La relation franco-britannique de défense : ambition, crédibilité, interopérabilité

"La relation franco-britannique dans le domaine de la défense : la sécurité l’impose, l’amitié l’exige" (Ministre le Drian, 16/11/2016)

Le colloque défense du Conseil franco-britannique, en présence des deux Ministres de la défense des 16 et 17 novembre dernier, a rappelé l’importance de notre coopération militaire de défense.

La France et le Royaume-Uni, tous deux membres de l’OTAN, ont des ambitions communes dans le domaine de la défense. Ils sont les seuls Etats de l’Union européenne à disposer de l’ensemble des capacités militaires nécessaires à des opérations de haute intensité. Les budgets de défense de nos deux pays représentent à eux seuls la moitié des budgets de défense de l’Union européenne.
Notre coopération militaire est l’élément le plus structurant de notre relation bilatérale. Elle s’inscrit dans le cadre des traités de Lancaster House de 2010, et comporte trois volets :

- un volet opérationnel (c’est-à-dire la possibilité d’engager ensemble des troupes sur des théâtres d’opérations). Nous avons ainsi créé une force expéditionnaire conjointe (CJEF). Cette force binationale peut monter jusqu’à 10 000 hommes mobilisable à très court préavis et peut mener des opérations de haute intensité. Le dernier exercice conjoint, Griffin Strike, a eu lieu en avril 2016. 5 500 militaires dont un peu plus de 2 000 Français des trois armées ont participé à cet exercice du 10 au 23 avril pour tester en grandeur réelle leur interopérabilité dont notamment la partie chaine de commandement.

- la coopération en matière d’armements. Nous avons ainsi par exemple lancé en 2016 la phase de développement du démonstrateur FCAS, nouvelle génération de drones de combat et avons signé en octobre un accord afin de développer des systèmes navals sans équipage pour détecter et neutraliser les mines marines (MMCM).

- le rapprochement de nos industries de défense. Nous venons de signer un accord permettant le rapprochement de nos filières missilières du groupe MBDA. Nous coopèrerons sur de nouveaux missiles, et nous nous répartirons la tâche. Cela nous permet de partager certains coûts et nous évoluons donc dans ce domaine spécifique vers une dépendance mutuelle assumée.

La réalité des engagements franco-britanniques récents a également permis de consolider le volet opérationnel de la coopération. Que ce soient les actions conduites par les forces françaises et britanniques en Libye en 2011 (opération Harmattan), le soutien britannique à l’engagement français au Sahel dans le cadre de l’opération Serval puis Barkhane et, plus récemment, la coopération engagée au Levant avec l’intégration des HMS Defender et Saint Albans au groupe aéronaval, Français et Britanniques poursuivent le développement d’un haut niveau d’interoperabilité.

Cette coopération bilatérale ambitieuse n’a pas d’équivalent. Le Brexit n’a pas de conséquence directe sur cette coopération qui s’établit dans un strict cadre bilatéral ; notre relation de défense est plus que jamais nécessaire compte tenu de la dangerosité et de l’intensité des crises qui se développent à la périphérie de l’Europe

publié le 18/11/2016

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