Tony Blair ayant annoncé la révision de la politique énergétique pour l’été 2006, il est intéressant de regarder de plus près quelle est la situation énergétique actuelle au Royaume-Uni. Cette révision du livre blanc de 2003 est due à deux problèmes majeurs :
la sécurité de l’approvisionnement énergétique : le Royaume-Uni est devenu en 2004 importateur de gaz et il est prévu en 2020 que les ¾ du gaz naturel consommé seraient importés ;
le changement climatique : les objectifs nationaux ambitieux sur l’émission de gaz à effet de serre (20 % de réduction en 2010) vont être très difficiles, si ce n’est impossible, à atteindre avec la politique énergétique actuelle.
Les combustibles fossiles représentent actuellement 90 % des matières primaires énergétiques au Royaume-Uni et, malgré le problème des réserves, devraient dominer l’énergie du pays pour encore 50 ans. Ces sources d’énergie étant responsables de l’émission de gaz à effet de serre, les britanniques s’intéressent particulièrement aux technologies de capture et stockage du CO2. Cependant, des alternatives à ces combustibles sont aussi étudiées.
Le débat sur l’énergie nucléaire est relancé : après sa mise en berne par le livre blanc de 2003, une décision est attendu pour l’été 2006 (pour plus d’information voir les articles sur la conférence du 29 septembre et le times du 21 novembre).
Les énergies renouvelables représentent actuellement 1,5 % de l’énergie totale du Royaume-Uni (soit 3,6 % de l’électricité produite), dont 0,4 % provient des parcs éoliens. Ces énergies sont très populaires mais nécessitent des subventions car elles ne sont pas viables économiquement. Les principales recherches au Royaume-Uni sur ces énergies concernent l’énergie marine (vague, marémotrice, courant marin) et la biomasse (électricité, biocarburant). L’énergie issue de l’hydrogène et des piles à combustible est encore au stade de la recherche.
En ce qui concerne les économies d’énergie, les experts britanniques sont très attachés à l’efficacité énergétique, ce qui devrait permettre de réduire considérablement les dépenses énergétiques tout en conservant le même standard d’utilisation. Néanmoins, quelques rares commentateurs soulignent le risque inhérent à cette mesure, le rebound effect : en augmentant l’efficacité, les coûts sont réduits, le système devient alors plus accessible et, avec plus de systèmes en fonctionnement, les dépenses totales augmentent.
En guise de conclusion, il est important de préciser que la libéralisation du marché est l’un des éléments principaux de la politique énergétique britannique. Les britanniques en sont très satisfaits car cela a permis de réduire les prix du gaz et de l’électricité. Ils comptent utiliser leur leadership dans le domaine pour développer cette libéralisation à l’échelle européenne. Certains experts pensent que le marché résoudra la crise de lui-même, cependant certaines voix scientifiques et de la presse (dont le Financial Times) estiment que le marché a besoin d’être encadré car il ne reflète pas les coûts environnementaux et humains des différents types d’énergie.