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Lundi 11 août - Géorgie

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (11 août).

- Géorgie : Il faut arrêter la guerre avant que la situation ne s’aggrave, éditorial, DAILY TELEGRAPH

Ne nous y trompons pas : les pays occidentaux ne sont pas en position de faire la guerre à la Russie. Mais ils ne peuvent pas non plus laisser Moscou retracer unilatéralement ses frontières et mettre la main sur le seul pipeline de l’ex Union Soviétique qui ne soit pas sous son contrôle. La Géorgie a ses torts. Le président Saakashvili n’est pas davantage libéral que M. Poutine. Il a fait un mauvais calcul en s’imaginant qu’il pouvait reprendre l’Ossétie du sud sans susciter de représailles. Mais la réponse de la Russie a été opportuniste, belliqueuse et disproportionnée. La question maintenant est d’arrêter cette guerre pour défendre l’équilibre des forces dans la région et empêcher la Russie d’absorber d’autres territoires. Les pays occidentaux ont mal géré leurs relations avec Moscou dans les années 90 : ils sont passés d’une fermeté intransigeante à la politique d’apaisement, sans étape intermédiaire. Ils ont admis la Russie dans le G8 alors que l’état de sa démocratie ne le justifiait pas. A cause du veto du Kremlin, nous ne pouvons compter sur l’ONU pour résoudre cette crise. La France, avec la présidence de l’Union européenne, a l’ambition de le faire, mais elle n’en a pas les moyens. Comme par le passé, la question risque de se régler par une confrontation entre la Russie et les Etats-Unis.

- Géorgie : Ce n’est pas une guerre de pipeline mais un assaut contre l’influence russe, Jonathan Steele, GUARDIAN

Les hostilités entre la Russie et la Géorgie sont beaucoup plus qu’une guerre de pipeline : elles sont le résultat d’une tentative, largement encouragée par les Etats-Unis, visant à réduire l’influence des Russes dans la région, que ce soit sur le plan économique, politique, diplomatique ou militaire. Le président géorgien est un fervent défenseur de cette stratégie, mais il reste à voir s’il n’en a pas un peu trop fait : M. Saakashvili a peut-être réduit les chances de son pays d’entrer dans l’OTAN, fournissant des arguments à la France et à l’Allemagne qui ne l’estiment pas prêt pour cette étape. La crise actuelle embarrasse aussi les Américains qui ont toujours défendu la résolution pacifique du conflit. Lorsque les hostilités prendront fin, le président géorgien risque de se faire critiquer vivement par l’opposition : dans le feu de l’action tous les partis politiques se sont ralliés autour du drapeau national. Mais, après le cessez-le-feu, il devra rendre des comptes non seulement sur la perte d’une partie du territoire mais sur le report d’une entrée dans l’OTAN

- Géorgie : Une fierté blessée déclenche une guerre accidentelle, Quentin Peel, FINANCIAL TIMES

Cette triste affaire risque d’avoir été davantage une « foirade » qu’une réelle conspiration. Mais elle était prévisible : la Russie provoquait délibérément la Géorgie depuis des années, et le président Saakashvili se vantait de son budget militaire, refusant d’exclure l’usage de la force. La guerre va s’arrêter tôt ou tard, mais elle risque de porter sérieusement atteinte aux relations déjà difficiles entre la Russie, d’une part, et les Etats-Unis et l’Europe d’autre part. Les espoirs d’un partenariat stratégique avec l’Union européenne vont se dissiper et, en envoyant des chars en Géorgie, M. Poutine a confirmé les pires craintes des anciens états soviétiques. A Moscou, les choses sont présentées différemment : il s’agit du Kosovo de la Russie qui n’intervient donc que pour des raisons humanitaires. Il s’agit aussi de montrer que des pays comme la Géorgie et l’Ukraine ne sont pas prêts à entrer dans l’OTAN et que seule la Russie a la capacité de ramener l’ordre sur le territoire de l’ancienne Union soviétique. M. Poutine entend également regagner le respect et la considération que les dirigeants américains et européens semblent lui refuser. L’usage de la force sert les intérêts du dirigeant russe auprès de son opinion. Il se soucie peu des réactions de la communauté internationale.

- Géorgie : L’OTAN ne doit pas se laisser intimider, Bronwen Maddox, TIMES

Ce conflit aurait éclaté d’une façon ou d’une autre même si l’OTAN avait fait une offre ferme d’adhésion à la Géorgie. Bien des membres de l’Alliance vont désormais vouloir se montrer prudents sur le sujet par crainte de la Russie. Mais ce serait une erreur : ils accorderaient de fait un droit de veto à Moscou et décourageraient le président géorgien, pro-américain et pro-européen. M. Saakashvili a fait un mauvais calcul, mais la Russie a réagi de façon excessive, ce qui demande une réponse formelle. A tout le moins, elle a sacrifié les perspectives d’un accord de défense avec l’Europe. Le sommet de l’OTAN avait promis d’examiner la candidature de la Géorgie. Il est certes important que le problème de l’Ossétie du sud commence à être résolu, mais il existe des précédents : la Turquie et la Grèce sont entrées dans le club sans avoir solutionné des conflits territoriaux. Une des utilités de l’OTAN est de tracer une ligne entre pays qui partagent certains principes et les autres. La Géorgie a clairement indiqué de quel côté elle se place. Elle mérite d’être récompensée.

Daily Telegraph (Diffusion : 901 428), conservateur, eurosceptique Guardian (Diffusion : 378 501) centre gauche, libéral, pro-européen Times (Diffusion : 657 301), Groupe Murdoch, centre droit, mais a soutenu Tony Blair Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen

Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin@diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028