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Lancement d’un institut de recherche sur le nucléaire à Manchester

La région de Manchester est déjà un haut lieu de l’atome : John Dalton, le créateur de la théorie atomique, fut l’un des fondateurs, en 1824, du « Mechanics’ Institute » le précurseur de l’université. Quant à Ernest Rutherford, c’est lors de son séjour à l’université de Manchester que ses recherches sur la diffusion des rayons alpha et sur la nature de la structure interne de l’atome menèrent au postulat du concept du noyau, qui lui valut en 1908 le prix Nobel de chimie. Plus récemment, l’université de Manchester a mené un grand nombre d’activités de recherche liées au nucléaire, à travers plusieurs départements et instituts. Elle accueille d’ailleurs deux centres de recherche liés à « British Nuclear Fuels » (BNFL), la société qui gère le parc nucléaire britannique (y compris les centres de retraitement). Il s’agit de deux « University Research Alliances » (URAs) en radiochimie et en matériaux.

Alors même qu’aucune décision politique officielle n’a été prise quant à l’avenir de l’énergie nucléaire au Royaume-Uni, l’université de Manchester a lancé, en juillet 2005, l’Institut Nucléaire Dalton (« Dalton Nuclear Institute »). Les activités de ce centre, consacré à la recherche nucléaire et aux sciences de l’ingénieur, ne se limiteront pas à la production d’énergie mais couvriront également les domaines des cycles du combustible, du retraitement et de l’élimination des déchets, du démantèlement des installations nucléaires et, enfin, de la politique et de la régulation. On estime à 50 milliards de livres (environ 73 milliards d’euros) le montant du programme de démantèlement géré par la NDA (pour « Nuclear Decommissioning Authority »), l’autorité de démantèlement nucléaire britannique. Les recherches menées au sein du centre toucheront également les domaines de la médecine nucléaire et de la fusion. Il est prévu que des partenariats avec l’industrie soient mis en place afin que les chercheurs aient accès à des installations spécialisées leur permettant d’élargir leurs champs de recherche. En marge de ses activités de recherche, l’institut assurera des programmes d’enseignement.

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Démantèlement de la centrale nucléaire de Berkeley - source : BNFL

L’institut a été conjointement créé par l’université de Manchester, l’agence de développement régional « North West Development Agency » et le BNFL. Il devrait s’agir du plus gros institut de ce type au Royaume-Uni et il est prévu qu’il accueille plus de cent enseignants, chercheurs et étudiants. Il sera hébergé par la faculté des sciences de l’ingénieur et des sciences physiques de l’université mais il se veut d’abord interdisciplinaire ; ainsi, le rôle de son directeur sera, entre autres, de faciliter le développement de programmes de recherche interdisciplinaires rendus possibles par les activités et les personnels existants de l’université de Manchester. Sept groupes de recherche ont été établis : radiochimie ; technologie des réacteurs et ingénierie du démantèlement ; environnement ; politique et régulations ; matériaux ; médecine ; physique. Ces domaines de recherche serviront de socle aux activités d’enseignement et de formation destinées aux futurs diplômés britanniques du secteur du nucléaire. En effet, cet institut se veut une réponse à deux rapports consacrés aux ressources humaines dans le domaine nucléaire : d’une part l’étude « The Nuclear and Radiological Skills Study » publiée par le ministère de l’industrie britannique (le DTI pour « Department of Trade and Industry ») en décembre 2002 et, d’autre part, le « Report on Higher Education in Nuclear Training » rédigé à l’instigation du « Health and Safety Executive ». L’Institut Dalton a par ailleurs participé à la mise en place du « Nuclear Technology Education Consortium » et héberge son centre de coordination : ce consortium d’universités et d’établissements d’enseignement supérieur britanniques offre une gamme de diplômes et de formations de troisième cycle dans le domaine des sciences et techniques nucléaires. Ce partenariat regroupe les universités de Birmingham, Lancaster, Leeds, Liverpool, Manchester et Sheffield, City (Londres), HMS Sultan (l’école militaire d’ingénierie navale et aéronautique), Imperial College, « UHI Millenium Institute » (Highlands et îles écossais) et le « Westlakes Research Institute » (Cumbria, recherches sur les effets génétiques des radiations). Ces institutions représentent plus de 90 % des compétences britanniques d’enseignement de troisième cycle dans le domaine nucléaire.

Au plan international, Dalton soutiendra des initiatives d’enseignement comme l’université nucléaire mondiale et s’impliquera dans des programmes de développement de réacteurs de 4e génération, s’assurant ainsi que le Royaume-Uni maintienne un accès au savoir-faire international, aux avancées technologiques et au matériel d’enseignement.

Le 1er avril 2004, le professeur Richard Clegg a été nommé à la tête de l’Institut Dalton. Richard Clegg a travaillé durant plus de vingt ans au sein de BNFL où il a occupé, entre autres, les postes de directeur du laboratoire de recherche et de directeur de la science.

Sources : Université de Manchester, 12/07/05, ; « Dalton Institute », nuclear.ph.man.ac.uk/ jb/ ; Health and Safety Executive, 2003 ; « The Nuclear and Radiological Skills Study » ; NTEC

Auteur : Dr Anne Prost