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Lundi 18 Avril

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE

18 avril 2006

- Attentat de Tel Aviv : « On jugera le Hamas par ses déclarations et son action sur le terrorisme », éditorial, TIMES

La condamnation par le Président palestinien de l’attentat de Tel Aviv a été rapide et appropriée. Mais depuis les dernières élections, le rôle de M. Abbas n’est plus que cérémonial. C’est le Hamas qui compte et sa réaction ne fera rien pour relancer le processus de paix. Elle ne représente guère en effet une base pour le dialogue. Le futur Premier Ministre israélien se trouve dans une position difficile. Il doit réagir avec mesure et ne pas chercher à toucher la population palestinienne. Il a jusqu’à présent trouvé un juste équilibre en défendant la sécurité d’Israël sans pour autant fermer la porte à la diplomatie. Il a raison de ne pas vouloir réoccuper la bande de Gaza. Mais les autres Etats doivent se montrer tout aussi raisonnables dans leurs exigences vis-à-vis d’Israël. Suggérer que M. Olmert engage des discussions avec un gouvernement qui n’arrive pas à rejeter le terrorisme est parfaitement inimaginable.

- Union Européenne : « Prodi entend laisser le Royaume-Uni isolé », interview de M. Prodi au Sunday TIMES (16 avril)

Selon le Sunday Times, qui a recueilli la première interview de M. Prodi depuis son élection, le successeur de M. Berlusconi entend hâter l’intégration d’un groupe d’Etats membres de l’Union, une démarche qui marginaliserait le Royaume-Uni. M. Prodi souhaite redonner vie au projet de constitution et sa priorité est de « forger une alliance avec les pays les plus déterminés à adopter une politique européenne commune : nous avons besoin d’une relation forte pas seulement avec la France et l’Allemagne, mais avec le groupe des six, des pays comme la Belgique et le Luxembourg, mais pas les Pays-Bas ». « Il serait difficile d’inclure le Royaume-Uni qui a décidé de ne pas tenir de référendum sur l’Europe et qui ... de toute évidence croit en une politique plus indépendante de l’Union ». M. Prodi souhaite une plus grande harmonisation des politiques économiques et donner à l’euro une plus grande dimension politique. Concernant la constitution, il veut la simplifier, supprimer tous les aspects techniques qui ont effrayé les électeurs et se concentrer sur les grands principes (charte des Droits fondamentaux, protocole social). Un référendum pourrait avoir lieu sur la question en même temps que les élections européennes de 2009.

- Cycle de Doha : « Les gouvernements doivent agir avant qu’il ne soit trop tard », éditorial, FINANCIAL TIMES

Laisser passer l’échéance du 30 avril pour la préparation d’un accord serait sans doute une mauvaise chose, mais ce ne serait pas fatal. Ce qu’il faut, c’est un accord en juillet, car plus on attend plus le climat politique risque de se détériorer : il va y avoir les élections de mi-mandat aux Etats-Unis en novembre, et les présidentielles en France l’an prochain. Cette dernière n’hésitera pas - comme elle l’a déjà fait - à forger des coalitions au sein de l’Union Européenne pour bloquer toute résolution du problème. Dans l’idéal, un accord voudrait que l’Union accepte de plus grandes réductions de ses tarifs agricoles. Les Etats membres de l’OMC doivent prendre des décisions difficiles et le faire rapidement. Les parties concernées déclarent toutes vouloir un accord et l’intensité des négociations en cours semble le prouver. Il faut un accord autant pour défendre le multilatéralisme que pour bénéficier aux exportateurs. Cet accord aurait déjà dû être atteint. On ne peut guère attendre plus longtemps.

- Royaume-Uni : « Il faut confronter le British National Party », éditorial, GUARDIAN

Il est découragent de voir l’importance excessive accordée au risque d’une envolée du BNP, le Front National britannique, lors des élections locales du 4 mai. Certes ce parti présente davantage de candidats que d’habitude, mais à peine plus. Certains sondages laissent entendre qu’un londonien sur quatre pourrait être tenté par le BNP, dont le dirigeant prétend défendre la voix des oubliés du système, des travailleurs honnêtes qui veulent réussir leur vie. Mais c’est un leurre. Le BNP reste fidèle à ses racines racistes et intolérantes. Les principaux partis politiques doivent néanmoins prendre garde et écouter les craintes exprimées par les électeurs, notamment ceux qui se sentent rejetés et donc attirés par le message du BNP. Ils doivent réagir de manière constructive et apporter des réponses efficaces. Si on leur offre un véritable choix, peu de Britanniques se laisseront berner par les slogans du BNP.

- Royaume-Uni : « Vendre des honneurs est criminel », éditorial,INDEPENDENT

Loin de disparaître durant la trêve de Pâques, l’affaire de la vente des honneurs semble se faire de plus en plus insistante. La situation est apparemment plus grave aujourd’hui qu’il y a deux semaines. Une arrestation a eu lieu qui montre que l’enquête de Scotland Yard est sérieuse. Le Premier Ministre pourrait être lui-même interrogé. Il faut que l’enquête de la police avance aussi rapidement que possible. Quel qu’en soit le résultat, il aura des conséquences négatives : les donateurs potentiels, notamment pour les projets en matière d’éducation chers à Tony Blair, risquent de se montrer réticents. De plus, le gouvernement aura augmenté le cynisme du public non seulement à propos de son intégrité mais à propos de la politique en général