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Lundi 15 Mai - OMC / Doha, droits de l’homme, T. Blair

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE

15 mai 2006

- Cycle de Doha : « Le multilatéralisme serait la principale victime d’un échec », éditorial, FINANCIAL TIMES

L’OMC est l’une des rares organisations multilatérales qui bénéficient encore d’un large soutien. Un échec du Cycle de Doha ou un accord sans substance porterait atteinte à sa crédibilité. Cela a été une erreur tactique que de qualifier ce cycle de celui du « développement ». L’étiquette cache une importante différence entre deux idées superficiellement similaires : l’une, exacte, qui part du principe que les pays pauvres bénéficient d’une intégration dans l’économie mondiale ; l’autre, erronée, qui voudrait que les droits de douane et les subventions agricoles sont leur principal obstacle. En fait les réductions de tarifs et de subventions agricoles bénéficieront principalement à quelques grandes économies émergentes, comme l’Argentine et le Brésil. La principale victime d’un échec ou d’un accord sans substance serait le multilatéralisme lui-même. On risque en effet d’aboutir de nouveau à des accords bilatéraux, comme on a vu le faire récemment par les Etats-Unis et d’autres pays. Les pays en développement risquent aussi d’être contraints à des engagements qui se feront à leur détriment. Il est temps que les Présidents, les commissaires et les Premiers Ministres regardent au-delà de leurs intérêts nationaux et prennent des risques pour faire avancer la cause du multilatéralisme. Au lendemain des attentats du 11 septembre, les dirigeants mondiaux se sont engagés à rassembler et non plus à diviser. Le cycle de Doha leur offre la chance de le faire.

- Droits de l’Homme : « Une dérive qui doit tout à la panique », éditorial, GUARDIAN

Il n’y a rien de plus méprisable ou de plus destructeur que la tendance du gouvernement Blair à encourager les mensonges et les mythes de la droite sur le Human Rights Act. Le gouvernement ne s’en prend pas à la législation de 1998 parce qu’elle est mauvaise, mais parce qu’il cherche à défendre une position sur l’ordre et la loi face aux conservateurs et qu’il a peur d’une campagne de presse xénophobe contre une loi dont il aurait pourtant lieu d’être fier. Le mouvement de panique actuel est déplacé. Il est tout à fait effrayant que le gouvernement s’en prenne à un système qui a si bien marché pendant si longtemps et qui a la confiance du public. Celui-ci n’est pas divisé entre une majorité qui se préoccupe de la sécurité et une minorité qui se bat pour la liberté. Tous les Britanniques veulent à la fois la sécurité et la liberté. La loi nous protège tous, et il est grand temps que le gouvernement comprenne que la liberté, la justice et l’équité sont le droit inné de la majorité et non de quelques-uns.

- Royaume-Uni : « Le commencement de la fin pour Blair », éditorial, FINANCIAL TIMES (samedi 13 mai)

Le paysage politique a changé : après la défaite du Labour aux élections locales, Tony Blair semble avoir perdu le contrôle de son parti. Il a vu sa popularité baisser dans les sondages. Son autorité semble atteinte de façon irrémédiable et il devra probablement quitter ses fonctions l’année prochaine. La question est de savoir comment s’opérera sa sortie. Dans l’intérêt du Labour et du pays tout entier, le Premier Ministre et le Chancelier de l’Echiquier doivent aboutir à un concordat sur la transition. Mais celui-ci doit être défini par des politiques et non par les ambitions de l’un ou l’autre. M. Blair devrait offrir à M. Brown de démissionner l’an prochain à condition que ce dernier le soutienne dans son programme de réforme (retraites, énergie nucléaire, santé et éducation). Un programme commun qui lierait à la fois M. Blair et M. Brown offre la meilleure chance au premier de laisser sa marque et au second d’hériter d’un parti suffisamment uni pour espérer remporter les prochaines élections. La division nuirait aux deux.