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Le festival international de la bande dessinée d’Angoulème

Angoulême est une ville du bordelais située dans le sud-ouest de la France. Pourtant le Festival qu’elle accueille chaque année n’a pas grand-chose à voir avec le vin. Depuis plus de trente ans, elle y célèbre la Bande Dessinée. Elle le fait si bien que c’est même devenue une spécialité locale.

« Tout a commencé en 1972 », nous raconte Dominique Brécheteau, actuel président du Festival International de la Bande Dessinée. Francis Groux, un passionné, décide de créer une quinzaine de la bande dessinée à Angoulême en faisant venir des artistes de Paris ». Nombreux répondent présents. Il y a là Hugo Pratt, concepteur italien de Corto Maltese, ou Burne Hogarth, père américain d’un Tarzan dessiné. Dès cette première, les artistes venus du monde entier et les habitants de la ville soutiennent ce salon : c’est un succès. Deux ans plus tard, le 25 janvier 1974, la ville inaugure officiellement le premier Festival d’Angoulême. Depuis, chaque année, administrés, passionnés de bande dessinée, professionnels de l’édition, artistes, dessinateurs et écrivains se donnent rendez-vous traditionnellement lors du dernier week-end de janvier. A la fin de chaque édition, un dessinateur reçoit un Grand Prix pour l’ensemble de son travail. Il est décerné par l’Académie des Grands Prix. Cette récompense a été dessinée par Alain Saintogan. « A la création du Festival international de bande dessinée, Francis Groux souhaitait que Saintogan, - dessinateur d’albums à succès, et alors, plus vieux dessinateur français - préside la manifestation », ajoute encore M. Brécheteau, figure du Festival d’Angoulême, puisqu’il y participe depuis ses débuts. « Il lui a demandé de concevoir un prix. Saint-Ogan, pour des raisons de santé, n’a pas pu assister à la première édition. Il est mort avant la deuxième. En hommage, on a décidé de conserver la forme du prix ». En concertation avec le directeur artistique du Festival international de bande dessinée, le lauréat préside l’édition suivante du Festival. Il choisit de mettre en avant des artistes, des thèmes, d’organiser des événements… C’est le dessinateur français Georges Wolinski qui a été récompensé en 2005. C’est donc à lui de concevoir affiches et visuels pour la prochaine édition qui aura lieu du 26 au 29 janvier 2006. Grâce à Wolinski, cette année, Angoulême sera au carrefour de l’image sous toutes ses formes puisque de nombreux spectacles vivants seront présentés. La ville rendra un hommage particulier au peintre et dessinateur italien Buzzelli. Ainsi, sous l’impulsion de ses divers présidents, le Festival change. Parfois certains événements sont reconduits, comme les Rencontres Internationales instaurées lors de la présidence de François Schuiten et Benoît Peeters en 2003. Ce rendez-vous permet de présenter le travail d’un auteur dans son aspect le plus créatif. Art Spiegelman, Jiro Taniguchi ou Dave McKean en ont déjà eu les honneurs. Depuis l’année dernière, un espace permanent totalement dédié au Manga a été également ouvert. Toujours à l’affût des nouvelles formes de la bande dessinée, le Festival international de bande dessinée souhaite aussi faciliter l’éclosion des vocations et des nouveaux talents. En 1982, alors qu’il fête son 10e anniversaire, une section spécialisée est créée au sein de l’Ecole Régionale des beaux-arts : « l’Atelier-Ecole de la bande dessinée ». La bande dessinée est devenue une spécialité locale. L’Ecole Supérieure de l’Image ouvre bientôt ses portes sous l’égide du ministère de la Culture et de la Région Poitou Charente. Implantée dans la ville, elle propose notamment ateliers et laboratoires abordant l’image animée. En 2001, le Festival instaure le Pavillon des « Jeunes Talents ». C’est un lieu qui, au sein de la manifestation, propose une information très complète sur les voies d’accès aux métiers de la bande dessinée et de l’image. Par ailleurs, le concours Jeunes Talents permet à 20 auteurs n’ayant encore jamais publié de faire connaître leur travail au public du Festival sous la forme d’une exposition collective qui se déplace ensuite en Grèce et en Suisse. Ces auteurs peuvent également rencontrer les 7 000 professionnels venus du monde entier. En effet, si le Festival accueille actuellement 200 000 visiteurs en moyenne chaque année, de nombreux éditeurs sont également présents. Car depuis 1990, en marge de la manifestation, a été créé le Marché international des Droits. Réservé aux professionnels, c’est une plate-forme de rencontre qui vise à favoriser la négociation, l’achat et la vente de droits éditoriaux. Le Marché international des Droits accueille des éditeurs du monde entier. « C’est un vrai melting-pot », constate Julie Réhaume, attachée de presse du Festival. « Des représentants de plus de 25 pays sont présents. S’il y a de nombreux européens, des éditeurs japonais, comme Shogakukan, ou les américains de Marvel et DC comics font aussi le déplacement. Pour les professionnels, c’est également l’occasion de reprendre contact après le grand rendez-vous automnal de Francfort et de travailler plus en profondeur sur leur spécialité ». Ce marché a lieu en parallèle d’une manifestation dont tout le monde loue la bonne humeur. Indéniablement, cet état d’esprit favorise l’échange… sous toutes ses formes !

Anne-Laure Bell

Sites internet :

www.bdangouleme.com
www.angouleme.fr
www.eesati.fr

Dernière mise à jour : 30.01.2006