A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (15 MARS)
FRANCE/ROYAUME-UNI
Visite de M. Sarkozy à Londres
- M. Sarkozy place la France au centre de l’Europe, éditorial, INDEPENDENT
La relation franco-britannique entre dans une nouvelle phase : nos deux pays reconnaissent qu’ils ont davantage de points d’accord que de désaccord, et ce indépendamment du gouvernement en place. En matière de régulation financière, M. Sarkozy et M. Brown espèrent un compromis. Ils sont du même avis sur la question d’une taxe sur les banques et feront cause commune au G20. Les deux dirigeants ont condamné unanimement le protectionnisme américain dans l’affaire des avions-ravitailleurs. C’est M. Sarkozy qui a pris l’initiative, et son approche est peut-être le signe qu’il profitera de ses bonnes relations avec Washington pour exprimer clairement sa pensée. S’il le fait, ce ne sera pas seulement dans l’intérêt de la France, mais aussi dans celui de l’Europe. La Maison Blanche ne cache pas ses frustrations face aux divisions de l’Europe. Lorsque cette dernière se met d’accord, notamment sur les questions commerciales, M. Sarkozy peut se montrer un fervent avocat. La France devient la nouvelle force régionale : la dernière visite de M. Medvedev à Paris a relancé les relations entre la France et la Russie de façon plus efficace que ne l’ont fait les Américains. Au Royaume-Uni, la coopération militaire avec la France est à l’ordre du jour. La nouvelle coalition allemande ne s’illustre pas sur la scène internationale et le Royaume-Uni est affaibli par la crise financière. M. Sarkozy doit saisir l’occasion qui se présente, et montrer ses capacités de leader dans la région.
- M. Cameron devra faire la discipline dans son parti pour maintenir les relations avec l’Europe, éditorial, FINANCIAL TIMES
David Cameron est plutôt modéré et pragmatique dans son euroscepticisme, mais bon nombre de membres de son parti aimeraient bien voir le Royaume-Uni se retirer de l’Europe. La visite de M. Sarkozy à Londres est venue rappeler que certaines des concessions faites par le dirigeant conservateur à son aile dure ont suscité des remous à l’extérieur : Paris et Berlin n’ont pas caché leur colère lors du retrait des conservateurs du groupe PPE au parlement européen, une décision qui a eu pour conséquence de réduire l’influence des conservateurs britanniques à Bruxelles. La France et le Royaume-Uni, qui sont les deux grandes puissances militaires européennes, auraient tout intérêt à coopérer dans le domaine de la défense car cela soulagerait leurs contraintes budgétaires. Toutefois, si M. Cameron tient sa promesse de soumettre à référendum tout changement constitutionnel en Europe, il risque de polluer les relations avec l’Union. Tant qu’il maîtrise ses propres députés, il n’y a pas de problème. S’il remporte l’élection il sera néanmoins à la tête d’un parti qui pourrait exiger une forme de changement dans les relations du Royaume-Uni avec l’Europe.
- Entente nouvelle, James Blitz, Sylvia Pfeifer, FINANCIAL TIMES
Le FINANCIAL TIMES consacre toute une page aux projets de coopération franco-britannique en matière de défense : les deux parties s’engagent avec une certaine nervosité car elles ont un sentiment de « déjà vu ». En 1998, Tony Blair et Jacques Chirac avaient lancé un grand projet à Saint Malo, mais la guerre en Irak lui a porté atteinte. La relance de la coopération est aujourd’hui fondée sur les contraintes budgétaires, mais aussi sur la géopolitique. Londres n’est plus aussi sûr de sa « relation spéciale » avec Washington, et Paris repense aussi ses alliances. Une coopération dans le domaine de la dissuasion nucléaire serait difficile, de même que pour les porte-avions. Mais des ambitions plus modestes sont réalisables, en matière d’opérations ainsi que de recherche et de technologie. Tout dépendra cependant de la volonté politique. Les dirigeants des deux pays devront défendre l’idée d’un partage de la souveraineté de façon plus directe auprès de leurs citoyens qu’ils ne l’ont fait par le passé.
FRANCE/EUROPE
- Avertissement de Mme Lagarde à Berlin, Ben Hall, FINANCIAL TIMES
Le FINANCIAL TIMES reprend aujourd’hui en une les propos de la Ministre de l’économie appelant l’Allemagne à stimuler sa demande intérieure pour aider les pays de la zone euro en difficulté et leur permettre de mettre de l’ordre dans leurs finances. Après les propositions de M. Schäuble concernant la création d’un FME assortie de pénalités sévères pour les pays ne respectant pas les règles budgétaires de l’Union, Mme Lagarde a présenté sa propre vision – différente de celle de Barlin - d’une politique de coordination économique. Sans rejeter l’idée d’un FME, elle estime que ce n’est pas une priorité. Mieux vaut commencer par renforcer la discipline par une législation souple et réaliste.
FRANCE
La plupart des journaux évoquent, dans des articles factuels, les élections régionales. Pour la plupart, ils y voient, à l’instar du FINANCIAL TIMES, un « revers » pour l’UMP de M. Sarkozy, alors que les partis d’opposition remportent une proportion des voix sans précédent.
Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen Independent (Diffusion : 257 036), centre gauche, libéral, écologiste, pro-européen
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028