A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (15 FEVRIER)
- Royaume-Uni : Les économistes mettent la pression sur le Labour, éditorial, SUNDAY TIMES
La solution proposée pour résoudre la crise grecque n’a pas convaincu les marchés, et la communauté internationale est de moins en moins convaincue par l’Union européenne. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre a raison de dire que le Royaume-Uni est dans une position différente : nous ne sommes pas prisonniers de l’euro, et les principaux partis politiques reconnaissent la nécessité d’une réduction du déficit budgétaire. Refuser l’entrée dans l’Union monétaire a probablement été la meilleure chose que Gordon Brown ait faite. Les difficultés de la Grèce sont cependant inquiétantes pour le Royaume-Uni, car elles risquent notamment de porter atteinte à nos exportations. Dans une lettre au SUNDAY TIMES, plusieurs économistes, dont d’anciens membres du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre, appellent à un plan crédible pour la réduction du déficit budgétaire et se montrent critiques à l’égard de celui présenté par le gouvernement : il faut selon eux tailler dans un secteur public surdéveloppé et non augmenter les impôts ce qui détruirait l’emploi et l’investissement. Les conservateurs en sont conscients. Les travaillistes sont beaucoup plus équivoques sur les réductions et leur projet d’introduction d’une tranche d’imposition de 50% risquent d’amener des entreprises à s’établir à l’étranger. Plus on tarde à aborder cette question du déficit, plus le danger sera grand.
- Afghanistan : Obama est coincé, éditorial, GUARDIAN
Il est difficile d’avoir confiance dans un général qui se prépare de toute évidence à la chute. De nombreuses stupidités ont été prononcées avant le lancement de cette offensive, et l’annonce par Stanley McChrystal qu’il a une administration afghane toute prête à installer dans les zones libérées en est une. Les Talibans ont été obligés de se replier à plusieurs reprises au cours des 9 dernières années, mais ils sont revenus à chaque fois. Le nombre des soldats impliqués aujourd’hui permettra peut-être un résultat immédiat, mais ce sera temporaire et cela n’empêchera pas les Talibans de s’infiltrer après le départ des troupes étrangères. Ce sont les programmes civils, non les hélicoptères, qui décideront du vainqueur. L’offensive a déjà fait des victimes dans la population, dont 10 membres d’une même famille. Ce ne sera pas la dernière fois. Le général McChrystal ne dispose guère de temps, alors que les Talibans en ont en abondance. Plus ces derniers font durer la bataille, plus les pays occidentaux vont se lasser et Barack Obama comprendra l’erreur fatale de sa stratégie de sortie : les Afghans en dépendent, particulièrement Hamid Karzai, dont le gouvernement s’effondrerait si les Américains se retiraient et qui n’a donc aucun intérêt à ce que cela se produise.
- Grèce : Une crise qui montre à nouveau le risque de dérivés, éditorial, FRANCE
Toute crise financière s’accompagne inévitablement d’une critique des vilains spéculateurs. Cela n’a pas manqué de se produire avec la Grèce. Madame Lagarde pointe maintenant du doigt une zone spécifique, en s’interrogeant sur la validité des CDS (« Credit default swaps »). L’inquiétude concernant le rôle des dérivés va bien au-delà du bien-être des Grecs. Les mises en garde de la Ministre des finances française rappellent les protestations officielles contre les ventes à court terme de produits financiers à l’automne 2008. Elles avaient été carrément suivies par une interdiction dans plusieurs pays. Plusieurs investisseurs semblent craindre que cela ne se reproduise. Il y a souvent un écart malsain entre l’acte et la parole, et Mme Lagarde semble le reconnaître. Dans une interview parue dans le FT, elle s’est inquiétée de la lenteur de la réforme financière, les dirigeants politiques courant, selon elle, le risque de soigner les symptômes et non la maladie elle-même. Il y a peut-être de bonnes raisons d’étudier la validité des CDS. Mme Lagarde devrait préciser sa pensée. Mais avant de s’embarquer dans une nouvelle initiative, pourquoi ne pas finir ce qui est déjà commencé ?
Guardian (Diffusion : 378.501), centre-gauche, libéral, pro-européen Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen Sunday Times (Diffusion : 1.190.936), conservateur, eurosceptique
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028