Lancement d’un nouvel outil de financement de la recherche et innovation britannique

Mots-clés : Politique ; Université ; Innovation.

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Le 16 mai 2016, Jo Johnson, secrétaire d’état pour la science, a annoncé la création d’un nouvel organisme : le UK Research and Innovation (UKRI).

La restructuration de cette partie du Department for Business, Innovation and Skills (BIS) fait suite à plusieurs événements.

Elle fait suite d’une part à une série de publications de recommandations auprès du secrétaire d’état pour la science comme la Dowling review, la Stern review, mais plus particulièrement à la publication en novembre 2015 de la Paul Nurse review.
Cette dernière recommandation a pour objectif de proposer des solutions à la question : comment faire une recherche plus efficace ?

La Paul Nurse review met en lumière la nécessité d’encourager les sciences fondamentales, propose d’optimiser les investissements, de construire une meilleure communication entre science, public et politique, et enfin de soutenir l’application et la commercialisation de la recherche fondamentale.

Cette restructuration fait également suite à la publication par le gouvernement, le 16 mai 2016, du White Paper : Success as a Knowledge Economy qui est une feuille de route pour améliorer le système d’enseignement supérieur britannique.

Le gouvernement, en prenant en compte ces deux facteurs, a donc décidé de ne pas dissocier recherche de qualité et qualité d’enseignement, ce qui aboutit à la création du UKRI, une structure stratégique qui regroupe les 7 Research Councils, Innovate UK, et le financement de la recherche (e.g. Block Grant) du Higher Education Funding Council for England (HEFCE) ainsi que de son outil d’évaluation de la recherche le Research Excellence Framework (REF).

Le gouvernement a mis à disposition de cette nouvelle structure un portefeuille de 6 Mds£, faisant du UKRI un outil puissant de financement de la recherche et de l’innovation.

A la suite de ces annonces, le gouvernement a pris action et soumis le 19 mai 2016 un projet de loi faisant écho au white paper ; cette proposition de loi, la première établie après la prise de parole de la reine Elizabeth II, permettra aux universités d’agir avec une plus grande flexibilité quant aux choix de leur stratégie du recrutement des étudiants et de la communication. De plus cette loi établira la création de l’Office for Students qui deviendra l’unique régulateur de l’enseignement supérieur.

Avec cette restructuration, le gouvernement a la volonté de redéfinir totalement sa stratégie de recherche et innovation : celle-ci se veut multi- et interdisciplinaire afin de se confronter aux défis globaux du moment (réchauffement climatique, problème énergétique, mobilité au sein des villes, santé publique, etc…).

En nommant John Kingman, actuellement secrétaire permanent adjoint au HM Treasury, à la tête du UKRI, le gouvernement entend plus que jamais renforcer le soutien à la recherche et l’innovation. Ainsi le Royaume-Uni se donne les moyens de non seulement maintenir sa position en recherche et innovation au sein des pays développés mais surtout de devenir leader pour la résolution des défis globaux ainsi qu’en matière de stratégie d’investissement de la science et l’innovation.

Un certain nombre de scientifiques de renom se sont réjouis de cette décision du gouvernement, et voient en celle-ci un outil efficace, indépendant et objectif.

Sources :

Rédacteur : Dr Ludovic Drouin

publié le 27/05/2016

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