Les téléphones portables pourraient un jour avoir la même capacité mémoire qu’un ordinateur de bureau grâce à un microprocesseur qui s’inspire du cerveau humain. Des chercheurs de l’Imperial College London, de Durham University et de l’Université de Sheffield ont élaboré une nouvelle architecture de puce électronique offrant un bien plus grand espace mémoire. Utilisant un complexe réseau d’interconnections à base de nanocable, les calculs s’effectuent aux nœuds des interconnections, approche similaire du neurone et de l’axone du cerveau.

Avec l’arrivé de la 3G dans la téléphonie mobile et de sa possibilité de télécharger ou de filmer de la vidéo, les téléphones actuels présente une grosse lacune d’espace mémoire. Les compagnies d’électronique ont cherché à miniaturiser des disques durs mais cette solution reste actuellement beaucoup trop chère. Cependant cette nouvelle découverte laisse entrevoir la possibilité de fabriquer une puce qui puisse combiner à la fois de grande capacité de stockage et le coût réduit d’une carte mémoire ; l’augmentation potentielle de la capacité mémoire serait de 200 fois celle actuelle.
Cette technologie se base sur la découverte qu’il est possible à partir de nanotechnologie de reproduire les fonctions élémentaires d’un semi-conducteur en utilisant le ‘spin’ de l’électron. Le spin de l’électron est une propriété magnétique qui peut s’interpréter de manière simpliste comme un moment magnétique qui dépend du sens de rotation de la particule. Alors que dans un microprocesseur conventionnel, la transmission de l’information se fait à partir d’un potentiel électrique, cette nouvelle technologie se base sur le magnétisme. Ceci permet une approche complètement nouvelle d’architecture électronique en trois dimensions et non plus en deux dimensions. Le professeur Cowburn de l’Imperial College London s’amuse à comparer cette innovation au gain de place qu’apporte un placard à étage face à une plate étagère dans nos cuisines. L’équipe scientifique recherche maintenant des partenaires industriels pour développer un prototype évolué et fabricable à échelle industrielle.
Auteur : Yacine Touati
Source : Imperial College London, press release, 08/09/05, www.imperial.ac.uk