aussi sur le besoin de simplifier leurs structures dans les zones de conflit. Les relations de la Russie avec l’OTAN sont essentielles pour la sécurité du monde, mais il faut pour cela que Moscou comprenne que l’Alliance ne plaisante pas.
- Diplomatie française : M. Kouchner, le guérisseur, John Lichfield, THE INDEPENDENT
Visionnaire ou fouineur ? Bernard Koucher a, pendant quarante ans, accumulé les expériences, écrivant même au début des années 90 une sorte de manifeste sur le droit moral des démocraties à intervenir dans les affaires internes des pays oppresseurs qui a, dit-on, influencé Bill Clinton et Tony Blair. Aujourd’hui le Ministre français des Affaires étrangères doit défendre un plan de cessez-le-feu, qui a été soutenu par une Europe divisée et des Etats-Unis méfiants, mais c’est le seul qui soit proposé et il a permis d’arrêter les combats. Si M. Kouchner est davantage à l’aise dans les camps de réfugiés qu’à la table de négociations, c’est lui qui devra chercher à résoudre les désaccords au sein de l’Union européenne à propos de la Russie. Ses proches assurent que la crise en Géorgie lui a redonné de l’énergie : le Ministre français estime que l’Union, présidée par la France jusqu’à la fin de l’année, a l’occasion de montrer son importance en défendant ses valeurs sur son propre terrain. Mais selon l’ancien Ministre britannique des affaires européennes, Denis MacShane, grand admirateur de M. Kouchner, ce dernier n’aura pas la tâche facile : « il est impossible pour un seul Etat européen, et même pour l’Union européenne dans son ensemble, d’obtenir des résultats vraiment sérieux si les trois grands, Royaume-Uni, France, Allemagne, ne sont pas sur la même ligne ».
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