Les cinq premières régions démarrent leurs « Science and Innovation Audits »

Mots-clés : Politique ; Innovation

Le 22 mars dernier, le ministre des entreprises, de l’innovation et des compétences, Sajid Javid, et le secrétaire d’État à la science, Jo Johnson, ont annoncé les cinq régions lauréates qui piloteront les premiers audits en science et innovation.

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Ces régions, qui représentent l’ensemble du territoire britannique, ont été sélectionnées à partir de 26 dossiers :

  • Édimbourg et les Lothians (Est et Sud-est d’Édimbourg) ;
  • Sud-ouest de l’Angleterre et Sud-est du Pays de Galles ;
  • Sheffield et Lancashire ;
  • Grand Manchester et Est du Cheshire ;
  • Midlands Engine.

Dans leur finalité, ces audits serviront de benchmark aux pouvoirs publics en matière d’identification des opportunités de rapprochement avec le secteur privé. Pour cela, ils visent à cartographier, au sein de chaque région mentionnée, les zones de concentration de la recherche scientifique, de l’innovation et des infrastructures de recherche, et ainsi d’identifier les avantages comparatifs qu’elles présentent. À partir des résultats de ces audits, les investissements pourront être ciblés et fléchés vers l’excellence, où qu’elle se trouve géographiquement. Il ne s’agit pas de créer une nouvelle voie de financement de l’innovation mais plutôt d’identifier les régions possédant un avantage comparatif au plan mondial, quel que soit le secteur d’intérêt, et dans un deuxième temps de mettre en œuvre les meilleurs moyens de concrétiser le potentiel existant.

Ces audits s’insèrent dans l’approche européenne qui cible le soutien en recherche et innovation selon ce qu’elle appelle les smart specialisations, fondement des investissements European Structural and Investment Funds (ESIF). Suite aux premiers retours, d’autres appels à propositions seront rendus publics, à l’été, puis à l’automne 2016. En parallèle, le gouvernement développe actuellement un plan national pour l’innovation.

Annoncés dès l’été 2015 par le chancelier de l’Échiquier, George Osborne, ces science & innovation audits font suite à la publication d’un « plan pour la productivité », traitant entre autres de la politique scientifique, lui-même dérivant du débat politique britannique marqué depuis de début 2015 par la prise de conscience d’un déficit de productivité par comparaison avec les concurrents internationaux.

En novembre 2015, le gouvernement établit les règles du jeu et le premier appel à propositions. Les acteurs de la science et de l’innovation (universités, centres de recherches, charities, entreprises, Local Entreprise Partnerships (LEP) [1]) doivent former des consortia qui se portent volontaires pour réaliser ces exercices d’ici à l’été 2016. Les critères d’excellence, de forces et de faiblesses sont fondés sur l’utilisation de big data telles les banques de données provenant i) des systèmes de financement de la recherche et de l’innovation, ii) de brevets et de citations, iii) de données locales, etc.

Un deuxième appel à propositions sera ouvert à l’été 2016, et il en est également prévu un troisième dans le courant de l’automne.

Rédacteur : Dr Claire Mouchot

Sources :

Department for Business, Innovation and Skills, Call for expressions of interest, 11/2015, http://bit.ly/1WXTcPs
Department for Business, Innovation and Skills, 22/03/2016, http://bit.ly/1V5ckvy
Crédits de l’image : « FreeImages.com/Raja R »

[1Les LEP sont des partenariats d’acteurs locaux, menés par l’industrie, dont les missions sont de promouvoir les interactions entre les autorités publiques et l’industrie locale, et d’identifier et de mettre en œuvre les priorités économiques pour le développement local, incluant la création d’emploi. Il en existe 39 dans la région Angleterre du Royaume-Uni.

publié le 31/03/2016

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